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 Jean-Marie Busseuil - le crime du Gourguillon - 1894

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Adelayde
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MessageSujet: Jean-Marie Busseuil - le crime du Gourguillon - 1894   Sam 15 Jan 2011 - 17:28


Les faits

Les lecteurs du Progrès Illustré savent certainement les raisons qui ont amené Busseuil devant la cour d'assises du Rhône. Ce misérable, quoique âgé à peine de 21 ans, a assassiné lâchement une malheureuse femme nommée Clotilde Berthéas, qu'il avait accompagnée jusqu'à son domicile, montée du Gourguillon.
Busseuil appartient à cette triste catégorie d'individus qu'on nomme des souteneurs. C'est dans son monde que se recrutent tous les professionnels du crime et tous les assassins de profession. Aussi les jurés se sont-ils montrés impitoyables. Ni la jeunesse de l'inculpé, ni le souvenir de sa mère qui est, paraît-il, une brave femme, et que son avocat a invoquée à la barre n'ont pu lui faire obtenir les circonstances atténuantes. Busseuil a été condamné à avoir la tête tranchée.
Le dessin de M. Girrane le représente au moment de la déposition de la fille Hervieu, sa maîtresse, qui avait failli devenir sa victime comme Clotilde Berthéas.
En s'entendant condamner à mort, Busseuil a eu un brusque mouvement : il s'est caché la tète dans son mouchoir. Il a bien vite repris son aplomb, et c'est d'un pas ferme qu'il a suivi les gendarmes qui l'ont conduit au fourgon cellulaire pour être emmené à la prison Saint-Paul, où il est actuellement.
Nous avons déjà publié un portrait de Busseuil, mais fait d'après une photographie remontant à deux ans. Le profil que nous donnons aujourd'hui, dû au crayon do M. Girrane, a été enlevé à l'audience même. Il rend bien les traits durs de l'assassin dont, la figure vue de face est pourtant assez régulière. Au premier plan, la gravure représente la fille Hervieu, Melle Rouche assise au banc de la défense, et au second le président des assises, M. Rigot, entouré des deux assesseurs M.M. Anselme des Pomeys et Ducros. Debout, au banc de l'accusation, M. Roullet avocat général.
A Pierre Dupont
— ERRATUM. — Dans la note que nous avons publiée dans notre dernier numéro, il s'est glissé une erreur que nous devons rectifier. Pierre Dupont n'est pas mort à Saint Etienne, mais bien à Lyon, à la Croix-Rousse.

Le Progrès illustré


Les lieux




Le crime




Busseuil aux Assises




L'exécution de Busseuil




Dernière édition par Adelayde le Ven 30 Mar 2012 - 19:02, édité 1 fois
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Adelayde
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MessageSujet: Jean-Marie Busseuil - L'exécution   Ven 18 Fév 2011 - 22:25

