La Veuve

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  Alphonse Caillard, le nouveau Troppmann - 1898

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MessageSujet: Alphonse Caillard, le nouveau Troppmann - 1898   Ven 5 Mar 2010 - 17:16

BERNAY (Eure). Transcription d'un article de presse. 1898.
Le crime commis à Nassandres (Eure), dans la nuit du 27 au 28 mars, près de La Rivière-Thibouville, cause dans tout le département une émotion bien compréhensible. On frémit à la pensée que le vol a pu dicter l'assassinat de six personnes, d'une famille entière, composée du père, de la mère, de la belle-mère et de trois jeunes enfants. Voici l'historique complet de cette boucherie.

Dans la nuit de samedi à dimanche, la devanture d'un armurier était dévalisée à Brionne. Le voleur s'était emparé de deux fusils, d'une carabine, de deux revolvers et d'une provision de cartouches. Ce vol assez banal aurait passé inaperçu si, en même temps que l'on apprenait le crime de Nassandres, on n'avait retrouvé dans une pièce de terre, entre Brionne et La Rivière-Thibouville, la carabine volée. Il n'y avait plus de doutes le voleur et l'assassin étaient le même individu. 

C'est dimanche soir, vers dix heures, que le sextuple assassinat a été commis. M. Leblond, âgé de trente-cinq ans, contremaître de culture à la sucrerie Albert Bouchon, habite avec sa famille une petite maison isolée, entourée d'un jardin bordant la route. Il lisait son journal dans un petite salle du rez-de-chaussée, pendant que sa femme couchait les enfants. Un individu s'introduisit et c'est à travers cette porte que l'assassin, à l'aide d'un fusil, visa M. Leblond. 

Le malheureux, atteint en plein cœur fut tué sur le coup. Au bruit de la détonation, Mme Leblond, occupée autour de ses en- 
fants, accourut. Elle reçut à son tour une balle à la tête et tomba morte. Les trois enfants, deux petits garçons de quatre et de onze ans,et une fillette de huit ans, accoururent à leur tour; on suppose que le misérable pénétra alors dans la maison et tua les pauvres petit.s à coups de revolver comme la fillette respirait encore, il prit un couteau et le lui plongea dans la gorge.



Il se rendit ensuite dans une chambre du premier étage où était couchée une vieille femme paralysée, mère de Mme Leblond. Il la tua d'un coup de revolver. Maître de la maison après ce massacre, il se mit en de voir de tout dévaliser. Contrairement, en effet, à ce qui avait- été dit tout d'abord, dès la première nouvelle du crime, c'est le vol, et non une vengeance, qui a été le mobile de cette série d'assassinats.

L'assassin passa une partie de la nuit à fouiller partout et mit la maison sens dessus dessous. On ignore l'importance du vol. On a seulement constaté qu'un billet de 100 fr., caché dans une pile de draps, n'avait pas été découvert par le voleur, mais il s'était emparé d'effets d'habillement appartenant à M. Leblond, notamment d'un pardessus marron qu'il. avait endossé et avec lequel il quitta la maison au petit jour. M. Leblond voyageait beaucoup et son pardessus était connu de tout le monde dans le pays.

L'assassin se dirigea vers le bourg et frappant à la porte d'un habitant, demanda, qu'on voulût bien lui louer une brouette pour transporter sa valise et son butin jusqu'à la gare de Serquigny. Il offrait dix francs pour la location de cette brouette, mais il fut éconduit. C'est alors qu'il rencontra sur la route un enfant de dix ans, auquel il dit : « Je suis très chargé, veux-tu porter ma valise jusqu'à la gare de Serquigny, je te donnerai la pièce. » 

L'enfant consentit et porta la valise jusqu'à la gare, distante de six kilomètres. Lundi matin, un jeune homme qui travaille 
régulièrement chez M. Leblond comme jardinier arrivait à six heures pour commencer sa journée. Assez inquiet de voir la maison close et silencieuse, il attendit jusqu'à sept heures, puis il appela en frappant aux volets. Ne recevant aucune réponse, il se dirige vers la porte de la salle, remarque qu'un carreau a été brisé et pénètre alors dans la maison, où il découvre le crime.

