La Veuve

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 Le dépôt de la guillotine

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Adelayde
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MessageSujet: Re: Le dépôt de la guillotine   Jeu 5 Déc 2013 - 14:18


Bonjour fausta, bienvenue parmi nous. santa 

La guillotine a quitté la rue de la Folie-Regnault en 1911 :

La rue de la Folie Regnault, dans le 11ème arrondissement, se trouvait à deux pas de la prison de la Roquette. Ce qui lui a valu d’héberger un hôte de sinistre mémoire : la guillotine. Elle était en effet entreposée de 1861 à 1911 au 60bis de la rue, dans le bâtiment au toit triangulaire sur le cliché ancien, remplacé par une maisonnette depuis.
Elle était remontée devant la prison de la Roquette pour exécuter les sentences capitales, et ce jusqu’en 1911, date à laquelle elle a été accueillie par la prison de la Santé. La peine de mort a été abolie en 1981, et la guillotine rangée dans les sous-sols de la prison de Fontainebleau.


http://parisavant.com/?showimage=1390



Une page intéressante : Le Hangar de la Veuve

https://sites.google.com/site/laroquette/la-place-de-la-roquette/le-hangar-de-la-veuve

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MessageSujet: Re: Le dépôt de la guillotine   Ven 6 Déc 2013 - 0:16

Le déplacement de la guillotine pour la prison de la Santé avait été évoqué par Jourdan Coupe-Tête et tOma de l'est dans : Images de La grande et de la petite Roquette.
Jourdan situait le départ de la guillotine le 21 août (1911), tOma maintenait la date du 22 août. TOma faisait également remarquer qu'une seule guillotine était partie à la Santé ce jour-là, la deuxième restant dans son local primitif de la Folie-Regnault. Il mentionne que Jacques Delarue écrit qu'elle y resta  jusqu'en 1930, mais c'est un point à confirmer.
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Adelayde
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MessageSujet: La guillotine déménage   Jeu 12 Déc 2013 - 23:05




L’Express du Midi, n° 6 733 du 8 mai 1911

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piotr
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MessageSujet: Re: Le dépôt de la guillotine   Jeu 6 Fév 2014 - 20:59




60 rue de la folie Regnault, remise de la guillottine :Jules-Adolphe Chauvet .1890

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MessageSujet: Re: Le dépôt de la guillotine   Ven 7 Fév 2014 - 14:52

Pour le quotidien L'AURORE, le déménagement a eu lieu le 21 août.



N°5028, 22 août 1911 (source : gallica.bnf.fr)
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MessageSujet: Re: Le dépôt de la guillotine   Lun 5 Mai 2014 - 13:18

Journal Le Voleur, du 05-07-1872, reprenant des articles ou extraits d’articles des quotidiens La Liberté et Le Gaulois.
Le passage sur les gants de M. Heindereich est plutôt étonnant !
(source : gallica.bnf.fr)

L’HÔTEL DE LA GUILLOTINE.

Quelques détails maintenant sur le local habité par la guillotine. Nous les puisons dans la Liberté.

U
n travail de maçonnerie auquel personne n'a fait attention, mais qui a bien son importance, vient d'être exécuté rue de la Folie-Regnault, près de la prison de la Roquette. Dans cette rue, — entre les maisons portant les numéros 40 et 44, — se trouve un petit bâtiment carré, — sans numéro, — d’un aspect des plus insignifiants, mais que connaissent bien les gens du quartier. C'est une sorte de grange n'ayant qu'une porte donnant sur une cour, et puis, sous l'auvent de la toiture, une petite ouverture ovale.

Ce bâtiment était la propriété de M. Heindreich, et l'administration de la justice criminelle en paye aux héritiers une location de 1,200 francs par an. C'est le logement de la guillotine.
Or, l'ouverture ovale dont nous venons de parler était pour les initiés une indication certaine. Quand vers minuit on y voyait briller de la lumière, c'est que les aides de l'exécuteur préparaient les « bois de justice,» et qu'une tête allait tomber sur la place de la Roquette.
C'était immanquable.

