La Veuve

Forum consacré à l'étude historique et culturelle de la guillotine et des sujets connexes
 
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ARFALZ
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MessageSujet: L'exécution capitale   Dim 29 Aoû 2010 - 21:22

Bonjour,

Ce livre publié par l'Université de Provence et intitulé "L'éxécution capitale" (une mort donnée en spectacle 16 ème au 20 ème siècle) sous la direction de Régis BERTRAND & Anne CAROL en 2003 (collection "le temps de l'histoire") présente à travers 15 études historiques la perception et la mise en scène de l'éxecution en vue d'en faire une leçon salutaire. Le statut du condamné comme la persistance certes courte de la vie (?) dans la tête coupée sont étudiées.

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ARFALZ
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MessageSujet: complément   Mar 31 Aoû 2010 - 8:47

Bonjour,

Je précise que les textes publiés s'interrogeaient non sur la pertinence de la peine capitale mais sur la notion de conscience voire de douleur résiduelle après la décapitation... Une tête sans corps survit elle quelques instants. La recherche médicale utilisera les corps des suppliciés (dans plusieurs pays) pour vérifier la notion de commandes des muscles par le cerveau an branchant des électrodes sur les corps fraichement mutilé.
Ces recherches notamment faites pas l'italien ALDINI en 1802 (le principe de la pile voltaique était déjà connu) fis des expériences à TURIN, puis BOLOGNE, PARIS, MAYENCE, LONDRES, BRESLAU) en reliant une telle pile du biceps à la moelle épinière par un "arc" métallique.

La recherche française en médecine légale s'intéressa au phénomène(dictionnaire des sciences médicales 1821). En France, celà aboutira à un débat à la Société de Biologie le 11 juillet 1885 présidé par Paul BERT (qui fut Ministre de L'Instruction Publique) et qui déclara à l'assemblée que la morale et le droit primait sur la recherche médicale, et que le condamné devait bénéficier du même respect avant et après sa mort...
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MessageSujet: Re: Reférences livres   Mar 31 Aoû 2010 - 9:17

ARFALZ a écrit:


La recherche française en médecine légale s'intéressa au phénomène(dictionnaire des sciences médicales 1821). En France, celà aboutira à un débat à la Société de Biologie le 11 juillet 1885 présidé par Paul BERT (qui fut Ministre de L'Instruction Publique) et qui déclara à l'assemblée que la morale et le droit primait sur la recherche médicale, et que le condamné devait bénéficier du même respect avant et après sa mort...

A l'encontre du professeur Alexandre LACASSAGNE qui, lors du congrès d'anthropologie criminelle à Paris (1889), fait adopter du congrès les voeux suivants : « obtenir des gouvernements un accès plus facile dans les prisons et demander que les cadavres des détenus et des suppliciés soient toujours mis à la disposition de la science ».

Sans commentaires.



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ARFALZ
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MessageSujet: J'ignorais ce point   Mar 31 Aoû 2010 - 9:39

Bonjour mercattore

J'ignorais ce point. Et qu'en a-t-il été à votre connaissance? Il est vrai que la médecine au XIX ème siècle n'avait pas une viion claire du fonctionnement neurologique et cherchait désespérément semble-t-il à faire des essais nécessaires mais ce fut un débat âpre...
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MessageSujet: Re: Reférences livres   Mar 31 Aoû 2010 - 11:33

