La Veuve

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 La Carlingue - Pierre Bonny, Henri Lafont... 1944

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MessageSujet: Re: La Carlingue - Pierre Bonny, Henri Lafont... 1944   Sam 26 Juin 2010 - 18:19

tito a écrit:
http://andrepousse.free.fr/Pigalle2.htm sur ce site la bande est citée.

Sacré Pousse. Il a eu des fréquentations dangereuses.
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MessageSujet: Re: La Carlingue - Pierre Bonny, Henri Lafont... 1944   Sam 26 Juin 2010 - 19:19

Le Photographe a écrit:
concernant la Bezenn Perrot(du nom de l'abbé assassiné par un FTP),un bouquin très interessant,et assez pondéré car le sujet est encore chaud bouillant en 2010
il existait aussi un autre groupe:bagadou stourn je crois?
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MessageSujet: Re: La Carlingue - Pierre Bonny, Henri Lafont... 1944   Sam 26 Juin 2010 - 21:14

je la connais. Je l"ai en mémoire sur l'ordi.
Bonny est passé en premier avec Delval et Haré (ou Pagnon ?)
Lafont, après. Bizarre, je ne le reconnais pas sur l'exécution.


Dernière édition par mercattore le Dim 4 Juil 2010 - 0:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Carlingue - Pierre Bonny, Henri Lafont... 1944   Sam 26 Juin 2010 - 22:16

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MessageSujet: Re: La Carlingue - Pierre Bonny, Henri Lafont... 1944   Sam 26 Juin 2010 - 22:47

Le journal L'HUMANITÉ en date du 27-12 mentionne bien « Ce matin va être exécuté etc.».
Je ne crois pas au 26, un lendemain de NOËL, pour les préparatifs d'exécution cela n'aurait pas été terrible comme date.
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MessageSujet: Re: La Carlingue - Pierre Bonny, Henri Lafont... 1944   Sam 26 Juin 2010 - 22:50

ce qui me frappe,c'est la rapidité de leur éxécution
décembre 44,c'est la bataille des ardennes,la guerre n'est pas terminée
ils connaissaient trop de vacheries sur beaucoup de monde,donc ça arrangeait tout le monde
d'ailleurs,il me semble que les archives de l'instruction sont verrouillées à double tour.............
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MessageSujet: Re: La Carlingue - Pierre Bonny, Henri Lafont... 1944   Sam 26 Juin 2010 - 22:58

Bien sûr, mais Lafont n'a pas cracher grand chose, à ce qu'il parait. Mais pour l'avenir, on ne savait pas ? Et n'oublie pas que ces cours de justice étaient plutôt expéditives. Vérouillées, c'est sûr, peut-être même, disparues...


Dernière édition par mercattore le Sam 26 Juin 2010 - 23:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Carlingue - Pierre Bonny, Henri Lafont... 1944   Sam 26 Juin 2010 - 23:08

il y a eu la même crainte avec le procès de "Mr JO" Joanovici
pas mal de monde a du flipper qu'il ne balance des infos très compromettantes et croustillantes
d'ailleurs,chez les épurateurs,la seule chose que je trouve interessante,c'est la date à laquelle ils entrés en résistance(il suffit de voir petiot,loutrel qui se retrouvent dans le lot:ça fait désordre Very Happy )
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MessageSujet: Re: La Carlingue - Pierre Bonny, Henri Lafont... 1944   Sam 26 Juin 2010 - 23:12

Les résistants de la dernière heure, ils se bousculaient au portillon, c'est vrai. 🐒
Joanovici, il a tellement mangé à tous les rareliers, celui-là !