La rumeur se répand aussitôt dans le pays et la gendarmerie est prévenue. C'est alors que l'enfant qui a accompagné l'assassin à la gare de Serquigny fait preuve de beaucoup d'intelligence. On lui doit certainement l'arrestation du misérable. Il vient dire sans perdre de temps : « J'ai conduit tout à l'heure, à la gare de Serquigny un homme que je ne connais pas mais qui m'a fait un drôle d'effet. Il s'est arrêté en route au bord d'un ruisseau et s'est lavé les mains et la figure. » Et l'enfant donne le signalement complet de cet individu.

On télégraphie aussitôt à la gare de Serquigny qui répond qu'un individu se rapportant au signalement donné et qui a d'autant plus été remarqué qu'il a pris le train à contre voie, est parti à 8 h. 15 avec un billet pour Lisieux. Quelque temps après, on arrêtait le meurtrier à son domicile. 

C'est un nommé Caillard. Quand la gendarmerie s'est présentée chez lui, il était en train d'ouvrir une valise renfermant les objets qu'il avait volés après son crime. Le misérable a fait les aveux les plus complets. Pour pénétrer dans la maison que je voulais dévaliser, a-t-il dit, j'escaladai la haie du jardin et je me dirigeai vers la porte vitrée; je regardai à travers la glace et je vis un homme assis lisant son journal. J'avais à la main mes deux fusils que j'avais chargés de cartouches achetées à Brienne, Je visai l'homme à la tête. Il tomba raide mort.


J'entrai dans la maison. A ce moment apparut la femme. Mon second coup l'étendit à terre puis survinrent successivement les deux petits qui, aux cris de leur mère, s'étaient levés et accouraient en chemise. Je les abattis comme des lapins. Ainsi débarrassé de témoins gênants et me sentant l'estomac dans les talons, j'ouvris un placard où je trouvai un restant de fricot et un litre de rhum. Je m'installai à table et me mis à manger et à boire tranquillement. 

J'arrivais à la fin de mon repas quand, sur le seuil de la porte je vis apparaître une petite fille en chemise. Mes fusils n'étant plus chargés, je coupai la gorge de l'enfant avec le couteau dont je me servais pour couper mon pain et que j'avais trouvé sur la table. Cette fois, je pensais bien que c'en était fini et que j'allais pouvoir me mettre, à la besogne sans être dérangé, lorsqu'en pénétrant dans une chambre du fond, je vis une vieille femme couchée dans un lit. Encore un, me dis-je, et rechargeant un de mes fusils, je la tuai à bout portant ». Je pus alors fracturer les meubles, les fouiller de fond en comble en toute sécurité; il n'y avait plus personne dans la maison. 
Caillard a été conduit à Bernay, où la foule l'a accueilli par les cris « A mort, à mort ».



JOSEPH CAILLARD AUX ASSISSES (condensé d'articles de divers journaux).



Le procès d'Alphonse Caillard, 27 ans, s'ouvre le 8 juillet 1898, aux assises d'Évreux (Eure), devant une très nombreuse assistance. La session durera deux jours.

L'acte d'accusation est le meurtre sur six personnes, suivi de vol. Le Jury aura à répondre à 60 questions. Dès le début du procès, le président insiste sur les mauvais antécédents de l'accusé, condamné cinq fois pour vols, et évoque les mauvais instincts dès sa jeunesse, ce que l'accusé confirme. A l'âge du service militaire, il est réformé, l'armée le jugeant inapte de par sa trop faible constitution. Le président rappelle en outre l'ancienne accusation d'un double crime portée contre Callard (sur un couple de deux vieillards), mais dont ce dernier fut acquitté par la cour d'assises, en 1896.

Il mentionne également qu'après son arrestation, un examen médical a démontré que l'accusé n'avait jamais manifesté de signe de folie, malgré une tentative de simulation pendant sa détention.
Des dizaine de témoins défilent à la barre. Caillard confirme leur témoignage sur sa présence en divers endroits proches du lieu des assassinats mais déclare qu'il n'avait pas prémédité de tuer ! Son défenseur, maître Colrat, dépose des conclusions tendant a faire examiner l'état mental de son client. Il supplie le jury de bien vouloir rechercher avec lui la culpabilité de l'accusé, c'est à dire s'il est responsable de son acte effroyable. Tout dans son existence, ajoute l'avocat, montre qu'il est un malade et qu'un examen médical s'impose car le crime n'est pas seulement atroce, abominable, il est encore d'une bêtise et d'une invraisemblance démontrant l'inconscience et l'irresponsabilité de celui qui l' a commis.