Les voeux du congrès n'ont pas été suivis, tout au moins en France, pour d'autres pays je ne sais pas (il faudrait voir tout spécialement l'Italie).
En France, il était possible de faire des recherches anatomiques sur des suppliciés, notamment à Paris dont je connais mieux l'histoire que pour la province. La demande de délivrance du corps devait être faite auprès de la Préfecture de police, qui avait déjà prévenue la Faculté de médecine de la prochaine exécution d'un condamné. Des conflits sont survenus, des condamnés exprimant leur volonté de ne pas subir d'expériences anatomiques. Leur demande était transmise au prêtre qui devait accompagner les condamnés et qui, au cimetière, en faisait part aux représentants de la Faculté. La Faculté regimbait contre ces demandes, considérant qu'elle avait un privilège. L'abbé FAURE parait avoir été le premier à obtenir auprès de la Faculté qu'un condamné ne soit pas emporté pour des expériences. Il s'agissait du condamné PRADO, qui avait exprimé le désir que son corps ne soit pas l'objet d'études anatomiques. Voir : http://guillotine.cultureforum.net/les-condamnes-a-mort-f2/les-guillotines-et-la-faculte-de-medecine-de-paris-t974.htm?highlight=facult%e9+m%e9decine
Avant lui, le condamné CAMPI n'avait pas eu cette chance (si l'on peut dire). Malgré sa demande, son corps fut l'objet de multiples recherches et expériences. L'abbé Faure a été le prêtre le plus persuasif auprès des autorités médicales et pénitentiaires pour faire respecter la volonté d'un condamné. A partir de lui, il a été plus facile aux condamnés d'obtenir le respect de leur corps.
Il est évident que ces expériences anatomiques ne pouvaient qu'être pratiquées sur des corps non réclamés par la famille.
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ARFALZ
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MessageSujet: Merci pour ses précisions   Mar 31 Aoû 2010 - 12:13

Merci mercattore pour ces précisions . Une question que je me pose tout de même , je croyais qu'au XIX ème siècle, on décapitait sur les "lieux du forfaits". Ce qui rend la récupération du corps plus hypothétiques. Je vais rergarder dans mes archives car je crois qu'un des livres que je possède détaille les endroits où l'éxecuteur en chef procède à l'exercice de la sanction suprême.

Merci encore
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MessageSujet: Re: Reférences livres   Mar 31 Aoû 2010 - 12:25

ARFALZ a écrit:
Merci mercattore pour ces précisions . Une question que je me pose tout de même , je croyais qu'au XIX ème siècle, on décapitait sur les "lieux du forfaits". Ce qui rend la récupération du corps plus hypothétiques.


Ce n'était pas le plus souvent que l'on décapitait sur les lieux du forfait, non.
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ARFALZ
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MessageSujet: Justice de sang   Mar 31 Aoû 2010 - 12:36

Pour tout vous dire, dans un livre Justice de sang (la peine de mort en Bretagne au 19 ème et 20 ème siècles), raconte les transports sur les lieux du crime mais je vais tenter de vérifier si c'était fréquent...

Je me souviens que ce livre racontais des transports "difficiles" soit en raison du condamné, soit en raison du public voulant lyncher le condamné.

A l'auberge de Peyrebeille, les condamnés furent executés sur le lieux de leurs forfaits malgré une route assez longue entre la prison de Privas et la dite-auberge.

Pour l'anecdote, j'y ai dormi une fois en revenant de vacances (dans les batiments modernes) parce que ma fille, malade en voiture et il y a beaucoup de virages, vomissait (excusez-moi pour la précision) et que nous avions jugé plus raisonnable de nous arrêter. Je la recommande d'ailleurs (c'est un motel) car les chambres étaient simples mais confortables. Et je suis toujours vivant ainsi que ma famille .. Smile sunny
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MessageSujet: Re: Reférences livres   Mar 31 Aoû 2010 - 12:43

Oui, il y a des cas où l'exécution se faisait sur le lieu de drame, mais probablement plutôt dans les premières décennies du XIXème siècle.
Quant à l'auberge de Peyrebeille, ce fait-divers a beaucoup été amplifié par des exagérations.
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Boisdejustice
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MessageSujet: Re: Reférences livres   Mar 31 Aoû 2010 - 13:45

Connaissez vous ce musee? Il semble avoir des possibilitees...

