La Veuve

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 Inhumation des suppliciés au cimetière d'Ivry

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MessageSujet: Inhumation des suppliciés au cimetière d'Ivry   Ven 26 Déc 2008 - 22:23

Bonsoir et joyeuses fêtes santa

carré des suppliciés,une inhumation

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piotr
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MessageSujet: hmm...   Sam 27 Déc 2008 - 23:30

executioner or condemned....

tertium non datur Very Happy
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MessageSujet: Re: Inhumation des suppliciés au cimetière d'Ivry   Mar 30 Déc 2008 - 13:56

Le Photographe a écrit:
Bonsoir et joyeuses fêtes santa

carré des suppliciés,une inhumation

santa humour noir
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anatole deibler
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MessageSujet: Re: Inhumation des suppliciés au cimetière d'Ivry   Jeu 1 Jan 2009 - 21:28

Bonsoir, je me suis toujours demandé le pourquoi du simulacre

d'inhumation des condamnés à mort, puisqu'en théorie, les spectateurs de

l'exécution ne pouvaient se rendre à temps au fameux "carré d'Ivry"

pour assister à la dite-inhumation, et combien-même que pouvait faire à

ces derniers la perspective que les restes des suppliciés terminaient dans

les instituts médico-légales ? Pour un semblant de décence ? Par respect

des traditions qu'une fois les criminels exécutés, ils avaient entièrement

expiés leurs forfaits, et redevenaient donc innocents aux yeux de la

société ?
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MessageSujet: Re: Inhumation des suppliciés au cimetière d'Ivry   Jeu 1 Jan 2009 - 22:01

Bonsoir,

Normalement, l'utilisation de terme «simulacre d'inhumation» s'employait lorsque le corps de l'exécuté devait être emporté par la Faculté de Médecine. C'était donc bien un simulacre puisque le corps était mis en fosse mais aussitôt retiré. Ce simulacre était obligatoire, la loi stipulant que tout exécuté devait être inhumé immédiatement après son exécution. Donc, même si la Faculté de médecine avait demandé le corps, celui-ci devait être inhumé puis exhumé en présence des autorités de police et administratives qui en dressaient procès-verbal.

Le corps du supplicié allait en fosse si la famille l'avait réclamé avant l'exécution ou si le condamné avait demandé à ne pas faire l'objet d'expériences médicales, mais en ce cas il arrivait souvent que la faculté passe outre, sauf à partir de la fin du XIXème siècle.

A ma connaissance, c'est l'abbé Faure, à la Grande-Roquette qui a réussi le premier à faire respecter la volonté de condamnés qui ne voulaient pas que leur corps soit l'objet de recherches anatomiques (exécutionS de PRADO en 1888, de GEOMAY etc.).


Dernière édition par mercattore le Mar 23 Nov 2010 - 8:30, édité 4 fois
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anatole deibler
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MessageSujet: Re: Inhumation des suppliciés au cimetière d'Ivry   Jeu 1 Jan 2009 - 22:47

Merci pour toutes ces précisions Mercattore,

meilleurs voeux encore pour l'année qui commence
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MessageSujet: Re: Inhumation des suppliciés au cimetière d'Ivry   Jeu 1 Jan 2009 - 23:07

Merci pour vos voeux, Embarassed
Bonne année à vous.
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philandru
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MessageSujet: Les executés inhumées à Ivry   Sam 2 Oct 2010 - 13:41

Bonjour à tous

Etant en train de rédiger pour mon site (landrucimetieres.fr) l'article sur le cimetière d'Ivry, je ne peux évidemment pas ne pas évoquer le carré des condamnés. J'aurais aimé rassembler la liste la plus exhaustive possible des "célébrités" inhumées dans ce cimetière.

Pour l'instant, voilà ce que je possède : Jean-Baptiste Troppmann, Auguste Vaillant (1861-1894), Emile Henry (+1894), Marie Louise Giraud, Claude Buffet (au passage, merci à Adelayde pour la tombe de Bontems). Tous seraient à Ivry. N'hésitez pas à corriger et à ajouter des infos. Pour info, les étudiants du Lycée Buffon y furent inhumés mais furent ensuite rapatriés à la chapelle de la Sorbonne. Gabriel Péri n'y a jamais reposé.

En particulier : est-ce ici que se trouve les restes de Petiot ?

