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 Etienne Chatton - le dernier guillotiné romand - 1902

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piotr
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MessageSujet: Etienne Chatton - le dernier guillotiné romand - 1902   Sam 1 Jan 2011 - 20:59

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Adelayde
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MessageSujet: Etienne Chatton - le dernier guillotiné romand - 1902   Jeu 26 Avr 2012 - 17:51


Etienne Chatton - l’histoire du dernier guillotiné romand

Par Patrick Vallélian




2012-04-26-1 par Adelayde


L’historien Alain Chardonnens a retrouvé dans les archives cantonales fribourgeoises le récit oublié de l’exécution, en 1902, d’Etienne Chatton. Un document objet d’un black-out mémoriel des plus instructifs.

« Mon Dieu, ayez pitié de moi. » Ce 1er août 1902, vers 4 heures du matin, Etienne Chatton a juste le temps de prononcer ces six derniers mots. Avant que le couperet de la guillotine installée dans la cour de la prison des Augustins à Fribourg ne lui tranche le cou. Avant que sa tête, celle du dernier condamné à mort romand, ne roule dans un panier de sciure.
Avant que justice ne soit faite pour ce meurtrier qui avait massacré à coups de hache, le dimanche 1er décembre 1901, sa jeune cousine Louise Mettraux, 17 ans. Pour lui voler 309 francs. La somme contenue dans la caisse de la poste de Neyruz que tenait son père Etienne. «Je perçus alors le bruit court, mais violent d’un jet de sang contre le couperet, bruit métallique intense dont je me souviens encore.
Il provenait des dernières ondées sanguines projetées par les artères carotides», témoigne le docteur Louis Comte dans 50 ans après – La dernière exécution capitale à Fribourg. Un document de 19 pages qui est resté bien caché au fond des cartons des Archives cantonales fribourgeoises et qui n’a jamais été publié in extenso.
Et pour cause, ce texte datant de 1952 a embarrassé le microcosme local, souligne Alain Chardonnens, l’historien qui vient de le retrouver dans les travées de la mémoire cantonale et qui le publie aux Éditions universitaires européennes. La conférence que devait donner Louis Comte devant la Société d’histoire du canton de Fribourg (SHCF) avait été en effet annulée quelques jours avant qu’elle n’ait lieu.
Puis, le texte dont nous diffusons ici quelques extraits n’avait pas été publié dans les Annales fribourgeoises, le bulletin de la SHCF, comme cela avait été promis à Louis Comte.

Compassion chrétienne.
La raison de ce black-out mémoriel ? Officiellement, Joseph Jordan, président de la Société d’histoire, ne voulait pas réveiller les vieux démons. La sœur du condamné à mort était encore vivante en 1952. « Au sujet de votre travail, je dois vous avouer que, au moment où le secrétaire et moi-même avons accepté de le publier dans les Annales fribourgeoises et d’en faire l’objet d’une communication à l’une de nos séances, je n’y ai vu qu’un intérêt historique et je n’ai plus du tout songé au fait que la sœur du condamné est encore en vie et habite à la rue de l’Hôpital, souligne M. Jordan, professeur d’histoire au Collège Saint-Michel.
Ces trois derniers jours, à la suite de la convocation qui a été lancée, on m’a instamment prié de renoncer à cette communication. Et cela, par compassion pour Mlle Chatton. On m’a assuré que cette brave personne a déjà énormément souffert de la tragédie familiale de 1902; ça a été vraiment le drame de sa vie.
Il y a quelques années, lors de la mort du prince de Saxe, lorsque la presse locale rappela que ce saint prêtre avait assisté courageusement le condamné à mort, la bonne demoiselle en eut une attaque. » Compassion chrétienne, donc. Pas si simple, corrige Alain Chardonnens. « En fait, la Société d’histoire était peu désireuse de provoquer des remous sur la question de la peine de mort.
Une question, déjà à l’époque, émotionnelle et polémique. Depuis plusieurs années, la France connaissait de violentes controverses sur l’abolition de la peine de mort. Donner la parole à Louis Comte, le dernier témoin de l’exécution de Chatton, n’aurait fait que susciter un débat d’idées sur lequel les messieurs de la Société d’histoire ne voulaient pas prendre position. »
En outre, Fribourg avait été l’un des cantons à réintroduire la peine de mort abolie par les radicaux en 1848, souligne Alain Chardonnens. Il l’a rétablie même à deux reprises, en 1868 et en 1894, après que la Constitution fédérale de 1874 l’eut interdite. Mais les cantons récupérèrent, cinq ans plus tard, le droit de légiférer en la matière. Il faudra attendre 1942 pour que le Code pénal suisse l’abolisse définitivement pour les civils et 1992 pour les militaires.