Dernière édition par mercattore le Dim 27 Juin 2010 - 11:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Carlingue - Pierre Bonny, Henri Lafont... 1944   Dim 27 Juin 2010 - 9:40

Le Photographe a écrit:
ce qui me frappe,c'est la rapidité de leur éxécution
décembre 44,c'est la bataille des ardennes,la guerre n'est pas terminée
ils connaissaient trop de vacheries sur beaucoup de monde,donc ça arrangeait tout le monde
d'ailleurs,il me semble que les archives de l'instruction sont verrouillées à double tour.............
la cellule de bonny a été entierement vidée tout de suite après son éxécution(la manie de bonny de tout noter .)!
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MessageSujet: Re: La Carlingue - Pierre Bonny, Henri Lafont... 1944   Dim 27 Juin 2010 - 21:04

je reviens sur une boulette: Zeller et Munoz n'ont pas fait parti de la bezen perrot,je suis allé un peu vite sur mon poste
un petit topo sur Zeller:

Zeller Louis-Maurice, dit " Marc Evrard", ex responsable de la LVF dans les côtes du nord, vient prendre la tête d’une unité à Pontivy de FAT (Frontaufklärung Truppe) à l’été 1944, spécialisée dans la chasse aux maquis, très actifs dans le Morbihan (printemps et été 1944 très chauds dans le Morbihan, on pourrait parler d’été meurtrier, avec un très grand nombre d’exactions).
De plus les forces anti maquis sont un mélange hétéroclite constitué de membres du KDS (Kommando der SIPO-SD) de Rennes (et leurs antennes dans différentes villes de Bretagne) dépendant du BDS (BEFEHLSHABER der SICHERPOLIZEI und des SICHERHEITSDIENST Direction de la police de sûreté et du service de sécurité) sous les ordres du Standartenfürer Helmut Knochen, de policiers de l’Ordnunspolizei, de la Feldgendarmerie, de la Geheime Feld-Polizei, d’agents de la Nebenstelle (abwehr) et j’en passe, appuyés par des troupes régulières, des  Russes blancs, des miliciens, la Bezen Perrot, le Kommando de Landernau, des GMR je ne suis pas certain, sans compter le lot habituel d’indics, de balances et d’indiscrétions ou de gaffes aux portées tragiques…..ça fait du monde ,bien sur si vous étiez arrêtés, ces braves gens vous faisaient cracher vos aveux en même temps que vos dents.

Cela représente une pression très importante sur les maquis Morbihannais secondés par des paras SAS depuis plusieurs mois, d’où de nombreux accrochages armés, des fermes et des maisons incendiées, des otages, des arrestations qui entrainent de nombreuses déportations, ainsi qu’un cortège de fusillés (comme ceux découverts à la citadelle de Port-Louis en face de Lorient ou le massacre de Landordu).
Il est parfois difficile de donner un qualificatif précis à telle ou telle personne, car parfois ils ont plusieurs casquettes, comme Zeller. On ne sait plus s’ils sont miliciens ou agents du Sipo-SD ou les deux à la fois.

Le 12 juillet 1944 au petit jour, ferme de Keryhuel à Plumelec dans le Morbihan, une dizaine d’hommes du SD et du FAT, dont, Fischer, le capitaine Herr, Hermann Peter dit Pierre Lyon, Zeller, Manoz, Munoz et Denis, se garent à 1.5 Km de la ferme et progressent sans bruit, investissent les lieux et capturent des paras SAS et des FFI dont le capitaine Marienne para SAS.
18 sont assassinés face contre terre, dont 7 parachutistes SAS, 8 FFI et 3 cultivateurs.
Ils auraient certainement aimé mettre la main sur le commandant puis Lieutenant-colonel des SAS Bourgoin (dit le manchot), mais lui il est passé auparavant à travers les mailles du filet (on le voit sur les champs Elysées lors du défilé de la victoire en tête des paras SAS).

Ce type d’unité très mobile comme les FAT, ou la bezen perrot, est assez proche des brigades Nord-Africaines de Laffont et terriblement efficace (plus que les allemands à mon avis, entre autre pour infiltrer les maquis ou les réseaux de renseignements).
D’ailleurs Laffont est responsable de la chute de nombreux réseaux
Zeller sera fusillé à Rennes en mai 1946, Munoz aussi il me semble.
Nombreux sont ceux qui passeront à travers les mailles du filet, dont Célestin Lainé réfugié en Irlande (certainement de nombreux liens avec le Sinn Fein).
je vous propose cette photo,avec Zeller à droite,Munoz à gauche,posant comme devant des trophés à une partie de grande chasse en afrique dans les années 30
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MessageSujet: Re: La Carlingue - Pierre Bonny, Henri Lafont... 1944   Lun 28 Juin 2010 - 22:11

une petite confirmation:sur la photo ,le second en partant de la gauche est Gross,et lui ainsi que Munoz ont été fusillés en même temps que Zeller
cette photo avec les cadavres à leurs pieds a été trouvée sur un officier allemand.Elle a été utilisée comme preuve à leur procès