Merci par avance

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MessageSujet: Re: Inhumation des suppliciés au cimetière d'Ivry   Lun 25 Oct 2010 - 18:13

M. Landru, l'inhumation d'Emile Henry n'a été qu'un simulacre, son corps ayant été transporté à la Faculté de médecine de Paris. Sa mère a demandé la délivrance de son corps trop tardivement et ce denier lui a été remis probablement amputé de divers organes et "raffistolé" par des éléments provenant d'autres décédés. Voir ce post: http://guillotine.cultureforum.net/les-condamnes-a-mort-f2/les-guillotines-et-la-faculte-de-medecine-de-paris-t974.htm

Ses restes ont été inhumés au cimetière de Brévannes (aujourd'hui Limeil-Brévannes, Val-de-Marne), commune de la résidence de sa mère. Voici une source afférente (issue d'un livre publié aux Editions Libertaires) :
http://www.lemague.net/dyn/spip.php?article4365

En ce qui concerne Troppmann des sources mentionnent qu'il a été inhumé au carré du cimetière Montparnasse, d'autres au cimetière parisien d'Ivry-sur-Seine, comme vous le mentionnez ! Georges Grison, dans son livre Souvenirs de la place de la Roquette le situe à Ivry (donc dans le petit et premier cimetière, vu la date d'exécution).

On peut remarquer également que les rapports sur les inhumations des condamnés à Ivry étaient curieusement signés du commissaire de Gentilly, commune indépendante d'Ivry mais dont la commune actuelle du kremlin-Bicêtre faisait partie. La limite de cette commune, détachée de Gentilly en 1896, borde d'ailleurs aujourd'hui le cimetière d'Ivry parisien sur sa partie Est. Mais pourquoi n'était-ce pas le commissaire d'Ivry qui établissait les rapports sur les exécutions ?

A noter que pour la première fois depuis les inhumations de guillotinés, ALBERT Antoine-Joseph fut le premier à être mis en bière avant l'inhumation, le 25-10-1877 (Grison le mentionne). Cette amélioration de la décence fut probablement dû au commissaire de police de Gentilly qui s'offusquait, dans une lettre adressée à l'administration (à propos de l'inhumation de BILLOIR) d'un manque de sépulture pour les condamnés.




Billoir ayant été exécuté le 26-04-1877, on s'explique mal la date du 16 sur cette lettre. Emotion ?

Voir la lettre complète :
http://www.criminocorpus.cnrs.fr/expositions/consultation.php?visiter&id=38&image&idimg=407&zoom=1.


Dernière édition par mercattore le Mar 23 Nov 2010 - 8:48, édité 2 fois
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MessageSujet: Bonsoir, également Georges Rapin (1936-1960 vers 6h)   Lun 15 Nov 2010 - 23:53

philandru a écrit:
Bonjour à tous

Etant en train de rédiger pour mon site (landrucimetieres.fr) l'article sur le cimetière d'Ivry, je ne peux évidemment pas ne pas évoquer le carré des condamnés. J'aurais aimé rassembler la liste la plus exhaustive possible des "célébrités" inhumées dans ce cimetière.

Pour l'instant, voilà ce que je possède : Jean-Baptiste Troppmann, Auguste Vaillant (1861-1894), Emile Henry (+1894), Marie Louise Giraud, Claude Buffet (au passage, merci à Adelayde pour la tombe de Bontems). Tous seraient à Ivry. N'hésitez pas à corriger et à ajouter des infos. Pour info, les étudiants du Lycée Buffon y furent inhumés mais furent ensuite rapatriés à la chapelle de la Sorbonne. Gabriel Péri n'y a jamais reposé.

En particulier : est-ce ici que se trouve les restes de Petiot ?

Merci par avance

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MessageSujet: Ivry Rapin 26 juillet 1960   Lun 15 Nov 2010 - 23:58

philandru a écrit:
Bonjour à tous

Etant en train de rédiger pour mon site (landrucimetieres.fr) l'article sur le cimetière d'Ivry, je ne peux évidemment pas ne pas évoquer le carré des condamnés. J'aurais aimé rassembler la liste la plus exhaustive possible des "célébrités" inhumées dans ce cimetière.

Pour l'instant, voilà ce que je possède : Jean-Baptiste Troppmann, Auguste Vaillant (1861-1894), Emile Henry (+1894), Marie Louise Giraud, Claude Buffet (au passage, merci à Adelayde pour la tombe de Bontems). Tous seraient à Ivry. N'hésitez pas à corriger et à ajouter des infos. Pour info, les étudiants du Lycée Buffon y furent inhumés mais furent ensuite rapatriés à la chapelle de la Sorbonne. Gabriel Péri n'y a jamais reposé.

En particulier : est-ce ici que se trouve les restes de Petiot ?