La cour répond qu'elle statuera sur ses conclusions à la suspension d'audience. Après la plaidoirie de la défense, Caillard demande pardon, pleure, et demande l'indulgence au jury. La cour rejette les conclusions sur l'état mental de l'accusé et le jury se retire pour délibérer. Après une heure et quart, les jurés reviennent et le chef du jury annonce qu'aucune circonstance atténuante n'est accordée. Joseph Caillard est condamné à la peine de mort. Son pourvoi en cassation est rejeté et la grâce n'est pas accordée par le président de la République, Félix Faure.



L 'EXÉCUTION DE JOSEPH CAILLARD. Transcription de l'article du Journal La Presse, du 19 août 1898.
(Contrairement à ce que l'on pourrait croire l'exécution de Caillard n'a pas fait un gros titre dans Les journaux de l'époque).

ÉVREUX.

« Ce matin a eu lieu l'exécution de Caillard, l'auteur du sextuple assassinat de Nassandres. C'est la dix-septième exécution qui a lieu à Evreux depuis cinquante ans. Deibler, arrivé hier avec les bois de justice, a pris ses mesures pour dresser la guillotine sur l'avenue de Caen, la foire qui se tient en ce moment au Bel Ebat empêchant de la monter sur le lieu ordinaire des exécutions.

Depuis plusieurs nuits, la foule ne cessait d'encombrer l'avenue spacieuse où elle supposait que devait tomber la tête de Caillard, et cette foule attendait avec impatience moment où elle pourrait voir Deibler lâcher le déclic de la machine sur la tête de ce misérable qui a fait tant d'innocentes victimes. Le moment est arrivé. Deux escadrons de dragons occupent les abords de la prison et assurent l'ordre. Trois compagnies de ligne font la haie, jusqu'au lieu de l'exécution et maintiennent la foule, qui pousse des cris de mort. Un orage épouvantable, qui a éclaté hier soir et qui a persisté jusqu'à 4 heures du matin, à quelque peu retardé le montage de la machine, et ce n'est guère qu'à quatre heures et demie que le substitut, M. Valade, accompagné du juge d'instruction du greffler et de quelques représentants de la presse, a pénétré dans la cellule du condamné pour lui annoncer que sa dernière heure était venue. « C'est bien dit-il, j'aurai du courage jusqu'au bout.

Caillard se confesse et entend la messe. En descendant au greffe, il dit au gardien chef : « En voilà un réveil. » Après la toilette, pendant laquelle il ne dit pas un mot, Caillard monte dans le fourgon avec les deux vicaires de Saint-Taurin. Arrivé au pied de la machine, Caillard descend. La foule pousse des cris de mort. La troupe porte les armes et la foule crie " A mort ". Caillard descend du véhicule après les gardiens de prison et les deux prêtres, qui ne l'ont pas quitté. Ceux-ci, après lui avoir fait embrasser le crucifix, l'embrassent également. L'assassin de Nassandres fait fermement les quelques pas qui le séparent du fatal instrument. Il jette un coup d'œil à la foule et j'entrevois sur sa physionomie comme un fugitif sourire qui dure une seconde. Il évite de regarder le couteau; les aides s'emparent de lui et le font tomber sur la bascule. Aussitôt, sous l'impulsion de Deibler, le couteau tombe et la tête du supplicié roule dans une boite en zinc. Un soubresaut convulsif agite le corps et, avant que celui-ci tombe dans le panier où se trouve le cercueil, deux jets rapides de sang s'échappent du trou; puis les aides et un ouvrier menuisier clouent rapidement le cercueil. Le cadavre est emporté dans le fourgon au cimetière. Comme le cadavre de Gaillard n'a été réclamé par aucune personne de sa famille, il a été aussitôt ramené à l'hôpital, où les médecins se sont livrés à des expériences. »



http://guillotine.cultureforum.net/la-veuve-f1/palmares-t542.htm
Par Archange - 19/12/2011

Lieu dit le « Bel Ébat », à Evreux, où se déroulaient d'ordinaire les exécutions capitales. Caillard n'y fut pas exécuté.