L'administration vient de faire murer cette ouverture, de sorte que maintenant le public n'a plus aucun moyen de connaître quelques heures à l'avance le moment des exécutions.
C’est à cette circonstance qu'il faut attribuer le peu de monde qu'il y avait lundi 17 juin au matin sur la place de la Roquette. Détail curieux : on a eu beaucoup de peine à trouver des ouvriers maçons pour ce travail de quelques heures. Tous ceux du quartier ont refusé. On a été les chercher à Montrouge, et on leur a payé double journée.

La maison où sont remisés les bois qui forment l'échafaud, contient de bizarres reliques.
On y voit  la casquette et la veste grise que portait Moreux en marchant à l'échafaud. Dans les poches de ce vêtement, on a trouvé une boîte d'allumettes, une glace ronde, un jeu de cartes tout neuf ; Moreux jouait quelquefois avec Morel, son gardien, et enfin une lettre portant la date de samedi 15 juin, dans laquelle Moreux donnait à une personne qui devait venir le visiter certaines instructions pour lui passer en contrebande divers objets de toilette et d'alimentation.

On y voit la redingote de Lemaire ; le gilet noir de Verger, l'assassin de l'archevêque de Paris ; le paletot d'orléans noir de La Pommeraye ; la grosse veste de bure d'Avinain, le boucher ;  la redingote de Troppmann, etc. Que fait-on de ces objets ? Coupés en morceaux, ils servent de chiffons pour le nettoyage de l'échafaud.
Ajoutons, puisque nous sommes sur ce chapitre que les règlements autorisent les adjoints de l'exécuteur à s'approprier la défroque qui, au surplus, se compose généralement de loques  n'ayant aucune valeur. On peut citer cependant, parmi les exceptions, la redingote de Morey, guillotiné avec Fieschi, laquelle motiva, de la part de son propriétaire, cette apostrophe à un aide du bourreau, qui le déshabillait un peu brusquement : « N’abîmez donc pas ma redingote ! elle est encore toute neuve. »

Habituellement les aides-exécuteurs n'enlèvent au cadavre que le paletot et le gilet. Ils ne touchent jamais ni au pantalon ni à la chaussure. Les entraves mêmes lui sont laissées, à moins cependant que la corde ne soit absolument neuve. Dans ce cas, ils la reprennent et  s'en servent plus tard pour un autre.
___________
Un autre genre de reliques, dont, le Gaulois nous révèle l'existence, c'est la collection, assurément unique au monde, des
GANTS DE FEU DE M. HEINDREICH.                                                               
Heindreich a laissé, dit le Gaulois, la collection de gants la plus sinistre et la plus bizarre qu'il se puisse imaginer.
Tous jaunes et parfaitement frais, ces gants n'ont servi qu'une fois, une paire par exécution. Feu M. de Paris mettait une certaine coquetterie à envoyer les condamnés à mort dans l'autre monde. Toutes les mains gauches de ces gants sont intactes. Toutes les droites, au contraire, semblent avoir reçu une pluie sanglante. Si prompte à se retirer que fût la main qui faisait tomber le couteau, elle était néanmoins toujours atteinte par des gouttelettes de sang projetées par le flux vers la tête, entre la lame et la section du cou.
Sur chacune des paires un nom est écrit à l'encre : celui du supplicié. Si jamais ces gants étaient mis en vente, les Anglais se les disputeraient à prix d'or.
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MessageSujet: Re: Le dépôt de la guillotine   Ven 9 Mai 2014 - 15:43

Quotidien Le Rappel, du 25-04-1911.

Funèbre souvenir


Gil Blas rapporte ce lugubre souvenir d'un menuisier, constructeur de guillotines et parrain du jeune Deibler :

« Grâce aux précautions prises, sauf moi qui me trouvais mis dans le secret par Berger, nul à l'atelier ne sut jamais à quelle besogne on l'avait employé. Je prenais chaque jour, au hangar, une des pièces de la machine, je l'emportais à l'atelier et sur le modèle on tirait six exemplaires du morceau.