Merci par avance

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MessageSujet: Re: Inhumation des suppliciés au cimetière d'Ivry   Mar 16 Nov 2010 - 18:26

Pour Georges Rapin il est assez probable que ses parents avaient fait reprendre son corps. A voir.
Comme le spécifie MARIE PÉNIN, il ne reste rien des inhumations de condamnés dans l'ancien carré des suppliciés du cimetière parisien d'Ivry, les restes ayant été transférés au cimetière parisien de Thiais.
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piotr
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MessageSujet: Re: Inhumation des suppliciés au cimetière d'Ivry   Dim 12 Déc 2010 - 21:09

http://www.tombes-sepultures.com/crbst_384.html
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MessageSujet: Re: Inhumation des suppliciés au cimetière d'Ivry   Mar 4 Sep 2012 - 17:49


Le cimetière parisien d’Ivry – carré des suppliciés

‘’Tombes-sepultures.com’’, un site d’une extraordinaire richesse à visiter sans modération ! Mille mercis à Marie-Christine Pénin, webmaster du site qui, pour une meilleure lisibilité, m’a fait parvenir ces images originales et m’accordé l’autorisation de les reproduire sur le forum.

----------


Plan du cimetière parisien d’Ivry






Le carré des suppliciés






Le carré des suppliciés






L'arrivée d’un corps au carré des Suppliciés – ‘’Le Petit journal’’





http://www.tombes-sepultures.com/crbst_384.html

COPYRIGHT 2010 - 2012 - TOUS DROITS RÉSERVÉS - Le site ‘’Tombes-sepultures.com’’

http://www.tombes-sepultures.com/crbst_4.html

est propriétaire exclusif de sa structure, de son contenu textuel et des photos signées MCP. Sauf accord du propriétaire du site, toute reproduction, même partielle, à titre commercial est interdite. Les reproductions à titre privé sont soumises à l'autorisation du propriétaire du site. A défaut, le nom du site et de son auteur doivent obligatoirement être mentionnés. Tous les droits des auteurs des oeuvres protégées reproduites et communiquées sur ce site sont réservés.

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MessageSujet: Re: Inhumation des suppliciés au cimetière d'Ivry   Sam 15 Sep 2012 - 6:57

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MessageSujet: Re: Inhumation des suppliciés au cimetière d'Ivry   Sam 15 Sep 2012 - 13:20

C'est une très belle découverte, Piotr.

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MessageSujet: Inhumation Petiot   Sam 15 Sep 2012 - 15:41


‘’Tombes-sepultures.com’’, un site d’une extraordinaire richesse à visiter sans modération ! Mille mercis à Marie-Christine Pénin, webmaster du site qui, pour une meilleure lisibilité, m’a fait parvenir ces images originales et m’accordé l’autorisation de les reproduire sur le forum.

----------
S’agissant de documents d'archives inédits, leur copie - à des fins commerciales ou non-commerciales (intégration dans un ouvrage, sur un site, un forum, un blog etc.) - est formellement interdite.


Réquisition - Préparation de la tombe de Petiot la veille de l’exécution



http://www.tombes-sepultures.com/crbst_700.html



Attestation d'inhumation



http://www.tombes-sepultures.com/crbst_700.html

COPYRIGHT 2010 - 2012 - TOUS DROITS RÉSERVÉS - Le site ‘’Tombes-sepultures.com’’

http://www.tombes-sepultures.com/crbst_4.html

est propriétaire exclusif de sa structure, de son contenu textuel et des photos signées MCP. Sauf accord du propriétaire du site, toute reproduction, même partielle, à titre commercial est interdite. Les reproductions à titre privé sont soumises à l'autorisation du propriétaire du site. A défaut, le nom du site et de son auteur doivent obligatoirement être mentionnés. Tous les droits des auteurs des oeuvres protégées reproduites et communiquées sur ce site sont réservés.

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MessageSujet: Inhumation de Gorguloff   Sam 6 Oct 2012 - 15:20








Cette photo a été prise lors de l’inhumation de Gorguloff au carré des suppliciés du cimetière d’Ivry.

Mille mercis à Marie-Christine Pénin, webmaster de l’extraordinaire site ‘’Tombes-sepultures.com’’ qui m’a fait parvenir ces images et m'aimablement m’accordé l’autorisation de les reproduire sur le forum.


http://www.tombes-sepultures.com/crbst_4.html

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MessageSujet: Re: Inhumation des suppliciés au cimetière d'Ivry   Mar 20 Nov 2012 - 17:45

piotr a écrit:
Le Petit Parisien, du 2 novembre 1892
Source : gallica.bnf.fr

AU CIMETIÈRE D'IVRY

Le nombre des visiteurs qui se sont rendus au cimetière parisien d'Ivry a été de près de vingt-cinq mille.
Les curieux ont surtout stationné au coin dit « des suppliciés » où ont été enterrés les assassins Prado (23-12-1888), Vodable (01-07-1890), Geomay (22-05-1889), Eyraud (03-02-1891), Berland (27-07-1891), Doré (27-07-1891) et Anastay , exécutés sur la place de la Roquette.