Exécution « chrétienne ».
L’attachement fribourgeois à la peine capitale s’explique, insiste Alain Chardonnens. Beaucoup, à Fribourg, estimaient qu’elle était d’origine divine. Un avis que partageait d’ailleurs le médecin Comte: « Au point de vue chrétien, disons plutôt au point de vue catholique, on ne saurait nier que Chatton a fait une belle mort, certains disent même une mort idéale », écrit le témoin de la mise à mort du Fribourgeois.
« Depuis le début de son incarcération, il a manifesté des sentiments de vifs regrets qui ne firent que s’accentuer dans la suite. Il a accepté sa condamnation, l’expiation de son crime avec une résignation chrétienne, offrant sa vie pour le pardon de ses forfaits. Jusqu’au bout, il témoigna d’un vrai courage, d’un bel esprit de foi et de confiance envers son Juge suprême. »
Mais revenons sur le contenu du texte de Comte. Était-il à ce point sulfureux qu’il faille le censurer ? Franchement, non. Le texte revient sur l’enquête et permet avant tout de retracer les derniers instants de Chatton. C’est d’ailleurs ce qui en fait l’intérêt. D’autant que Comte a vécu l’affaire de très près. En tant que médecin adjoint de la préfecture de Fribourg, il tenta en effet de sauver la jeune Louise Mettraux.
Lorsque ses parents rentrent de la messe, en ce dimanche matin, elle gît dans une mare de sang. Une hache enfoncée dans le front. Mais elle respire encore et ne décédera que le lendemain matin vers trois heures.
Face à elle, deux médecins de Fribourg, le Dr Gustave Clément, chirurgien, et le Dr Comte, médecin adjoint de la préfecture, appelés par la police et qui se rendent compte très rapidement qu’ils ne peuvent rien pour l’adolescente: « De nos jours, un demi-siècle après ce drame, avec les moyens de transport rapides et les immenses progrès de la technique chirurgicale, il n’est pas exclu que l’on ne tente pas une heureuse intervention dans de pareilles conditions », reconnaît Louis Comte.

Bouton de manchette.
L’enquête policière pour retrouver le coupable va ensuite très rapidement. Et c’est un bouton de manchette cassé qui permet de confondre Chatton. « Dans la mare de sang où gisait la victime on trouva un bouton de manchette cassé, semblable à ceux que portait un cousin de la victime qui avait longtemps bénéficié de la généreuse hospitalité de son oncle et parrain, Etienne Mettraux, dont il s’était du reste montré indigne.
Cet indice devait faciliter les recherches », écrit le Dr Comte. Or, Chatton avait disparu après que des témoins l’eurent vu le lendemain de la mort de la jeune fille « rôdant et pleurant auprès de la maison du crime ». Et pour cause. Chatton était resté caché toute la nuit dans la grange des Mettraux d’où il assista à l’autopsie du corps de sa victime pratiquée par les médecins Clément et Comte et « qui eut lieu dans une pièce qui n’était séparée du tas de foin que par une simple cloison de bois.
Il suivit ainsi, non sans angoisse, toutes les phases de cette opération et il entendit toutes les réflexions et conclusions de médecins experts. La plus vive émotion, qu’il ressentit, il l’éprouva au moment où ceux-ci scièrent le crâne pour en étudier les lésions.» Il dut faire un gros effort pour ne pas se sauver, avoua-t-il même plus tard aux enquêteurs.
Le meurtrier est arrêté finalement le mardi 3 décembre à Lausanne, non pas pour le meurtre de Louise, mais pour un « vol important commis avec effraction peu de temps auparavant ». Ce marginal qui gagnait sa vie comme domestique, de Paris à Marseille en passant par Genève, avoue très rapidement le meurtre de Louise Mettraux.
Il est alors ramené à Fribourg sous «les huées violentes et des cris de haine» d’une population chauffée à blanc. Risquait-il un lynchage, se demande Louis Comte. « Il paraissait impossible, car il était bien gardé par son escorte. La foule le suivit dans ces dispositions d’esprit en poussant des cris: “À mort, à mort !!!” Chatton comprit ce qui l’attendait. »
S’ensuit un procès en janvier 1902 devant une salle archicomble. De nouveau, le peuple ne laisse aucune chance au meurtrier. Il réclame sa mort. Il sera servi. Le jeune homme est condamné à la peine capitale. La cour ne lui voit aucune circonstance atténuante.
Ni sa jeunesse difficile, ni son passé de délinquant, ni les « profonds repentirs » de Chatton, ni l’intervention de la mère de l’assassin qui sollicite « la clémence des juges », ni les recours systématiquement rejetés, ni la grâce réclamée par le député Edouard Bielmann devant le Grand Conseil – largement balayée le 31 juillet 1902 par 76 voix contre 23 – ne sauveront la tête du condamné.