« Quand toutes les pièces détachée furent faites on procéda au montage. Roch et Berger s'en chargèrent avec moi, et comme mon patron arrivait sur ces entrefaites pour assister à la réception de ses fournitures, d'un commun accord, après lui avoir fait les honneurs de leurs locaux, car ils ont la plaisanterie facile, les bourreaux saisirent le malheureux entrepreneur, le jetèrent sur la bascule et lui passèrent le cou dans la lunette.
« Viguié, serré jusqu'à étouffer, suait de peur et ses yeux parlaient seuls, mais avec quelle éloquence ! Le couteau était suspendu sur sa tête et mieux que tout autre, nous savions avec quelle facilité le déclic pouvait fonctionner.  

« Après avoir été vider une chopine chez le bistro du coin, en laissant mon patron dans sa pénible situation, ils se décidèrent alors à le libérer. A peine retombé sur ses jambes, celui-ci les prit à son cou en jurant qu'il ne resterait pas une minute de plus dans le hangar ».
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CARNIFEX
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MessageSujet: Re: Le dépôt de la guillotine   Ven 9 Mai 2014 - 21:28

Cela me parait trop invraisemblable pour être vrai. Evil or Very Mad 

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Potius mori quam foedari
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MessageSujet: Re: Le dépôt de la guillotine   Ven 9 Mai 2014 - 21:53

CARNIFEX a écrit:
Cela me parait trop invraisemblable pour être vrai. Evil or Very Mad 
Mes déférents respects, Monsieur l'Administrateur   
C'est à peu près aussi sérieux que feu J.F. Heidenreich se faisant la main sur des veaux   
Je compte sur vous et Mâme Mimi pour sévir en cas de colportage de fausses nouvelles   
Bien à vous !
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MessageSujet: Re: Le dépôt de la guillotine   Ven 9 Mai 2014 - 22:27

Allez réveiller les journalistes... Sleep pour leur dire  
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MessageSujet: Re: Le dépôt de la guillotine   Ven 9 Mai 2014 - 22:28


(Le début de l’article fait allusion à la prochaine quadruple exécution de Béthune. Les frères Pollet, Vromant, Deroo).

Quotidien Gil Blas,  du 10-01-1909.

AUTOUR DE LA GUILLOTINE

Les trois "Veuves"

l'Abbaye des cinq pierres


Nous assistons depuis quelque temps à un assez vilain spectacle.
Avec une curiosité malsaine, un intérêt dont l'inspiration est assez basse, le public suit le débat ouvert, non plus sur la peine de mort elle-même, mais sur l'imminence simplement des exécutions capitales.

On attend le sinistre événement avec une impatience qui ne se dissimule plus. On est aux aguets avec une anxiété qui apparaît cruelle. Il semble qu'une soif de sang se soit emparée des foules. On réclame impérieusement des victimes pour la guillotine, comme jadis le peuple romain exigeait que l'on jetât des esclaves aux bêtes du Cirque.

La presse, malheureusement, semble s'être laissée entraîner dans cette agitation sanguinaire. Elle l'entretient, elle l'aggrave, elle l'exaspère par des informations parfois tendancieuses, et des commentaires souvent passionnés.
Par toute cette publicité, elle provoque le désir comme si l'on devait trouver une satisfaction, de ce spectacle de mort qui devrait cependant n'inspirer que de l'horreur.

Certes, les condamnés dont le sort excite en ce moment tant de controverses, ne sont pas intéressants. En donnant la mort eux-mêmes, ils ont créé le droit de la leur donner. Mais vraiment, notre belle société s'y prépare avec un zèle, un entrain et un bruit, qui sont d'assez mauvais goût, et de quelque inhumanité. Et cependant, sinon pour son attrait, du moins par le devoir professionnel que l'actualité impose, nous allons, nous aussi, faire une promenade aux alentours de la guillotine.