Non loin de Lyon, sur la commune de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, existe un musée exemplaire consacré à l’anthropologie criminelle et à la police scientifique et technique. Ce dernier est hébergé au sein de l’Ecole nationale supérieure de Police (E.N.S.P.), celle-là même qui prépare chaque année les cadres et commissaires de notre police nationale. Son fonds rassemble plusieurs collections distinctes d’objets et de documents insolites patiemment réunis par les pères de la criminologie (étude du comportement criminel) et de la criminalistique (étude scientifique du crime) : celles de médecine légale et d’anthropologie criminelle du Professeur Alexandre Lacassagne qui constituèrent, à la fin du XIXe siècle, les prémices d’un musée de criminologie dans les locaux de la faculté de Médecine (rue Pasteur) et celles du Docteur Edmond Locard, fondateur à Lyon du premier laboratoire de la Police scientifique et technique, accueillies dans un premier temps, au début des années 1920, dans les combles du palais de Justice !
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MessageSujet: L'affaire de PEYREBEILLE   Mar 31 Aoû 2010 - 18:47

Je suis d'accord avec vous mercattore, cette affaire a été embrouillée par des propos fantaisistes et comme le dossier du procès a disparu, il est difficile de reconstituer les exploits des époux Martin même si l'accusationn présenta plus de 130 témoins (je n'ai pu le chiffre exact mais je sis qu'il y eu beauoup de témoins).

Le domestique Rochette Jean monta sur l'échaffaud en disant "maudit maître que m'avez vous fait faire!".... La vérité ne sera jamais connu et notamment le rôle d'André MARTIN qui fut acquitté au "bénéfice du doute"...
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ARFALZ
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MessageSujet: musée   Mar 31 Aoû 2010 - 19:23

Merci Boisdejustice de nous signaler ce musée mais est il visitable et sous quelles conditions?

Bonne soirée
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MessageSujet: Re: Reférences livres   Mar 31 Aoû 2010 - 19:27

Le musée d'anthropologie criminelle était fermé au public il y a deux ans. Seuls des groupes inscrits pouvaient le visiter. Qu'en est-il aujourd'hui ? Se renseigner sur le Net.
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ARFALZ
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MessageSujet: merci mercattore   Mar 31 Aoû 2010 - 19:46

Merci du renseignement mercattore. Bonne soirée
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MessageSujet: Portraits du bourreau - Emmanuel Taïeb   Mar 31 Aoû 2010 - 23:25

Emmanuel TAÏEB - « Portraits du bourreau »

http://www-sciences-po.upmf-grenoble.fr/IMG/pdf_Portrait_du_bourreau_Labyrinthe.pdf

« Résumé : Notion et fonction de bourreau sont protéiformes. Le bourreau agit aux frontières. Il est à la fois au service de l’État et au service du peuple. Son activité s’est constituée tardivement, mais elle lui confère des droits et des avantages quand il n’est pas concurrencé par des individus ordinaires. Il est aux frontières du sacré, parce qu’il tient son pouvoir de Dieu et du profane, parce que l’aura qui l’entoure est surtout légendaire. Il est aux limites du droit, qu’il doit appliquer, et du meurtre quand la peine de mort se dévoile dans toute sa violence. Mais derrière l’imagerie traditionnelle qui est réellement le bourreau ? »
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MessageSujet: Re: Reférences livres   Mer 1 Sep 2010 - 16:41

http://www.ensp.interieur.gouv.fr/L-Ecole/Collection-criminalistique
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MessageSujet: Re: Reférences livres   Mer 1 Sep 2010 - 16:50

http://www.ensp.interieur.gouv.fr/extension/ensp/design/ensp/images/visite-virtuelle/guide_internet.pdf
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ARFALZ
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MessageSujet: Merci tito   Mer 1 Sep 2010 - 19:01

Bonjour tito

Merci d'avoir complété la réponse de mercattore... Bonne soirée à tous
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MessageSujet: Du spectacle au secret   Mer 1 Sep 2010 - 19:15

Du spectacle au secret. Les exécutions publiques entre technologie de pouvoir et sensibilités. France 1870 – 1939.