Agir vite.

« La parole était au bourreau », écrit Louis Comte. « Mais il fallait agir vite: Les autorités responsables n’avaient pas attendu le prononcé du jugement pour prendre à temps toutes les dispositions nécessaires pour une exécution rapide dans le cas de condamnation à la peine capitale. Ce ne fut pas chose aisée de trouver sur-le-champ le matériel et le personnel pour l’exécution des hautes œuvres. Peu importe, tout était prêt pour le 31 juillet.
Le lendemain, 1er Août, était le jour de la Fête nationale. Que faire ? Attendre jusqu’au 2 août ou brusquer les événements ? Dans le premier cas, c’était obscurcir la journée de la Fête nationale, risquer d’augmenter l’énervement du public ; qui sait, permettre peut-être aux adversaires de la peine de mort de fomenter un mouvement d’opposition. Dans l’autre cas, c’était mettre l’opinion publique en présence d’un fait accompli et la soulager d’un poids qui l’oppressait. On se décida pour la seconde alternative. Mais il fallait agir vite, brusquer les événements.»
Retardée par un orage, l’exécution eut lieu finalement vers 4 h du matin. « Nous étions réunis depuis quelques minutes, lorsque nous perçûmes le bruit de l’ouverture d’une porte. Il provenait du deuxième étage, d’une pièce à l’extrémité d’une longue galerie ouverte sur la cour. Tous les regards s’y rencontrèrent. Et brusquement nous fûmes mis en présence de la triste réalité.
Un petit cortège au centre duquel Chatton, les yeux bandés, soutenu ou guidé, avec à ses côtés trois ecclésiastiques qui avaient passé la nuit cruelle à ses côtés. Il avançait lentement et descendit de même les escaliers qui conduisaient à la cour. Les membres de cette suite récitaient à haute voix des prières et les litanies de la Sainte Vierge. »
Arrivé à la hauteur des témoins, Chatton est dirigé vers l’échafaud. « Mais au moment où le bourreau se saisit de lui pour le fixer sur la terrible planche, il chercha à se dégager et demanda de pouvoir parler, ultime désir que l’on ne put lui refuser. Ce furent ses dernières paroles, qu’il prononça du reste distinctement. Les voici, à peu près: “Je demande pardon à Dieu et aux hommes; je me repens de mon crime. Et si quelqu’un a besoin de mon pardon, je le lui accorde de mon cœur.” Ce fut tout, mais ce fut tragique. »

Tombe anonyme.

Rapidement, le bourreau et ses aides fixent le corps. La planche bascule. Le couperet tombe. C’est fini: « S’il s’était trouvé dans l’assistance une seule personne qui fût restée indifférente à cette scène, ce ne serait pas un homme », constate Comte. « Quelques secondes après, les ecclésiastiques présents récitèrent le De profundis… Il était environ 4 h 30. Chatton avait payé sa dette à la justice humaine ; son sort ultérieur entre les mains de son Créateur.
Plusieurs des “officiels” se rendirent ensuite à l’église des Capucins et assistèrent à une messe pour le repos de l’âme du supplicié.» L’inhumation de Chatton eut lieu à 7 h dans le cimetière de Miséricorde. Dans une tombe anonyme. Comme s’il fallait effacer son souvenir de l’histoire fribourgeoise.