JP,concernant Lafont et Bonny, quelques autres de leurs sbires:
Riri l’américain un proxo, Jean le manchot, Gueule d’or,, Robert dit le « le fantassin », Daniel Hirbes dit « la rigole », Estebéteguy un tueur, dit « Adrien la main froide » qui sera « soigné » par le docteur Petiot, Paulo du Helder dit « la gamberge », Chaves dit « nez de braise », (ça en dit long sur les types……) , Raymond Richard , Delahaye (mort à Fresnes durant le procès de 1944 de coma diabétique), ainsi que Labussière et Lascaux chargés de la surveillance et du gardiennage rue Lauriston condamnés aux TF à perpétuité au procès de décembre 1944.
Lafont dira au procès : « Mr Bonny veut tout rejeter sur les autres. Regardez comme il se fait petit dans le box. »

Une confirmation,Exécution le 27 12 1944 :
3 voitures cellulaires quittent Fresnes à 9 H 15.
Entre 10 H et 10 H 10 tout est fini pour : Haré, Bonny, Delval, Villaplane, Engel, Pagnon (chauffeur de Lafont), Clavié et Chamberlin dit Lafont.

Au sujet des Brigades nord africaines :El-Maadi (futur cadre FLN) en est le recruteur : 5 sections de 40 à 50 hommes sur Belfort, Montbéliard, Tarbes, Tulle et Périgueux (dans cette ville, commandés par Mathieu Fiovarenti dit Napo, Jean Del Capo dit Dumas et Jean Vinas (3 repris de justice), fusillés le 2 mai 1945).
Delaplanne est connu sous le nom de Lieutenant Alex à périgueux.

Le 11 juin 1944, à Mussidan, suite à une attaque contre un convoi allemand, Humbrecht et Willy 2 membres de la gestapo de Périgueux arrivent avec 30 hommes de ces brigades nord africaines, ils prennent des otages et en assassinent 50.
Plusieurs membres de ces brigades nord africaines sont exécutés en mai et juin 1945, dont Haddek Ben Keddi dit « Blanchette » Cam le 12 avril 1945.

Comme le dit je ne sais plus qui,"Celui qui ne connaît pas son passé est condamné à le revivre".
bonne soirée
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MessageSujet: Re: La Carlingue - Pierre Bonny, Henri Lafont... 1944   Lun 28 Juin 2010 - 22:32

Bonsoir,

Merci à vous pour tous ces précieux renseignements.

Cordialement

H. DESMOREST
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MessageSujet: Re: La Carlingue - Pierre Bonny, Henri Lafont... 1944   Lun 28 Juin 2010 - 22:41

Oui, tu vois, l'exécution a bien eu lieu le 27.
Clavié Paul, était le neveu de Lafont.
Knochen s'en est bien tiré, et Oberg aussi. Je n'ai jamais compris l'octroi des grâces qui leur ont été accordées !
Pour el-Maadi, futur cadre FLN ? Cela m'étonne. Il semble me souvenir qu'il est mort au début des années 50. J'avais fait un papier sur lui mais je l'ai foutu malencontreusement à la poubelle.


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MessageSujet: Re: La Carlingue - Pierre Bonny, Henri Lafont... 1944   Lun 28 Juin 2010 - 23:04

JP,le procès de Oberg et Knochen arrive tard,la guerre froide on est en plein dedans,et je crois qu'on ne veut plus réouvrir les nombreuses blessures accumulées durant ces années d'occupation,mais ils vont passer un temps assez long en prison sous un régime particulier pour eux
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MessageSujet: Re: La Carlingue - Pierre Bonny, Henri Lafont... 1944   Lun 28 Juin 2010 - 23:11

jp,pour el maadi,jette un oeil à ma doc,ils en parlent je crois
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MessageSujet: Re: La Carlingue - Pierre Bonny, Henri Lafont... 1944   Lun 28 Juin 2010 - 23:42

je dédie ce post à un cousin germain de mon grand-père maternel dont le chemin s'est arrêté un jour de juillet 1944 dans la campagne Bretonne,en revenant d'un parachutage à St Marcel
il avait 24 ans
fermez le ban
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MessageSujet: Re: La Carlingue - Pierre Bonny, Henri Lafont... 1944   Mar 29 Juin 2010 - 12:44