Journal LA PRESSE, du 20 août 1898.

Le département de l'Eure détient un triste record. Exception faite pour la Seine, où les criminels sont forcément nombreux, il n'est pas de région où l'on compte, depuis cinquante ans, autant d'exécutions capitales qu'à Évreux et environs. Ce matin, ce fut pour Caillard que fonctionna la guillotine. Dans le passé, on peut citer Leclerc, Canu, Michault, Jodon, Métayer, Firoteau, Gilles, etc., dix-sept suppliciés au total. Le crime est-il une maladie contagieuse ou doit-on conclure que certains jurys sont plus particulièrement impitoyables ? II faut nous borner à constater un fait sans en définir les causes. Le fait est que le bourreau connaît le pays par cœur. C'est maintenant un habitué. L'échafaud n'a même plus le don d'étonner par son apparence sinistre les habitants de Louviers ou de Bernay. Le spectacle revient presque régulièrement. On lui prête l'attention que l'on accorde à la foire, pas davantage. Accoutumés ainsi au montage de la machine, à l'arrivée du patient, à la chute du couperet, les gens de là-bas devraient, semble-t-il, regarder avec un certain sang-froid les préparatifs de l'exécution et l'accomplissement de l'acte suprême. Il n'en est pas ainsi. Une dépêche nous a appris qu'aujourd'hui même, lorsque l'on coupa le cou du nouveau Troppmann, la foule poussait des cris de mort. Nous avons, déjà protesté quand, sur la place de la Roquette, un public tout à fait spécial empoisonnait la dernière minute du condamné par des chansons obscènes. Nous nous élevons encore une fois contre les personnes qui battent des mains à l'instant où l'assassin paiera sa dette à la société. Nous n'entendons nullement exprimer une sotte sensiblerie, mais nous rappelons aux oublieux qu'il faut garder en toutes circonstances, le souci de la dignité humaine. On manifeste son enthousiasme au théâtre mais, comme l'a dit Victor Hugo, on ne parle pas trop haut à côté d'un mort. Il ne faut point insulter l'homme, si bas soit-il tombé, à l'instant où il expie.

Louis Besse.




Par Archange - 19/12/2011

La sucrerie Bouchon, à Nassandres, où M. Leblond, 37 ans, était contremaître. Caillard y travailla aussi pendant un an.


* Profitez-en donc pour aller sur le site incontournable de Boisdejustice, où vous pourrez visiter la Galerie des Veuves, la galerie des têtes perdues « Les 400 heads », etc. Dans cette dernière, Joseph Caillard est le N° 94. Il a une "bonne gueule ".
http://translate.googleusercontent.com/translate_c?hl=fr&sl=en&u=http://boisdejustice.com/Anatole/Anatole.html&prev=/search%3Fq%3Dboisdejustice%26hl%3Dfr%26client%3Dsafari%26rls%3Den&rurl=translate.google.fr&usg=ALkJrhigrAntULDVvBcVz3Srq_OiLoco7Q

* D'autre détails sur le Palmarès de Sywan, année 1898


Dernière édition par mercattore le Ven 1 Avr 2011 - 14:58, édité 11 fois
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MessageSujet: Re: Alphonse Caillard, le nouveau Troppmann - 1898   Dim 7 Mar 2010 - 17:29

Je ne sais pas où ce journaliste a "puiser" ses sources ? On ne le saura pas. Ce n'est pas le premier qui donne des chiffres erronés et il était bon qu'ils soient rectifiés, mais là, il y va fort car cela fait une différence importante. Mystère du journalisme !