Un résumé de la thèse de Doctorat d’Emmanuel Taïeb : http://www.afsp.msh-paris.fr/activite/salontez6/rt/taieb2.pdf
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MessageSujet: Mémoires de flic   Dim 21 Nov 2010 - 11:50

Les mémoires du commissaire GUILLAUME (1872-1963).

« TRENTE-SEPT ANS AVEC LA PÈGRE »
Première édition, 1938.

RÉÉDITION
Éditions des Équateurs, Sainte-Marguerite sur Mer (76119), 2007.
On le trouve à partir de 5 euros sur Amazone ou Priceminister.

Lire :

http://moreas.blog.lemonde.fr/2007/12/07/les-souvenirs-du-commissaire-guillaume




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MessageSujet: Re: Reférences livres   Dim 21 Nov 2010 - 14:44

Excellent fil, Mercattore... d'autant que Georges est un être aussi fascinant qu'intéressant sur le plan humain... dommage qu'il soit si peu enclin à apparaitre en public !
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MessageSujet: Les criminels - Etude sur des prisonniers   Sam 18 Déc 2010 - 19:40

Extrait de LES CRIMINELS.
Etude concernant 859 condamnés de la maison centrale de Nîmes, par Dr Charles Perrier, médecin des prisons et publié dans les Archives d'anthropologie criminelle de médecine légale et de psychologie normale et pathologique, en 1913 (les italiques sont de l'auteur).

Ces 859 condamnés peuvent être groupés en 6 catégories :

1°) En tête se placent les pickpockets, chevaliers d'industrie et rats d'hôtel.

Argotiquement, un sacagne (couteau). Ici, de forme particulière, il sert à découper le poches.

Chez la plupart, l'instruction fait défaut, en revanche, ils ont l'intelligence vive. C'est à la façon de soutenir le regard qu'ils se reconnaissent. Tandis que le mecque baisse les yeux, l'ouvrier, lui, regarde hardiment et en face, tâchant de découvrir les membres de sa famille. Ceux-ci sont pour le nouveau venu une providence. Ils s'enquièrent de ses besoins, lui évitent les ennuis du bleu et le mettent à l'abri.
Il existe entre eux la plus étroite solidarité : le lettré fait la correspondance, le tailleur fournit les bérets de fantaisie et recoupe les pantalons. D'autres se chargent de procurer des petites femmes. Ce sont eux les véritables organisateurs de la camelote, les pourvoyeurs du tabac à chiquer, à priser et à fumer. Les trois quarts, il est vrai, possèdent de l'argent clandestin, enfoui dans les profondeurs du rectum. Un étui en métal leur sert de pochette (porte-monnaie). Cet étui, connu sous le nom de planq, se visse par le milieu et peut contenir jusqu'à 300 francs en jonc (or).

Plan. Grandeur nature.

Sac à double fond.

Pour rouler le guet pénitentiaire, ils ne sont pas à court de moyens. Ils font tout à petit bruit et se dérobent avec la souplesse du serpent aux exigences administratives.
Leur atelier préféré est celui où la fatigue est nulle. Ils sont en général très propres dans leur personne, souvent actifs, rarement passifs. Les vieux seuls se laissent aller parfois à jouer au bouchon. Et encore s'arrangent-ils de façon à ne pas ébruiter le secret de leurs petites manies. Ils sont si malins les ouvriers de la machinette !

2°) Cette catégorie ne manque pas de variétés :
Les individus qui la composent, faillis, banqueroutiers, employés infidèles, etc., escrocs médiocres ou faiseurs sont généralement intelligents et jouissent d'une certaine considération. Même ici, le prestige de l'éducation s'impose. C'est parmi eux que l'administration recrute les comptables, moniteurs, etc. A quelques exceptions près, leur mise est réglementaire. Ce qui les différencie des pickpockets, c'est un moindre raffinement dans les moyens employés pour se procurer « l'impossible ». Un sentiment de fierté les distingue, chez quelques-uns, il est poussé jusqu'au ridicule. D'aucuns cherchent à épater les copains par des phrases ronflantes. D'autres ne sauraient manger sans la traditionnelle serviette, ils se lèvent à minuit, s'attachent le mouchoir au cou et grignotent un morceau de pain, traduisant ainsi leur habitude de souper « au café anglais ».