On sait que la loi interdit sur ces tombes les ornements funéraires, cependant l'administration a toléré que quelques-unes d'entre elles fussent entretenues. Au premier plan, celle de Vodable, l'assassin de la rue Basfroi, frappe d'abord la vue : elle est entourée d'une grille en bois noir et sur la croix qui l'orne on lit au-dessus de deux mains « enlacées » ce simple mot "ami". A droite de Vodable est inhumé Berland et à sa gauche Eyraud, l'assassin de l'huissier Gouffé.

Derrière ces tombes sont les sépultures de Doré et de Geomay, sur lesquelles on ne voit que des initiales. Sur celle de Doré, des mains inconnues ont déposé deux bouquets de chrysanthèmes. La tombe de Geomay semble oubliée et les herbes commencent à la recouvrir. Rien ne désigne à l'attention du public les emplacements où se trouvent Berland, Eyraud, Prado et Anastay.

Sur le document de Piotr, on voit que Peugnez, le dernier guillotiné de la place de la Roquette, en 1899, est en première ligne.
La carte postale doit dater des toutes premières années de 1900, avant la reprise des exécutions parisiennes, celle du parricide Duchemin, en 1909, le long de la prison de la Santé, bd Arago (XIVème).

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MessageSujet: Re: Inhumation des suppliciés au cimetière d'Ivry   Sam 5 Jan 2013 - 21:15

Petit récapitulatif des lieux d'inhumation des guillotinés de Paris au XIXème et XXème siècles :



Cimetière de Clamart (disparu). Louis Adolphe Hervier (1818-1879).
La rue Poliveau (Paris Vème aujourd'hui), le desservait. Il a reçu les corps de suppliciés de la place de Grève (place de l'hôtel de Ville).

Cimetière du Montparnasse (cimetière du sud)). 3 bd Edgard Quinet (Paris XIVème).
Ouvert en 1824. A l'origine, situé sur le territoire de la commune de Montrouge, et à partir de 1860 sur celui de Paris.
Il a reçu les corps de suppliciés de la place de Grève (place l'Hôtel-de-Ville), de la barrière Saint-Jacques (en totalité) et de la place de la Roquette. Au fil du temps, avec les agrandissements successifs du cimetière, le carré des suppliciés changea plusieurs fois d'emplacement.
Le corps de la seule femme guillotinée place de la Roquette a été conduit dans ce cimetière :
Houy Marie-Madeleine (épouse Pichon), condamnée à mort le 15-11-1851, par la cour d'assises de la Seine, pour crime de parricide. Exécutée par Jean-François Heidenreich, le 22-01-1852.



3 bd Edgar Quinet.

Après l'ouverture d'un cimetière parisien (dit Ivry ancien) à Ivry-sur-Seine, l'inhumation des corps de suppliciés fut interrompu à Montparnasse et se fit dans ce cimetière :
Ouvert en 1861.— 32 avenue de Verdun.
Il a reçu les corps de suppliciés de la place de la Roquette

Les inhumations se firent ensuite au deuxième cimetière parisien d'Ivry-sur-Seine (dit nouveau).
Ouvert en 1874.— 44 avenue de Verdun. Il a reçu les corps de suppliciés de la place de la Roquette (jusqu'en 1899), du bd Arago (en totalité, 1909-1939), de la prison de la Santé (en totalité, 1940-1972).

° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° °
Trajets des corps des condamnés guillotinés pour les deux cimetières parisiens d'Ivry-sur-Seine.

Exécutions place de le Roquette
:

1°) Après l'exécution, le fourgon mortuaire, escorté, gagnait la place de la Bastille, franchissait la Seine par le pont d'Austertitz, remontait le bd de l'hôpital jusqu'à la place d'Italie. Il s'engageait ensuite dans l'avenue de Choisy, passait la porte de Choisy par l'octroi, et continuait tout droit par l'avenue de Verdun jusqu'au cimetière parisien d'Ivry Ancien.



Ivry Ancien.— 32 avenue de Verdun (voir entrée 1 sur le plan final).
2°) Quand les inhumations se firent au cimetière parisien d'Ivry nouveau le trajet fut le même, mais le fourgon dut aller un peu plus loin sur l'avenue de Verdun ( voir entrée 2 sur le plan final).



Ivry Nouveau.— 44 avenue de Verdun (voir entrée 2 sur le plan final).
3°) Le trajet fut modifié quand la guillotine fut dressée bd Arago (XIVème) à partir de 1909. Le fourgon remonta alors l'avenue des Gobelins pour rejoindre la place d'Italie, suivit l'avenue d'Italie pour franchir la Porte-d'Italie par l'octroi et continuer tout droit par l'avenue de Fontainebleau (commune du Kremlin-Bicêtre) jusqu'à la hauteur de l'avenue du Repos qu'il prenait à gauche de cette avenue. L'avenue du Repos l'amenait à une nouvelle entrée du cimetière (entrée 3 sur le plan final) qui desservait immédiatement l'allée menant au carré des suppliciés.