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MessageSujet: Re: La Carlingue - Pierre Bonny, Henri Lafont... 1944   Mar 29 Juin 2010 - 20:14

Le 30 août 1944, Bonny et Lafont sont arrêtés dans une ferme de Seine-et-Marne, grâce aux indications de l'homme-caméléon milliardaire, Josep Joanovici. L'instruction est menée par M. Gebinis et les policiers Clot et Levitre sont chargés de l'enquête et de l'interrogatoire de Lafont et Bonny. Bony donnera beaucoup de renseignements, espérant se dédouaner en partie de ses agissements.

Le procès de Lafont, Bonny et de dix autres complices de la Carlingue s'ouvre le vendredi, 1er décembre 1944, à la * Cour de Justice de la Seine (située au Palais de justice de Paris). Il va durer douze jours.

* Deux ordonnances, du 26 juin et du 28 novembre 1944, instituèrent ces cours de justice pour juger les auteurs d'actes commis entre le 16 juin 1940 et la date de la Libération qui révélaient une intention de favoriser les entreprises de l'ennemi.

— Les jurés étaient tirés d'une liste établie par un magistrat et par deux délégués du comité de Libération.
— Le pourvoi en cassation était possible, ainsi qu'une demande de grâce.



1er décembre 1944. Ouverture du procés Bonny-Lafont. Lafont, Bonny, Haré, Clavié, Engel, Villaplana (cinquième à partir de Lafont), Delehaye.

— Président : Ledoux.
— Ministère public : le commissaire du gouvernement, Marcel Reboul.

Le Jury : le président Ledoux et quatre jurés (normalement choisis parmi des personnes ayant à leur acquit des faits de résistance…)

Les quatre jurés :

Un chef de la voirie
— Un horticulteur
— Un épicier
— Un employé de la ATCRP (future RATP)





Lafont (Paris[/b], 22-04-1902) et Bonny (Bordeaux, 29-01-1895).

Douze prévenus comparaissent :

— Lafont Henri ( Chamberlin Henri, alias Normand, dit)
— Bonny Louis
— Clavié Paul (neveu de Lafont)
— Delehaye Edmond
— Delval Charles
— Engel André
— Haré Louis
— Labussière Jacques
— Lascaux Jean (neveux de Louis Bonny)
— Pagnon Louis (chauffeur et garde du corps de Lafont)
— Tate Maurice
— Villaplana Alexandre (ancien international de football)

Lafont et Delval ont choisi comme défenseur maître René Floriot. Cet avocat, un des grands du barreau, dont la notoriété ira grandissante, s'occupe en même temps de la cause d'un autre prévenu qui finira sous le couperet de la Veuve, en 1946, Marcel Petiot. Bony a également choisi un excellent avocat de l'époque, Charles Delaunay.

Au cours du procès, les quelques témoignages produits en faveur de Lafont, par maître Floriot, ne contrecarrent pas les dépositions des dizaines de témoignages qui lui sont défavorables, mais Lafont assume entièrement sa responsabilité totale. Maître Floriot, procédurier habile, essaie de faire valoir qu'étant de nationalité Allemande, Lafont doit être jugé par un tribunal militaire, mais sans résultats.

Bonny, avec toutes les révélations qu'il a faites à l'instruction, espère échapper à la peine capitale — ce que lui avait laisser espérer les policiers — mais trop de faits et de témoignages l'accablent, et son passé d'ex-policier véreux n'aide en rien à améliorer la vision qu'il donne de son parcours de vie.