Un petit marchand de vins, rue de la Folie-Regnault, est en passe de faire fortune :
l'heureux destin a voulu qu'il s'établit tout juste en face du numéro 60 de cette rue. Or, la maison qui porte ce numéro abrite, au fond de sa cour, le hangar où sont logés les bois de justice ». Et depuis quelques huit jours, l’établissement a conquis une clientèle assidue des reporters consciencieux et patients, guettant du matin au soir la venu de M. Anatole Deibler, ou même de simples curieux, contemplant ces murs derrière lesquels il y a quelque chose. En général, les uns et les autres furent déçus.

Un vieil habitant du numéro 60 nous disait hier, avec un sourire un peu ironique :
« Vos confrères qui, tous ces jours derniers dans les journaux, ont noté les visites du bourreau, ont décrit les travaux auxquels il s'était livré dans le hangar, la mise en état des pièces de la guillotine, le montage, l'essayage même, ont vraiment un don de double-vue. Il est impossible, du dehors, d'où que l'on soit, de rien voir de ce qui peut se passer dans le hangar de M. Deibler.

Les informateurs me paraissent plutôt avoir utilisé de vieux souvenirs, qui ne sont plus en accord avec l'état actuel des lieux.
Il y a quelques années, en effet, de toutes les fenêtres s'ouvrant sur la cour du n° 60, dans laquelle est bâti le hangar de M. Deibler, on pouvait suivre les opérations du bourreau et de ses aides. Parfois même, le spectacle était assez répugnant, comme, par exemple, le nettoyage à grande eau, sous la pompe de la cour, des pièces de la machine et des paniers les jours d'exécution capitale.
C'est dans cour aussi que l'on dressait la machine pour les essais, pour la répétition générale.

D'autre part, on apercevait fort bien, dans le hangar, tout l'attirail des hautes œuvres :  les bois, les paniers d'osiers, les sacs de sciure, la boîte du couperet, — et même, appendus aux murs, une trentaine de pardessus, collectionnés par M. Deibler, et qui étaient ceux
jetés sur les épaules des condamnés qu'il exécuta, lorsqu'ils marchaient à la guillotine.
Mais tout cela est modifié depuis quelque temps.

On a élevé et agrandi le hangar ; on a percé de vastes baies vitrées, dont les vitres dépolies ne permettent pas la vue du dehors à l'intérieur. Et toutes les opérations se font maintenant au-delà  l'abri de tous les yeux. Si vos confrères avaient pu jeter à l'intérieur un seul regard, ils n'eussent pas manqué de remarquer qu'il y a là deux guillotines, avec leurs deux fourgons, et ne se fussent donc pas contentés de parler d'une seule. M. Deibler, en effet, doit entretenir une machine de secours, qui s'appelle « la suppléante » pour le cas d'accident survenant à la machine ordinaire.

D'ailleurs, il y a, en outre, une guillotine à Alger, servant exclusivement aux exécutions capitales en Algérie. Ainsi nous avons donc trois « veuves » comme on dit en langage populaire. Quant aux visites de M. Deibler, quant aux ordres qu'il a reçus, nous ne savons rien dans le quartier. M. Deibter le père causait quelquefois avec certains d'entre nous. Mais M. Anatole Deibler salue et passe, toujours sans un mot.  

Nous n'avons point manqué, en quittant la rue de la Folie-Regnault, d'aller voir, sur la petite place de la Roquette, si les cinq dalles plates qui marquaient, jadis, l'endroit où se dressait la guillotine, étaient toujours là. Elles y sont. Ou plutôt elles y sont revenues.
Car il y a quelque temps, pour exécuter des travaux de voirie, des ouvriers les enlevèrent négligemment, avec les autres pavés. Ce lut un gros émoi quand l'ingénieur municipal chargé des travaux s'en aperçut. Heureusement, on retrouva les dalles célèbres dans le tas de pierres non encore enlevé. On les remit en place.
Il faut bien pouvoir montrer, là, aux touristes, un souvenir matériel de ce que, dans l'argot des prisons, les malfaiteurs appelaient, par un macabre  jeu de mots : « l'abbaye des cinq pierres ».