Pour forcer les nigauds à les appeler « Monsieur », il en est qui appellent « Monsieur » tout le monde, ils disent : « Monsieur le balayeur », « Monsieur le vidangeur », Monsieur le voisin ». Ceux-là, quand ils se saluent, se donnent du « bon- jour, marquis », « salut, baron », etc.
Ils font bande à part, ne fréquentant volontiers que les chevaliers d'industrie.
Pleins de mépris pour le menu fretin dont la grossièreté les choque, ils se gardent de toute impolitesse à son égard et ne veulent pas entrer en discussion avec lui.
Toujours bien vus par l'administration lorsqu'ils s'acquittent de leurs devoirs, ils parviennent à favoriser des amis.
Ils les passent en consigne au comptable général qui les propose, le cas échéant : « Essayez d'un tel », dit-il. Et si les débuts sont difficiles, on se mettra à trois ou quatre pour aider le titulaire à arrêter sa fin de mois. Beaucoup en sont. On fait venir la [/i]fille[/i] à l'atelier, dimanches et fêtes, sous prétexte de travailler, et on turbine sur le flanc. Un cervelas, un fromage, quelques cigarettes, etc., sont le prix de l'opération. Quelquefois même le comptable y va à l'œil, le môme espérant ainsi gagner ses bonnes grâces.
Ils forment la société chic de la prison.
C'est là qu'on se rit des paperasseries administratives, qu'on épluche toutes les imperfections de la procédure et qu'on revise le Code deux et trois fois par an.

3°) Ici se rangent : les paysans, les ouvriers et tous ceux qu'un accident a jetés en dehors de la route, les violents chez qui la colère a pu obnubiler momentanément la raison et les individus condamnés pour crimes contre les mœurs, sujets ordinairement à des impulsions maladives.
Sans qu'il y paraisse, la plupart n'ont que du mépris pour le monde dans lequel ils sont appelés à vivre.
On les voit toujours doux, paisibles et taciturnes, ne récriminant jamais, « faisant les morts ». L'administration les qualifie : bons détenus.

4°) Vol, mendicité, vagabondage, outrages à magistrats, souvent maintes fois aussi attentats à la pudeur, tels sont les motifs de leur condamnation. Petits voyous, trimards, souteneurs timides, voilà les noms qu'on leur donne. On les rencontre éparpillés un peu partout. Sous les verrous, ils vivent sans groupement, isolés, volant leurs codétenus et se volant entre eux. Dans les situations diverses où ils se sont trouvés, quelques intervalles ont été marqués par un tel sentiment de bien-être, qu'en les remémorant, ils en sont affectés comme s'ils y étaient encore (J.-J. Rousseau).
Ils fournissent des tuyaux sur les fermes et hôtelleries de leur connaissance et s'initient à la façon de dévaliser un poivrot (ivrogne) étendu sur un banc. La grande majorité ne possède aucune instruction. Ceux qui ont l'esprit vif ne l'ont pas juste. Toutes leurs actions ont le caractère de l'insouciance. Comme malpropreté, à eux le pompon. Sans cesse ils se plaignent, ils ont toujours peur de trop travailler. C'est parmi eux que se recrute « le bataillon des demoiselles ». Les plus connues sont : « le Niston », « Marcelle », « la Lyonnaise », « leMinon », « la Cantinière », « l'Espagnole aux grands yeux », « la Négresse, à la peau noire, mais au cœur blanc ».