UNE EXÉCUTION CAPITALE

Exécution de Busseuil, dit Samson, l’homme au menton d'acier – Un incident

Lyon, 29 janvier.– Ce matin a eu lieu l'exécution de Busseuil, dit Samson, l'homme au menton d'acier, l'assassin de la fille Berthéas.
On se rappelle les détails du crime qui fut commis dans la nuit du 30 au 31 janvier 1893. Un sieur M…, appartenant à une famille de commerçants lyonnais, fut d'abord soupçonné et demeura 40 jours sous les verrous avant que son innocence put être clairement établie.
Le crime était classé lorsqu'un nouvel assassinat, commis boulevard de la Croix-Rousse sur la personne d'un sieur Zizlin, vint lancer les agents sur une nouvelle piste. L'agent Rey se mit en relations avec certaines notabilités du monde des souteneurs et apprit d'un nommé Chailloux, à la suite de questions habilement posées, que Busseuil, l'homme au menton d'acier, était l'assassin de la fille Berthéas.
L'agent Rey tendit un piège à Busseuil, qui se laissa prendre niaisement. L'homme au menton d'acier avoua son crime et s'étendit minutieusement, comme par forfanterie, sur les détails atroces de la mort de sa victime.
Le 29 novembre dernier le misérable comparaissait devant le jury du Rhône ; il fut condamné à mort. En entendant la sentence il manifesta, pour la première fois depuis son arrestation, quelque émotion ; encore ne fut-ce que pour adresser des menaces et des injures violentes à sa maîtresse, qui avait déposé comme témoin.
Depuis dix jours on attendait l'exécution et la foule se portait tous les matins vers le lieu habituel des exécutions. Ce matin son attente n'a pas été trompée. M. Deibler était arrivé hier et cette nuit les bois de justice étaient montés sur le cours de Charlemagne.
A six heures, MM. Raux, directeur de la prison, Chevalier-JoIy, juge d'instruction, Auxière, procureur de la République, Jacomer, substitut du procureur généra, Widor, greffier de la Cour d'appel, entrent dans la cellule du condamné. Dès qu'il entend s'ouvrir la porte de sa cellule, Busseuil se dresse sur son séant. M. Raux lui annonce qu'il n'a plus que quelques minutes à vivre. L'abbé Pontus exhorte le condamné à faire une fin chrétienne ; il l’aide à revêtir le costume qu’il portait au moment de l'arrestation et l’accompagne à la chapelle. Après la messe, Deibler prend livraison du condamné, le conduit dans la Rotonde et procède à la toilette. A 7 heures, Busseuil monte, avec l'aumônier, l'exécuteur et les aides, dans le fourgon qui vient s'arrêter quelques minutes plus tard à 10 mètres de la guillotine.
Un double cordon de gardiens de la paix et de troupes d'infanterie forme le carré autour de la sinistre machine. Les gendarmes à cheval, les gardes municipaux et un cordon de cuirassiers maintiennent la foule dans les voies adjacentes. […] La foule est compacte ; les fenêtres des maisons du cours Charlemagne et du cours Bayard sont noires de monde. […]

Tragique incident

Busseuil s'est présenté très courageusement lui-même devant la planche que l'on a fait aussitôt basculer ; mais comme Busseuil a le cou très court et que sa tête dépassait à peine la lunette, un aide le tira par les cheveux ; il manqua une première fois cette opération et il dut le ressaisir de nouveau, de sorte que le patient est resté étendu plusieurs secondes sur la planche avant d'être décapité. Finalement le couteau tombe. On entend quelques sifflets et pendant que la foule se retire, le corps du supplicié est enlevé et transporté au cimetière de la Madeleine dans un fourgon entouré par des gendarmes. Son corps n'a pas été transporté à la Faculté de médecine selon la promesse qui lui en avait été faite.
Le dernier assassin exécuté à Lyon avait été Gonachon, dont exécution eut lieu le 12 octobre 1882.

" La Presse " – n° 614 du 30 janvier 1894
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MessageSujet: Re: Jean-Marie Busseuil - le crime du Gourguillon - 1894   Dim 20 Fév 2011 - 18:26




extrait du site suivant(a propos de l'ancien cimetière de la guillotière):

La première sépulture y fut faite le 2 janvier 1855, le jour même où fut définitivement fermé le cimetière de la Madeleine. Ce cimetière devint donc « l’ancien cimetière de la Guillotière », pour le distinguer du « Nouveau », créé en 1957 à proximité de l’ancien. Le cimetière a été bombardé le 26 mai 1944. Certaines tombes gardent des traces d’obus.

http://www.landrucimetieres.fr/spip/spip.php?article225

busseuil inhumé dans un cimetière fermé depuis 1855?
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MessageSujet: Re: Jean-Marie Busseuil - le crime du Gourguillon - 1894   Dim 20 Fév 2011 - 18:59

http://www.archives-lyon.fr/archives/

l'acte de décès de jean marie busseuil peut etre consulté sur le site ci-dessus rubrique archives en ligne lyon 2e periode du 1/01 au 8/07 1894.


Dernière édition par poulain le Dim 20 Fév 2011 - 22:11, édité 1 fois
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Adelayde
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MessageSujet: Jean-Marie Busseuil - le crime du Gourguillon   Dim 20 Fév 2011 - 19:09

Je pense également qu'il y a une erreur dans l'article de "La Presse".
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MessageSujet: Re: Jean-Marie Busseuil - le crime du Gourguillon - 1894   

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