Gaston Lagrange.
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tOma de l'Est
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MessageSujet: Re: Le dépôt de la guillotine   Mer 14 Mai 2014 - 23:03

mercattore a écrit:
Le déplacement de la guillotine pour la prison de la Santé avait été évoqué par Jourdan Coupe-Tête et tOma de l'est dans : Images de La grande et de la petite Roquette.
Jourdan situait le départ de la guillotine le 21 août (1911), tOma maintenait la date du 22 août. TOma faisait également remarquer qu'une seule guillotine était partie à la Santé ce jour-là, la deuxième restant dans son local primitif de la Folie-Regnault. Il mentionne que Jacques Delarue écrit qu'elle y resta  jusqu'en 1930, mais c'est un point à confirmer.

Et bien c'est Jourdan Coupe-tête qui avait raison...

ce fut le 21 août 1911 et non le 22 comme j’avais pu le lire dans des coupures de journaux ne reprenant que l’information de la veille. Le 20, Anatole et ses aides vinrent préparer ce transfert.

Voici le texte que j'ai publié sur mon site, et j’ajoute en bonus et catégoriquement :
Lors de la première exécution parisienne suivant ce déménagement, c’est la “Parisienne” de la Folie-Régnault, et non le “bijou” de la Santé, qui a fait sa sortie pour rogner Arthur Renard!

En 1911, suite au déplacement du lieu d’exécution au boulevard Arago, un local est spécialement aménagé pour accueillir la guillotine à la prison de la Santé. Cependant, c’est pendant encore plusieurs années que l’on verra la “veuve” quitter son hangar de la rue de la Folie-Régnault pour des exécutions en province.

Anatole Deibler conservait en réalité deux guillotines dans le vieux hangar : le “bijou” et la “Parisienne”, ainsi qu’elle furent nommées par Nicolas Roch, l’un de ses prédécesseurs. La première est employée pour les exécutions parisiennes alors que la deuxième est une version allégée du modèle Berger destinée aux sorties en province.

Le dimanche 20 août 1911, accompagné de ses aides, Anatole Deibler prépare ce déménagement, il est prévu pour le lendemain. Lundi matin, le 21 août, les portes du hangar s’ouvrent et ce sont bien les deux guillotines qui ce jour-là partent pour la Santé.

Plongées dans le noir de leur nouvelle remise, les deux sœurs attendent côte à côte le jour où l’une d’entre elles sortira officier, et c’est le 5 septembre 1911 que la “Parisienne” est transportée Gare de Lyon à destination de Melun. Le lendemain, elle coupera une tête, celle de Lucien Pajot, assassin de la fille Ambroise.

Nous sommes en 1912 et, après plusieurs mois d’attente, le “bijou” va lui enfin fonctionner car la prochaine exécution parisienne est prévu pour le 20 janvier. La veille et durant la nuit, à la prison de la Santé, tout le monde attend la venue de Deibler, mais rien, personne…

Pourtant, au petit matin, le bourreau et ses aides sont là, boulevard Arago, en train de monter les bois de justice.

Le 27 janvier 1912, une note du préfet de police est envoyée au service de sûreté. Le préfet s’interroge sur le lieu de stockage des bois de justice. Il demande que l’exécuteur en chef des arrêts criminels, monsieur Deibler, clarifie la situation. Le fourgon servant à transporter la guillotine ayant été retenu chez le carrossier pour réparation, comment Deibler a-t-il fait pour déplacer la « veuve » de sa remise à la prison de la Santé jusqu’au boulevard Arago, lieu des exécutions parisiennes?

Le rapport tombe le 29 janvier et est remis le lendemain.

Si les bois de justice ont bien été transférés à la Santé le 21 août 1911, Deibler conserve également une autre guillotine, et son fourgon, au hangar du 60 bis rue de la Folie-Régnault. Cette guillotine, dont l’emplacement est plus proche des gares, est normalement réservée aux exécutions dans les autres départements ; mais c’est elle qui, exceptionnellement, fut employée pour l’exécution d’Arthur Renard.