Une mort pour rien ? Comte n’est pas de cet avis. «La peine capitale a rendu un service incomparable à Chatton, alors que l’acceptation de son recours en grâce lui aurait réservé un bien triste avenir, dont tous les jours eussent été assombris par des cauchemars», écrit-il. « Et puis aurait-il persévéré dans cette ligne de conduite ? Il faut compter avec la révolte intérieure. Enfin, il faut aussi prévoir une évasion, toujours possible, avec toutes ses conséquences. C’est pourquoi on peut admettre que cette solution, bien que brutale, rendit service aussi à la société. »

Encore de nos jours, d’ailleurs. Rappelez-vous l’appel du conseiller national Valentin Oehen, en 1979, pour rétablir la peine de mort pour les terroristes, le lancement avorté, en 1985, d’une initiative exigeant l’exécution capitale pour les trafiquants de drogue ou, encore, celle lancée en août 2010 exigeant la mort « en cas d’assassinat en concours avec un abus sexuel ».
Et, surprise, elle court jusqu’en février 2012, précise la Chancellerie fédérale, même si ses initiants ont annoncé leur intention de ne pas récolter les 100 000 signatures nécessaires. Même si leur site internet www.todes-strafe.ch semble endormi, ils ont promis qu’ils pourraient relancer la machine en tout temps. Menace à peine voilée. Comme pour donner raison à Louis Comte. En 1952, notre bon docteur écrivait que « la peine de mort reste une question pendante ». Et elle le restera longtemps encore.

« Histoire de la dernière exécution capitale à Fribourg (1902). Récit du docteur Louis Comte ». D’Alain Chardonnens. Sarrebrück, éditions universitaires européennes, juin 2011.

La question de la grâce.

Pourquoi Fribourg et l'Eglise se montrèrent sans pitié ? Pourquoi la République chrétienne de Georges Python n’a-t-elle pas gracié Etienne Chatton, dans un geste de pardon et de charité ? Pour l’historien fribourgeois Georges Andrey, la réponse est simple. « L’horreur du crime appelait un châtiment exemplaire, surtout pour les masses rurales encore peu cultivées qui criaient vengeance, et le régime autoritaire pythonien n’inclinait guère à la clémence. Il s’est montré très avare du droit de grâce. »
Un deuxième élément réside dans la polarisation idéologique existant entre les radicaux et les conservateurs catholiques. Alors que les premiers, qui évoquent un acte barbare d’un autre âge et font passer le canton de Fribourg pour rétrograde dans la presse nationale, s’attachent à démontrer l’irresponsabilité de la peine de mort en s’appuyant sur les droits de l’homme, les seconds défendent l’intérêt d’une société de création divine primant sur l’individu, un individu dont la destinée était tournée d’emblée vers l’au-delà.
« Au progressisme des radicaux s’oppose la croyance des conservateurs catholiques du châtiment suprême en tant que vertu expiatoire », analyse Alain Chardonnens. Une position défendue d’ailleurs par l’Église qui ne bougera pas le petit doigt pour sauver la tête d’Etienne Chatton.
« En union avec l’État pythonien, elle appliquait une pastorale encore fortement empreinte du principe de la rédemption du péché par la mort du pécheur; d’où la tâche primordiale de l’aumônier chargé d’amener le condamné à l’acceptation pleine et entière de son châtiment », ajoute l’auteur de « L’histoire de la Suisse pour les nuls ». La notion de la « bonne mort ».
Ce qui fait dire à Alain Chardonnens que, si Chatton avait commis son crime à Genève ou à Lausanne, il n’aurait pas été condamné à la peine capitale, mais aux travaux forcés.

http://www.hebdo.ch/du_dernier_guillotine_romand_107525_.html

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2012-04-26-2 par Adelayde

Fribourg - l’ancien couvent des Augustins qui, après l’expulsion des religieux en 1848 à la suite de la guerre du Sonderbund, fut recyclé par l’État… en prison


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MessageSujet: Re: Etienne Chatton - le dernier guillotiné romand - 1902   Ven 27 Avr 2012 - 12:55

Article très intéressant! Merci Adelayde.