Ivry Nouveau.—1 avenue du Repos (voir entrée 3 sur le plan final).



Dans le cimetière parisien d'Ivry nouveau les corps de deux femmes guillotinées ont été conduits :

Georgette List (épouse Monneron), condamnée à mort le 01-10-1941, par la cour d'assises de la Seine, pour crime d'infanticide. Exécutée dans la cour de la Petite-Roquette par Henri Desfourneaux, le 06-02-1942.
A remarquer, les trois mois écoulés entre la date de condamnation et la date d'exécution.

Marie-Louise Lampérière (épouse Giraud), condamnée à mort le 08-06-1943, par la section de Paris du tribunal d'État, pour pratique d'avortements clandestins sur autrui. Exécutée dans la cour de la prison de la Petite-Roquette par Henri Desfourneaux, le 30-07-1943.
Le corps n'a pas été demandé par la famille.

* Tribunal d'État. Crée par le régime de Vichy, le 7 septembre 1941. Les jugements rendus par les sections de ce tribunal n'étaient susceptibles d'aucun recours ou pourvoi en cassation et pouvaient être exécutés immédiatement.

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MessageSujet: Re: Inhumation des suppliciés au cimetière d'Ivry   Sam 5 Jan 2013 - 21:25

Pfouhh! Quelle enquête, Mercattore! Shocked

Félicitation!

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MessageSujet: Le Coin des Réprouvés   Dim 6 Jan 2013 - 14:07


Le Coin des Réprouvés

Dans certains cimetières, il existe un coin où l'on ne s'aventure qu'en tremblant ; l'herbe y pousse haute et drue, disputant aux ronces cette terre sous laquelle dorment pour l'éternité des êtres qu'aucune inscription, aucune épitaphe ne rappelle au souvenir des vivants. C'est là qu'on inhumait autrefois les hérétiques lorsqu'ils n'avaient point connu les caresses de la flamme des bûchers et que leurs cendres n'avaient point été éparpillées au vent ; aujourd'hui, c'est en cet endroit maudit qu'on enfouit les suppliciés.

Dimanche dernier, la curiosité nous entraîna jusqu'au cimetière d'Ivry-Nouveau, tout là-bas, sur la route de Choisy, où l'on conduit les restes des assassins dont le fil de l'existence a été brusquement tranché par le couperet de la guillotine, depuis que le légendaire « Champ-de-Navets », enclos dans le cimetière d’Ivry-Ancien, a été consacré à des sépultures plus honorables. Dans l'angle de la lointaine nécropole, où il nous arriva plusieurs fois d'accompagner le sinistre équipage de M. de Paris les matins d’exécutions capitales, le sol était uni, soigneusement sablé ; pas le moindre renflement ne révélait la place où furent confiées à la terre les sanglantes dépouilles des criminels décapités en ces treize dernières années. Nous ne retrouvâmes même pas les noms et les dates tracés au charbon ou à la craie sur la muraille voisine et qui seuls apprenaient aux visiteurs que là gisent Eyraud, Anastay, Vaillant, Carrara, Peugnez et combien d'autres... Ces inscriptions avaient été effacées par ordre supérieur, nous a-t-on dit, car il est des morts dont il est défendu de se souvenir.


Et nous nous reportions par la pensée à la froide matinée du 28 décembre 1888, alors que nous attendions, devant ce carré de terrain où l'on avait creusé une fosse, l’arrivée du fourgon que nous avions vu partir de la place de la Roquette, encadré de gendarmes, et que notre fiacre avait devancé au cimetière. C'était Prado qui devait inaugurer - s'il est permis de s'exprimer ainsi - le nouveau« coin » des suppliciés. Pranzini, l'assassin précédemment exécuté, avait clos la longue série des criminels inhumés dans l'ancien cimetière d'Ivry.
Bientôt le bruit d'un galop de chevaux se fit entendre, et le sombre véhicule de M. DeibIer s'arrêta un peu en avant du trou que dominait de sa silhouette cassée un fossoyeur appuyé flegmatiquement sur sa pelle. Une bière en sapin, un pauvre cercueil fait de quelques planches mal ajustées avait été déposé parallèlement à la bordure du trottoir. Des gens, qui s'efforçaient de se défendre par des ricanements contre l'émotion qui les étreignait, étaient juchés sur la crête du mur pour assister à ces funérailles clandestines. Silencieusement et non sans une certaine solennité d'allures les aides de l'exécuteur des hautes œuvres dont l'un, en redingote et chapeau haut de forme, ressemblait beaucoup plus à un procureur qu'à un valet de bourreau, descendirent du fourgon le panier contenant les restes du supplicié. Le cadavre fut allongé dans le cercueil et nous éprouvâmes à ce moment l'impression que c'était un enfant qu'on avait guillotiné une heure auparavant, tellement ce corps sans tête paraissait minuscule. La chemise de soie, le pantalon noir, les souliers vernis, tout ce luxe de vêtements ajoutait nous ne savons quoi de ridiculement macabre à l'étrangeté poignante du spectacle. Et la tête ! quelle chose misérable et falote ! Qu'on s'imagine une boule pas plus grosse que le poing, blanche, poudrée aux yeux et aux lèvres de sciure de bois, ayant presque perdu, par suite de la décollation, l'apparence d'un chef humain. Quand on voulut la replacer sur les épaules de Prado, - c'est une erreur de croire qu'on enterre les guillotinés avec leur tête entre les jambes - on s'aperçut qu'on n'avait pas laissé suffisamment de place entre le tronc et le chevet de la bière et l'on dut tirer légèrement le cadavre par les pieds pour que la toute petite tête pût être ajustée à l'endroit qu'elle occupait avant d'avoir été coupée.