Dernière édition par mercattore le Mar 15 Fév 2011 - 0:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Alphonse Caillard, le nouveau Troppmann - 1898   Lun 24 Jan 2011 - 21:36

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MessageSujet: La presse : Caillard, le deuxième Tropmann...   Lun 24 Jan 2011 - 22:14




Un crime effroyable vient d'être commis, d'une atrocité telle qu'il faut remonter au hideux Troppmann pour en avoir l'équivalent. Tous les détails en ont été connus très vite, l'assassin immédiatement arrêté ayant confessé son crime. C'est un nommé Caillard, une brute de vingt-sept ans, qui pour voler a tué six personnes parmi lesquelles trois pauvres petits enfants.
M. Leblond, excellent contremaître dans une raffinerie de sucre, occupait avec sa famille une petite maison isolée. Caillard s'y présente le soir armé de deux fusils qu'il a volés; par la fenêtre il tue Leblond en train de lire son journal; sa femme entre, elle tombe également frappée à mort ; ensuite ce sont les deux petits garçons. Gaillard les tire, dit-il, « comme des lapins. »
Ceci fait, il s'installe pour manger ; mais voici qu'il aperçoit, le regardant, effarée, une fillette, un bébé de cinq ans. Le monstre ne veut pas perdre sa poudre : il égorge la petiote avec le couteau qui servait son repas. Après quoi, parcourant la maison, il trouva dans une chambre éloignée la grand'mère des enfants clouée dans son lit par la maladie. Un dernier coup de feu le délivre d'elle.
Au matin, après ses six assassinats, le hideux Caillard rentre paisiblement chez lui.
Heureusement il est arrêté et j'espère bien qu'il sera fait de lui prompte et bonne justice.

- Le Petit Journal illustré du 10 Mars 1898 -
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MessageSujet: Re: Alphonse Caillard, le nouveau Troppmann - 1898   Ven 1 Avr 2011 - 13:14



Nassandres. Monument élevé à la mémoire de la famille Leblond.




LA COMPLAINTE DE NASSANDRES

Dans la commune de Nassandres,
Dans l’Eure tout prêt de Bernay,
Une famille habitait, père, mère,
En tout six membres,
Une fillette et deux garçons,
Etaient la joie de la maison.

Un soir le repas fini,
La famille se livrait au doux repos,
Le père lisait les journaux,
La maman couchait la fille,
L’aïeule était couchée au lit,
Et les deux garçons aussi.

Lorsqu’un bruit épouvantable,
Lorsqu’une détonation,
Retentit dans la maison,
Suivi d’un cri lamentable,
Le blond gisait sur le sol,
Avec un coup de fusil dans l’col.

A ces cris la pauvre femme,
Se précipite et reçoit,
Le second coup dans l’côté droit,
Elle tomba douleurs amères,
Sur le corps de son époux,
Lequel était mort du coup.

Sur les garçons l’être immonde,
Dirige aussitôt ses coups,
C’est fini quand tout à coup,
Une fillette une ange blonde,
En chemisette apparait,
Au milieu de ce forfait.

Sans pitié pour l’innocente,
Gaillard sinistre bourreau,
Saisissant un grand couteau,
Tue l’enfant quelle épouvante, *
Rendait belle comme un Amour, *
A l’aïeule c’était le tour.

Dans son lit la pauv’ grand-mère,
Devinant ce qui s’passait,
Sans pleurer elle gémissait,
Elle mourut la dernière,
C’est ainsi que l’assassin,
Fit six victimes de sa main.

Pour se donner courage,
Ce sinistre mécréant,
Se mit à table et buvant,
Au milieu de son carnage,
Se saoula comme un cochon,
Puis s’en retourne à la maison.

Mais on tient le misérable,
On est pas prêt de le lâcher,
On va lui faire payer,
Sa conduite détestable,
Et sitôt d’un tour de main,
Lui faire passer le goût du pain.


Source de la complainte : Site de la commune de Nassandres.

* Erreur de transcription du site de la commune ? Ces deux vers ne sont pas cohérents !

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Adelayde
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MessageSujet: Re: Alphonse Caillard, le nouveau Troppmann - 1898   Ven 1 Avr 2011 - 17:23

D'accord avec vous Mercattore :

"Tue l’enfant quelle épouvante,
Rendait belle comme un Amour, "

N'est pas cohérent. Les complaintes se transmettaient oralement, je pense que le texte originel devait être :

"Tue l’enfant que l'épouvante,
Rendait belle comme un Amour, "
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MessageSujet: Re: Alphonse Caillard, le nouveau Troppmann - 1898   

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Alphonse Caillard, le nouveau Troppmann - 1898
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