Suite à sa sortie en province, la “Parisienne” n’avait donc pas regagner la prison de la Santé mais était revenue loger rue de la Folie-Régnault. Deibler avait visiblement jugé le nouveau trajet problématique. Cette deuxième guillotine aura donc volé, ce samedi 20 janvier 1912, la vedette au “bijou” et honoré son autre surnom : “la suppléante”.

Elle restera remisée dans le bon vieux hangar au moins jusqu’en 1914.
Jacques Delarue, dans Le métier de bourreau, avance l’année 1930, mais ce point reste à confirmer ou infirmer....
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MessageSujet: Re: Le dépôt de la guillotine   Jeu 15 Mai 2014 - 0:36

Bonjour tOma,

Content de vous lire  sunny et merci pour votre message.
Mais pour le « Bijou », Boisdejustice ne cautionne pas ce modèle allégé !
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MessageSujet: Re: Le dépôt de la guillotine   Jeu 15 Mai 2014 - 12:38

Bonjour mercattore,

par modèle allégé, je fais référence à la 'parisienne' et non au 'bijou'.
Je pense bien que cette deuxième guillotine n'était pas une veuve de poche plus petite, mais les deux guillotines n'étaient pas employées indifféremment.
Une pour paris, l'autre pour la province : et je ne peux m'empêcher de penser qu'il y avait bien une raison à ce choix, alors sur quels critères?

En fait, sur quoi porte le désaccord :
- il n'y avait pas deux guillotines?
- il y en avait deux mais elles étaient identiques?

En parcourant le forum, je viens de relire ces deux sujets et ne peux m'aligner sur tout ce qui y est dit

http://guillotine.cultureforum.net/t1217-la-veuve-a-fresnes
http://guillotine.cultureforum.net/t1506-les-guillotines-en-metropole

Pour ma part, et du moins à l'époque que j'évoque, il y avait bien deux guillotines (une pour paris, l'autre pour la province) et deux fourgons.
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MessageSujet: Re: Le dépôt de la guillotine   Jeu 15 Mai 2014 - 14:04

Oui, je comprends vos explications mais selon votre message précédent il y avait trois guillotine. Deux, parties le 21 pour la Santé, et une restée à la remise de la Folie-Regnault.
Sommes-nous d'accord ?
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MessageSujet: Re: Le dépôt de la guillotine   Jeu 15 Mai 2014 - 15:21

Mince, vous me chagrinez, ça veut dire que mon texte n'est alors pas très clair. Crying or Very sad 

Pour faire simple, je vais le résumé ainsi :

► Dans le hangar de la rue de la Folie-Régnault, il y a deux guillotines, le 'bijou' (pour Paris) et la 'parisienne' (pour la province)
► en 1911, lors du déménagement, c'est bien les deux guillotines qui partent pour la Santé
► mais suite à une exécution en province, Deibler décide de faire à nouveau loger la 'parisienne' rue de la Folie-Régnault
► En janvier 1912, pour la 1ère exécution à Paris, c'est le 'bijou' qui aurait du être sortie de la Santé et employé, mais c'est exceptionnellement la 'parisienne', extraite de la Folie-Régnault, qui est montée bd Arago.
► On verra encore, et ce au moins jusqu'en 1914, la 'parisienne' quitter la Folie-Régnault pour des exécutions en province.

(il y avait 2 guillotines et 2 fourgons, pour 2 emplois).