Un an et demi plus tard, - il faut bien donner des informations aux lecteurs, même sur les événements les plus pénibles - le devoir professionnel nous appelait dans ce même coin lugubre du cimetière d'Ivry. Cette fois, c'était Eyraud, le complice de Gabrielle Bompard dans l'assassinat de l'huissier Gouffé, qu'on allait mettre en terre dans le carré des réprouvés. Nous éprouvâmes la même impression de dégoût, à laquelle se mêlait un sentiment de pitié, quand on sortit du vaste panier ce cadavre décapité, le torse enserré par des cordes disposées de façon à ramener les avant-bras derrière le dos et à croiser les mains à la hauteur des reins dans une ligature dernière. L'absence de tête et cette disposition des bras produisent le plus singulier effet ; ce n'est qu'en regardant les pieds qu'il est possible de se rendre compte si l'homme n'est pas à l'envers. Dans leur précipitation à terminer leur besogner les aides du bourreau négligèrent de s'assurer de la position du corps d'Eyraud qu'ils étendirent dans le cercueil, couché sur le ventre. Au dernier moment, un assistant fit remarquer l'erreur commise mais l'un des auxiliaires de M. Deibler eut aussitôt un petit geste qui signifiait évidemment que cela n'avait nulle importance. Et c'est ainsi qu'Eyraud partit pour l'autre monde, avec sa tête sur les épaules mais tournée du mauvais côté.

On a déjà raconté la scène ultra-macabre qui se produisit le matin de la double inhumation de Berland et de Doré, deux des auteurs du crime de Courbevoie. Bien qu'y ayant assisté, nous ne la décrirons pas par le menu, car elle eut un caractère particulièrement horrible. Il est tout à fait exact qu'au moment de restituer sa tête à chacun des suppliciés, il y eut de la part des valets de M. de Paris une hésitation qui dura plusieurs minutes et impressionna terriblement les personnes présentes.
Il n'y a guère qu'une vingtaine d'années que les restes des condamnés à mort exécutés à Paris sont honorés d'une bière ; auparavant, le panier était apporté au bord de la fosse, on le faisait basculer et l'on versait tout son contenu dans le trou béant sans autre cérémonie. Cela se passe encore ainsi dans un grand nombre de villes de province quand les corps n'ont pas été réclamés pour servir à des travaux anatomiques. Nous nous souvenons encore d'une discussion très aigre, ma foi, qui eut lieu au cimetière d'Ivry, à propos des restes de Prado, entre le représentant de la Faculté de médecine et le chef de la sûreté d'alors, délégué spécialement par le préfet de police pour assister à l'inhumation du supplicié. Le chirurgien voulait absolument emporter le corps sous prétexte qu'il n'avait pas été réclamé par la famille.
- Mais Prado s'est réclamé lui-même ! s'écria le chef de la sûreté que faut-il donc de plus ?
Force fut au fourgon de l'École de médecine, qui était venu se ranger à côté de celui de Deibler, de faire demi-tour. L'infortuné Pranzini n'avait pas eu cette chance après sa mort : les meilleures portions de sa peau, préparées par un habile gainier, avaient servi à confectionner des porte-cartes, lesquels, d'ailleurs, furent brûlés dans la cheminée d'un juge d'instruction, dès que le procureur de la République eut appris quel usage on avait fait de l'épiderme de l'assassin de Marie Regnault. Un procès-verbal de cette originale incinération fut même dressé.