Au premier plan brillent deux étoiles que n'approche pas qui veut : « la belle G... » et « la parisiennes... ». Généralement, c'est à la « salle de repos » qu'elles vont se faire taper dans les baguettes. « Là, c'est franc, on peut marcher toute la nuit. » A leurs allures, on distingue aisément ces dames des autres détenus. Elles cherchent à se donner une voix douce et portent des sabots à pointes lisses et à talons Louis XV. Volontiers elles se décollètent et couchent « à poil », sous prétexte qu'il fait trop chaud.
Quelques-unes se maquillent et il n'est pas de ruses qu'elles n'emploient pour attirer à elles les pigeons de leur sexe. Une d'entre elles que la nature a moins bien traitée plastiquement que ses rivales, naguère encore, arborait crânement le strapontin, pour se donner des airs de Vénus callipyge. Toutes affichent cyniquement leur passion dégoûtante : « Oh ! ce vieux chameau ! il me donne un jupon (caleçon) tout froissé. » Ainsi parlait au prévôt qui distribuait le linge de corps, l'une de ces impudentes créatures. Elles excellent d'ailleurs dans l'art de faire « casquer » les bibassons douillards (vieux riches) et se moquent d'eux avec un micheton de leur monde.
Pour avoir leurs aises, les individus de cette catégorie vendraient père et mère; ce sont des mouchards. Ames viles, cœurs lâches, ils sont capables de toutes les infamies, de toutes les déchéances.

5°) C'est le rebut non seulement de la société, mais même delà prison.
Souteneurs avérés et voyous tragiques rentrent dans cette catégorie. Leur nombre est grand. Sous la livrée pénitentiaire perce chez la plupart une pointe de fantaisie.
De larges brides en cuir verni garnissent leurs sabots très souvent sculptés. Pour montrer leurs chaussettes bigarrées de noir, de rouge et de blanc, ils retroussent le pantalon à la façon des gentlemen. Leur béret, de travers sur la tête, a des allures de casquette par devant. Ne pouvant s'offrir une large ceinture « couleur arc-en-ciel », ils se sanglent d'une bande de flanelle blanche qu'ils font descendre très bas, au-dessous des reins. Ils prennent en marchant un grand air débraillé et gondolent le buste sur les hanches — cela s'appelle : faire la chaloupe. Dès leur condamnation, leur marmite les plaqua, aussi, se racontent-ils leurs malheurs.

Quand, par hasard, l'un d'eux reçoit une tune (écu de 5 francs) de son ancienne persilleuse, il faut voir avec quel orgueil il répand cette heureuse nouvelle. La soif de là célébrité les dévore : « Comment ! on ne me reconnaît pas ! Je suis André dit le Tonnerre. » — « Et moi, reprend un long et stupide sécot, on m'a nommé : Cervelle-le-grand. »
Et quelle morgue ! Habitués à frapper, ils veulent paraître terribles, quittes à adoucir leur voix quand ils trouvent à qui parler.
Il n'y a pas gens plus bornés ni plus têtus que ces prétendus fins d'esprit qui étalent avec un cynisme révoltant leur gros- sièreté, leur ignorance et leur présomption.
Chez eux, l'argot est très en honneur, les tatouages abondent. Pour tirer une goulée (fumer) ou griller un peu, comme ils disent, d'aucuns se priveraient du nécessaire et même donneraient un mauvais coup.
Chose curieuse, tel qui hausserait les épaules d'avoir été pris en flagrant délit de crime, rougirait d'être soupçonné d'un acte de pédérastie passive. Ils aiment à vanter le faux éclat de leurs exploits et se consolent de leur condamnation par la préparation de nouvelles affaires.
Le mal, ils le font aussi consciemment qu'ils auraient fait le bien si l'éducation et les exemples reçus avaient été autres.
Pour eux, surtout, la prison est l'école du vice.