.
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MessageSujet: Re: Le dépôt de la guillotine   Jeu 15 Mai 2014 - 15:52

Ne vous chagrinez plus, tOma, cette fois c'est clair. Donc, deux guillotines, et selon vous,une allégée et une "normale" ? Me trompé-je ? 
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pier
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MessageSujet: Re: Le dépôt de la guillotine   Jeu 15 Mai 2014 - 18:31

mercattore a écrit:
Ne vous chagrinez plus, tOma, cette fois c'est clair. Donc, deux guillotines, et selon vous,une allégée et une "normale" ? Me trompé-je ? 

une allégée ? c'est à dire  Very Happy 
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MessageSujet: Re: Le dépôt de la guillotine   Jeu 15 Mai 2014 - 19:56

Je ne suis pas du tout un spécialiste. D'après ce que je comprends, la guillotine utilisée pour la province était moins lourde — structures plus légères etc. — que celle utilisé pour Paris.
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pier
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MessageSujet: Re: Le dépôt de la guillotine   Jeu 15 Mai 2014 - 20:37

merci mercattore...vous n'êtes peut être pas un spécialiste mais vous en connaissez un rayon...  Smile comme d'autres... peut être que Nemo pourrait m'éclaircir la lanterne... ou quelqu'un d'autre de spécialisée dans la question...
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MessageSujet: Re: Le dépôt de la guillotine   Jeu 15 Mai 2014 - 21:23

pier a écrit:
merci mercattore...vous n'êtes peut être pas un spécialiste mais vous en connaissez un rayon...  Smile comme d'autres... peut être que Nemo pourrait m'éclaircir la lanterne... ou quelqu'un d'autre de spécialisée dans la question...

Oui, Nemo, Boisdejustice et d'autres encore... c'est certain.
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tOma de l'Est
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MessageSujet: Re: Le dépôt de la guillotine   Jeu 15 Mai 2014 - 21:32

Les points que j'ai énumérés plus haut me semblait les plus importants de mon intervention.
Je n'aurais peut-être pas du parlé de version allégée, au risque que l'on me tombe dessus, point auquel je m'intéressais moins et que j'ai évoqué il est vrai sans vraiment d'éléments. Je vais d'ailleurs sans doute modifier le texte sur mon site.

Mais on peut quand même en parler si vous voulez.
Comme je l'ai déjà dit, il y avait bien 2 guillotines pour 2 emplois : Paris et la province.
Et je me demande bien sur quels critères, s'il n'est pas arbitraire, a été fait ce choix.

A titre illustratif : si je dois choisir entre deux guitares, laquelle sera ma guitare de voyage, je prends celle plus pratique à prendre et/ou à laquelle je tiens le moins, qui peut prendre plus de coups.

Je rejette bien entendu l'idée d'une veuve de poche ou portative, mais je ne peux me résoudre à penser que les deux bécanes étaient rigoureusement identiques.

.
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MessageSujet: Re: Le dépôt de la guillotine   Jeu 15 Mai 2014 - 22:04

Pourquoi pas deux guillotines pratiquement à l'identique tOma... Pour la province, le principal trajet était par le train — alors le poids etc  n'était pas le plus important — pourquoi pas une guillotine "normale", à laquelle l'équipe était habituée.
Chaque bécane, Paris-Province pouvait avoir ses petites particularités, invisibles peut-être pour le profane, mais facilitant l'habitude des exécuteurs.


Dernière édition par mercattore le Jeu 15 Mai 2014 - 22:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le dépôt de la guillotine   Jeu 15 Mai 2014 - 22:06

Pour Paris la plus "belle" et la province la plus "pratique"... je cherche...  
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MessageSujet: Re: Le dépôt de la guillotine   Jeu 15 Mai 2014 - 22:31

Pourquoi pas, oui mercattore. Et question d'habitude aussi sans doute.
Et pour le poids aussi, eussent-elles été différentes, quelle différence pour le transport? Je suis bien d'accord.

Parlant transport, j'ai mentionné qu'elles avaient chacune leur fourgon, et je pense là-aussi que les fourgons n'étaient pas utilisés indifféremment.
Un des fourgons se prêtait-il mieux aux voyages, chargé sur un wagon...?
Nous n'aurons peut-être jamais le fin mot.
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MessageSujet: Re: Le dépôt de la guillotine   

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Le dépôt de la guillotine
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