Depuis Peugnez, aucun criminel n'a été exécuté à Paris. Sait-on combien de personnes il est nécessaire de prévenir quand le procureur général, après le refus de la grâce par le Président de la République, a arrêté la date de l'expiation pour un condamné à mort ? Exactement dix-neuf.
Tout d'abord le bourreau, qui vient chercher l'ordre d'exécution au parquet général ; ensuite le préfet de police, qui informe lui-même le colonel de la garde républicaine, le commandant de la gendarmerie départementale et le directeur de la police municipale ; puis le procureur de la République ; le juge d'instruction qui devra recueillir les aveux in extremis du patient, s'il veut bien en faire ; un greffier de la cour d'appel chargé de dresser, concurremment avec le maire de l'arrondissement où a lieu l'exécution, l'acte de décès du supplicié ; le chef de la sûreté ; le directeur de la prison où le condamné est détenu ; l'aumônier ; le commissaire de police du quartier et l'officier de paix de l'arrondissement ; la Faculté de médecine si les parents du criminel n'ont point réclamé ses restes ; l'administration des pompes funèbres qui fournit le cercueil ; le service de la voirie municipale, qui faisait autrefois sabler la place de la Roquette pour faciliter les évolutions de la cavalerie et prévenait le cantonnier chargé d'ouvrir la borne-fontaine voisine de l'emplacement où s'élevait l'échafaud, afin de permettre au bourreau de laver les pièces de sa machine ; le commissaire de police d'Ivry, qui doit assister à l'inhumation, et le conservateur du cimetière.

Nous oublions quelqu'un qui est particulièrement intéressé dans une exécution capitale et qu'on n'informe qu'à la dernière minute, c'est le condamné lui-même.

Il faut espérer que, dans l'avenir, la guillotine accomplira son œuvre sanglante derrière la muraille d'une prison et qu'il ne sera plus nécessaire de déranger un aussi grand nombre de magistrats et de fonctionnaires pour aller voir mourir un homme !

Jean Frollo - Le Petit Parisien, n° 9 505 du 6 novembre 1902

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MessageSujet: Re: Inhumation des suppliciés au cimetière d'Ivry   Jeu 13 Juin 2013 - 22:00

Le journaliste Marcel Montaron assista à  l'exécution et à l'inhumation de Gorguloff. Il écrivit ensuite un long article dans le Magazine DÉTECTIVE, intitulé Le carré des Suppliciés. En voici la première partie.

LE CARRÉ DES SUPPLICIÉS

Gorguloff était apparu, livide, à la porte du fourgon, saisi par les aides, et l'on avait été ainsi brusquement plongé dans une pénombre qui n'était pas la nuit mais qui n'était pas tout à fait le jour. Il semblait bien, à certains, pourtant, que Gorguloff, avec son cou de taureau, ses épaules de colosse, s'ajustait mal à la machine de mort au gabarit égal pour tous, et qu'on avait dû, pour mieux lui trancher la tête, le pousser, l'appuyer contre la lunette, lui maintenir la tête par les oreilles. Cruelles secondes pendant lesquelles le bourreau avait, pour la première fois, senti sa main trembler.

Allait-il, pour une de ses dernières exécutions, et quelle exécution celle d'un régicide — rater son ouvrage ? On apprit plus tard qu'il était entré chez lui très pâle et que les locataires aux aguets l'avaient entendu dire à Mme Deibler :
J'ai les poignets brisés !

                       - Au cimetière d'Ivry -

Près de la grande malle d'osier, on a placé le frêle cercueil en sapin et la livraison du supplicié commence. C'est d'abord le corps sans tête que l'on soulève du panier pour le placer dans le cercueil. Les pieds sont encore ligotés. Mais, d'un coup de canif les fossoyeurs ont coupé la corde qui maintenait les bras derrière le dos. En hâte, on a remis à l'un des pieds l'escarpin qui en avait glissé, sans doute au moment de la chute.

Le colosse repose maintenant dans l'étroit cercueil, si étroit qu'il ne doit pas y avoir de place pour la tête, cette tête de cire, zébrée de traits de sang, et qu'un fossoyeur apporte dans ses mains. Tête de musée du crime de fête foraine, presque irréelle avec ses légers cheveux noirs frisés, si ce n'était cette chair du coup déchiquetée et sanglante.
 
Une légende, vivace encore dans l'esprit de beaucoup de gens, veut que la tête du condamné à mort soit placée, dans le cercueil, entre les jambes du supplicié. Il n'en est rien. Ce n'est pas, en tous  cas, ce que j'ai vu faire pour Gorguloff, dont la tête fut replacée sur le cou tranché, comme les morceaux d'un puzzle tragique.

On entend maintenant les coups de marteau des fossoyeurs revissant le couvercle et le crissement des pas sur le gravier.
Tout est-il prêt ? Non, les fossoyeurs vont chercher le panier et viennent en vider la sciure coagulée dans la fosse. La sciure est si rouge et si collée qu'elle ressemble à un lambeau de chair oublié dans la malle tragique.
 