L'article ne dit pas où et comment fut trouvé le bourreau. Fut-ce un volontaire ponctuel? je ne le pense pas, mais l'inexistence permanente de la peine de mort dans ce canton peut inciter à le croire.

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MessageSujet: Re: Etienne Chatton - le dernier guillotiné romand - 1902   Ven 27 Avr 2012 - 13:14

1er lien :
Citation :
La guillotine, propriété schaffhousoise, avait été commandée depuis plusieurs jours. Le bourreau Theodor Mengis était prêt. Selon la loi, l’arrêt portant peine de mort devait être exécuté dans la règle le troisième jour après celui où le jugement était devenu exécutoire. De plus, l’exécution ne pouvait avoir lieu un dimanche ou un jour de fête religieuse ou nationale. Le Conseil d’Etat n’en fit pas cas. Etienne Chatton fut “liquidé” le 1er août au petit matin.

Executioner Theodor Mengis awaits…


D'une famille d’exécuteurs.

Voir ce document :
http://doc.rero.ch/lm.php?url=1000,10,19,20110322142855-GN/BCV_PA_14584.pdf
Citation :
Quant à ceux qui l'appliquèrent, ce ne fut que dans quatre cas de 1879 à 1919, année où mourut aussi, à l'âge de 78 ans, le dernier «bourreau suisse» (Théodore Mengis, de Rheinfelden,
descendant d'une famille ayant exercé ces fonctions dès 1562).

Ici, Peter Mengis en uniforme




photo légendée Théodore alors que le tableau en arrière-plan montre Peter (qui ressemble franchement au Théodore du 1er dessin. Sans doute une confusion quelque part).




Dernière édition par Benny le Dim 29 Avr 2012 - 16:59, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Etienne Chatton - le dernier guillotiné romand - 1902   Ven 27 Avr 2012 - 13:17



Etienne Chatton
2012-07-07 par Adelayde






Son recours en grâce
2012-07-07 par Adelayde






Le procès-verbal de son exécution
2012-07-07 par Adelayde


Dernière édition par niavlys1980 le Jeu 5 Juil 2012 - 0:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Etienne Chatton - le dernier guillotiné romand - 1902   Ven 27 Avr 2012 - 18:26

Shocked L'uniforme!

Marrant un uniforme de ce genre pour un exécuteur. On dirait plutôt un chevalier ou un membre d'une loge maçonnique.

Très intéressant le PV d'exécution. En France on ne cite jamais le mode d'exécution (guillotine) pas plus que la dextérité de l'exécuteur.

Merci pour vos trouvailles.

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MessageSujet: Re: Etienne Chatton - le dernier guillotiné romand - 1902   Ven 27 Avr 2012 - 18:54

CARNIFEX a écrit:
Shocked L'uniforme!

Marrant un uniforme de ce genre pour un exécuteur. On dirait plutôt un chevalier ou un membre d'une loge maçonnique.

Très intéressant le PV d'exécution. En France on ne cite jamais le mode d'exécution (guillotine) pas plus que la dextérité de l'exécuteur.

Merci pour vos trouvailles.

Ce manteau qui se trouve au musée du bourreau de Sissach servait au bourreau lors ce qu'il défilait avec les corps constitués de son canton (Bâle ville ).
Un grand merci aux ami(e)s qui ont élaboré ce sujet, je ne connaissais personnellement pas la photo de Chatton.
La guillotine utilisée pour son exécution se trouve au musée d'histoire de Lucerne.
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MessageSujet: Re: Etienne Chatton - le dernier guillotiné romand - 1902   Dim 29 Avr 2012 - 16:00

La Suisse assume mieux son passé que la France... Rolling Eyes

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MessageSujet: Re: Etienne Chatton - le dernier guillotiné romand - 1902   Dim 29 Avr 2012 - 16:57

Les dernier guillotiné Suisse : 1919.
Le dernier français : 1977.
Peut-être une explication.
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MessageSujet: Extrait des écrits du Dr Louis Comte   Mar 6 Aoû 2013 - 14:00