6°) En général, les peines infligées pour crime anarchiste (attentats ou actes préparatifs) ne sont pas subies sous le régime de la vie en commun. A l'exception d'un seul, les individus considérés comme anarchistes ont été condamnés pour des faits étrangers à ce crime.
Anarchistes ! mais six sur huit ne le sont pas. Et s'ils ont parfois affiché des idées subversives, c'a été par pose ou dans le but d'exploiter la bonne foi des anarchistes convaincus. Il est même à croire que les seules idées de réforme qui ont pu germer dans leur cerveau visaient les perfectionnements à apporter aux divers systèmes de perforation des coffres-forts, le vol qualifié étant, communément, leur principal moyen d'existence.

Contrairement à ces faux anarchistes, les deux autres — les vrais, ceux-là — sont portés à l'étude et ne manquent pas d'intelligence. Ils ne cherchent pas à faire d'adeptes, la prison les rend plutôt réservés. L' un d'eux possède quelque instruction. Les détenus au milieu desquels ils vivent les déclarent excellents camarades et d'une conduite toujours franche et correcte.
« Je suis étonné, nous écrit un rat d'hôtel, de l'importance que le gouvernement a donné aux attentats anarchistes, persuadé que la plupart des explosions, qui ont eu lieu à Paris, en 1893 et 1894, n'ont pas eu pour auteurs des anarchistes, Emile
Henri et Vaillant exceptés.
« Ces attentats ont été le fait de malfaiteurs se disant anarchistes et voulant se venger des rigueurs de la justice en l'effrayant.
« Je connais en effet un café — lieu de réunion des voleurs — qui a servi d'officine pour la préparation des engins explosifs.
« De là, partaient les lettres anonymes (composées au milieu de grands éclats de rire) à l'adresse des membres du parquet. « Quelques-unes de ces lettres furent prises dans le sérieux, et, au grand contentement de tous, la police garda pendant plusieurs semaines les maisons des citoyens menacés.
« Lors du procès Ravachol, le président du jury de la Seine en reçut trois en pleine audience.
« C'est bien à tort qu'on les mit sur le compte des anarchistes. »


Un détenu de Nîmes.

Le docteur Perrier et des détenus de Nîmes.
La salle de discipline de la maison centrale de Nîmes.

Crée en 1875, en vue de réprimer la paresse, elle pouvait contenir 28 hommes. Elle renfermait un nombre égal de bornes-sièges, en pierre, avec un couronnement en bois cerclé de fer, autour desquelles les détenus punis devaient marcher 8 heures et demie par jour, à raison de 90 pas minute, représentant un trajet de 25km. Chaque demie-heure de vie était suivi d'un quart d'heure de repos. Le gardien était séparé des détenus par un grillage en fer.
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Kashima
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MessageSujet: Justinien Trouvé   Mar 28 Déc 2010 - 15:07

Je n'ai pas lu le livre, mais ce film m'a vraiment marquée (mort d'un des acteurs hier, d'ailleurs, Donnadieu).
A part la guillotine, il me semble qu'il y a aussi le supplice de la roue...
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MessageSujet: Re: Reférences livres   Mar 28 Déc 2010 - 20:13

Bonsoir et bienvenue,

Le livre ("Dieu et nous seuls pouvons")est à lire a-bs-o-lu-ment.

Non seulement c'est le meilleur roman écrit sur ce sujet, mais en plus Folco (l'auteur) écrit remarquablement bien en réussissant parfaitement à nous plonger dans cette époque.

D'une part Folco est parfaitement documenté, d'autre part il distille ça et là les expressions de l'ancien temps qui font que l'on n'a (presque) plus l'impression de lire un roman, mais plutôt un livre d'histoire.

La suite des aventures est également remarquable à mon sens (même si j'ai un peu moins apprécié le dernier opus).

J'attends un nouveau livre de Folco avec impatience (et je ne suis pas le seul). sunny

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MessageSujet: Justinien Trouvé   Mar 28 Déc 2010 - 21:32

Je ne connais pas du tout, mais ça donne envie!
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