C'est maintenant l'inhumation — le dernier acte de la mise à mort de l'assassin. Maintenu par de longues lanières de cuir, le cercueil de Gorguloff glisse dans la fosse et les spectateurs se recouvrent. Car le prêtre qui tout à l'heure accompagnait le condamné à l'échafaud n'est pas là. Ni le procureur qui lui annonçait qu'il devait se préparer à mourir. Ni le bourreau dont la main s'énervait tandis qu'on ajustait l'homme sur la bascule. Il n'y a là qu'un commissaire, que quelques gardiens en uniforme, et que M. le Conservateur du cimetière qui, d'un crayon administratif, ajoute un nom et une date sur le petit carnet dont la liste s'allonge à chaque exécution.

Déja, les fossoyeurs, à grands coups de pelle, rebouchent la fosse. Il ne faut que quelques instants pour que tout soit comblé, tassé, resablé, qu'il ne reste rien de la tombe maudite où l'on a couché l'homme qui a tué. Repassez le soir même. Vous ne verrez à nouveau qu'un espace nu, où s'allongent les ombres des tombes voisines et qu'un gardien qui, si vous approchez trop près de l'espace sablé, vous fait signe de passer votre chemin.

C'est la dernière garde devant le condamné. Le mort n'appartiendra à la famille que le jour où celle-ci le fera exhumer pour le conduire dans quelque autre cimetière dans une fosse particulière. Et encore n'a-t-elle le droit d'inscrire sur sa croix que ses initiales. Si le supplicié n'est pas réclamé par sa famille, la Faculté de médecine viendra en prendre livraison. L'homme en deux morceaux ira à Clamart : on ne videra dans la fosse d'Ivry que le fond du panier d'osier…un peu de sciure et un peu de sang…

Ainsi Gauchet, l'assassin du bijoutier de l'Avenue Mozart, a été exhumé du cimetière d'Ivry, pour être enterrée à Thiais, la fosse où il avait été couchée fut rebouchée, puis à nouveau ouverte la veille du matin où devait être exécuté Boyer. Boyer gracié — gracié en raison du Président de la République, tué par Gorguloff — la fosse fut recomblée.

Et c'est dans cette même fosse qu'est enterrée provisoirement Gorguloff, jusqu'à ce que sa femme le fasse exhumer. Tel est le secret du carré des suppliciés. Les condamnés à mort n'y font qu'un court séjour et ceux qui ne sont réclamés ni par leur famille, ni par la Faculté de médecine, sont si peu nombreux que l'étroit espace sablé est toujours assez grand pour recevoir les nouveaux suppliciés.
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MessageSujet: Inhumation de Pierre Momble   Sam 17 Mai 2014 - 15:12

Nous trouvons dans Le Peuple Français à propos de l'exécution de Pierre Momble, les détails suivans sur le cimetière d'Ivry, où sont déposes les suppliciés :

« Au fond du cimetière parisien d'Ivry, on aperçoit un vaste enclos un peu moins étendu que le premier. Dans celui-là, pas un monument funèbre, pas un arbre, pas un cyprès.
Sur un des côtés seulement, quelques rangées de tombes surmontées de croix en bois noir. Cela s'appelle le Champ-de-navets.

» C'est là, dans ce second cimetière, que sont inhumés les criminels dont le couteau de la guillotine a tranché la tête.

» Une partie de cette nécropole, celle ou se remarquent les croix de bois, est réservée aux fous qui meurent à l'hôpital de Bicêtre. Au fond, tout à fait au fond, sont ensevelis les suppliciés.

» Les assassins à côté des fous !

» Le sol est inculte, raboteux, bossué, couvert de hautes herbes, et rien n'indique que là reposent les grands révoltés de la société ; les fosses dans lesquelles on les a jetés n'ont laissé à la surface du terrain qu'une sorte de bourrelet sur lequel les plantes sauvages poussent.

» Voici comment on procède à l'inhumation du supplicié :

» On commence, ce qui est de tradition, par déposer la tête sur le bord de la fosse puis on enlève au cadavre les entraves qu'il avait aux jambes, les cordes dont ses poignets étaient ; serrés on le place tout habillé dans la bière.

» Et la tête ? Oh ! la tête ; eh bien ! on la met entre les jambes du mort. - Ceci est encore une tradition.

» Mais pourquoi les décapités dorment-ils dans leur fosse du Champ-de-navets avec leur tête coupée entre les jambes ? Demandez à la tradition. »


Journal des débats politiques et littéraires, 11 août 1869

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pier
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MessageSujet: Re: Inhumation des suppliciés au cimetière d'Ivry   Sam 17 Mai 2014 - 18:15

Oui pourquoi la tête entre les jambes...
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MessageSujet: Re: Inhumation des suppliciés au cimetière d'Ivry   

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