Un extrait des écrits du docteur Louis Comte, refusés par la Société d'histoire du canton de Fribourg (SHCF) en raison de son côté polémique
« Il était environ 4 h. du matin. Les nuages rendaient la nuit encore bien sombre. Les lampes des bois de l’échafaud brûlaient et éclairaient suffisamment cette scène macabre. Nous étions réunis depuis quelques minutes, lorsque nous perçûmes le bruit de l’ouverture d’une porte. Il provenait du deuxième étage, d’une pièce à l’extrémité d’une longue galerie ouverte sur la cour. Tous les regards s’y rencontrèrent. Et brusquement nous fûmes mis en présence de la triste réalité. Un petit cortège au centre duquel Chatton, les yeux bandés, soutenu ou guidé, avec à ses côtés trois ecclésiastiques qui avaient passé la nuit cruelle à ses côtés. Il y avait là M. le Chanoine Brasey, curé de la paroisse, le sympathique Rd. Père Hubert, le père des malades, et aussi le prince Max de Saxe, un vrai saint qui mériterait les honneurs des autels, et qui dès son arrivée à Fribourg se dévoua au service des malades et des prisonniers, pour lesquels il fut un véritable "Poverello".

» Le cortège funèbre avançait lentement et descendit de même les escaliers qui conduisaient à la cour. Les membres de cette suite récitaient à haute voix des prières et les litanies de la Sainte Vierge. Arrivé à la hauteur des témoins le condamné fut dirigé vers l’échafaud. Mais au moment où le bourreau se saisit de lui pour le fixer sur la terrible planche, il chercha à se dégager et demanda de pouvoir parler, ultime désir que l’on ne put lui refuser. Ce furent ses dernières paroles, qu’il prononça du reste distinctement. Les voici, à peu près : "Je demande pardon à Dieu et aux hommes ; je me repens de mon crime. Et si quelqu’un a besoin de mon pardon, je le lui accorde de bon cœur". Ce fut tout, mais ce fut tragique.

» Rapidement le bourreau et ses aides fixèrent le corps ; la hanche bascula, et l’on perçut le bruit produit par la chute du couperet. Dans l’ultime seconde il dit encore "Mon Dieu, ayez pitié de moi". S’il s’était trouvé dans l’assistance une seule personne qui fût restée indifférente à cette scène, ce ne serait pas un homme.

» La tête roula dans un panier de sciure placé derrière la guillotine.

» Quelques secondes après les ecclésiastiques présents récitèrent le "De profundis"…

» Il était environ 4 h1/2.

» Chatton avait payé sa dette à la justice humaine ; son sort ultérieur était entre les mains de son Créateur.

» Plusieurs des "officiels" se rendirent ensuite à l’église des Capucins et assistèrent à une messe pour le repos de l’âme du supplicié.

» Pendant la dernière scène de ce drame qui, quoique la plus rapide, fut la plus palpitante, il y eut deux moments qui me frappèrent. Ce fut d’abord, en pénétrant dans la cour, un des premiers objets que j’aperçus, à gauche des bois de justice, un cercueil ouvert destiné à recevoir le corps du décapité. Chatton heureusement avait les yeux bandés, sinon ce spectacle eut provoqué chez lui un saisissement plus tragique que chez les assistants.

La seconde surprise ne dura qu’une ou deux secondes : lorsque le couperet fut tombé et eut tranché la tête du malheureux, je perçus le bruit court, mais violent d’un jet de sang contre le couperet, bruit métallique intense dont je me souviens encore. Il provenait des dernières sondées sanguines projetées par les artères carotides ».


(Archives de l'État de Fribourg)

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MessageSujet: guillotine suisse   Mar 6 Aoû 2013 - 15:40

La machine qui servit à l'exécution de Chatton



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MessageSujet: Re: Etienne Chatton - le dernier guillotiné romand - 1902   Mar 6 Aoû 2013 - 15:58

Benny a écrit:
Les dernier guillotiné Suisse : 1919.
Le dernier français : 1977.
Peut-être une explication.

Petite correction:dernier guillotiné en Suisse, Hans Vollenweider en 1940
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MessageSujet: Mathias Muff   Sam 27 Fév 2016 - 7:42

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MessageSujet: Re: Etienne Chatton - le dernier guillotiné romand - 1902   

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