Le mardi, 12 décembre, le verdict tombe. Neuf condamnations à la peine de mort sont prononcées à l'encontre de : Lafont — Bonny — Clavié — Delval — Engel — Haré — Pagnon — Tate — Villaplana

— Deux à la peine des travaux forcés à perpétuité : Labussière et Lascaux. Agés de 20 et 22 ans, ils étaient les cadets des autres condamnés. Leur moindre "pédigré" criminel, et leur jeunesse, ont probablement fait qu'ils ont pu éviter la peine de mort.
— Delehaye est décédé au matin du 12.

Le 27 décembre 1944, huit hommes sont fusillés au fort de Montrouge (fort enclavé sur la commune dArcueil, dans le département du Val-de-Marne) :

Lafont — Bonny — Clavié — Delval — Engel — Haré — Pagnon — Villaplana

( Tate été gracié pour faits de résistance, accomplis avant son ralliement à Lafont)

Pour Bonny et Lafont, les sources indiquant leur ordre de passage lors des exécutions sont contradictoires :
a) En premier : Bonny, Haré, Delval. Ensuite : Lafont, Pagnon, Villaplana, Clavié, Engel.

b) En premier : Lafont, Clavié, Engel.


2012-04-05 par Adelayde

Entrée du fort de Montrouge. Début du XXème siècle.

Les forts de la banlieue sud de Paris ont été des lieux d'exécution, notamment celui de Montrouge pour les condamnés à mort par la Cour de Justice de la Seine, après la Libération. Cela s'explique par la situation géographique de la prison de Fresnes, située en banlieue sud de Paris, et de la prison de la Santé, proche de la banlieue sud. Miliciens, Collabos tortionnaires (Massuy [Georges Delfane - 01-10-1947] etc.), membres de la Carlingue (Danos, Monange 14-03-1952), Agents infiltrés, (le redoutable Jacques Desoubries - décembre 1949 - etc.), Intellectuels compromis (écrivains, Lucien REBATET(1), Paul Chack, Georges Suarez, Robert Brasiliach, etc.) ont été passés par les armes dans l'enceinte de ce fort.
Au début des années soixante, c'est au fort d'Ivry que furent fusillés des membres de l'OAS, partisans de l'Algérie française : Roger Degueldre (créateur des réseaux Delta de l'OAS), exécuté le 06-06-1962, et le colonel Jean-Marie Bastien-Thiry (attentat contre le général de Gaulle), dernier fusillé de France, le 11-03-1963).



2012-04-05 par Adelayde

Entrée du fort d'Ivry.


D'autres membres de l'OAS, Claude Piegts et Albert Dovecar, ont été fusillés le 06-06-1962, au fort du Trou-d'Enfer, à Marly-le-Roi (Yvelynes).
Au l'ouest de Paris, pendant la guerre, c'est au fort du Mont-Valérien, à Suresnes (Hauts-de-Seine), que furent fusillés par les Allemands des centaines de résistants (groupe Manouchian, Honoré d'Estienne-d'Orves, etc.)




2012-04-05 par Adelayde

Entrée de la forteresse du Mont-Valérien.

Des exécutions de collaborateurs (Joseph Darnand, Jean-Harold Paquis, Jean Luchaire, etc.) eurent également lieu au fort de Chatillon (Hauts-de-Seine), situé aussi en banlieue sud de Paris (fort disparu).

* A rappeler : mars 1941 — Lafont obtient la nationalité allemande. Il est nommé capitaine dans la Wehrmacht.
Il sera ensuite incorporé à la SS, du SNDAP (Parti national socialiste allemand).

« Au début, cette histoire ne me plaisait guère. Si l'un d'en face des résistants m'avaient proposé quelque chose, je l'aurais fait. Et je n'aurais pas fait de cadeau aux fritz. Seulement, voilà, des résistants à l'époque, je n'en ai pas connus, j'en ai pas vu la couleur. Je ne savais même pas ce que c'est. »
Lafont, à l'un de ses avocats.

« La rue Lauriston ?… Une légende, monsieur le Président. »
Lafont, au procès.[/b]

1) RECTIFICATION[/b] : L'ami Pierrepoint m'a rappelé que Rebatet Lucien avait été gracié par le président Vincent Auriol. Qu'il en soit remercié. Wink


Dernière édition par mercattore le Ven 9 Juil 2010 - 11:32, édité 17 fois
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MessageSujet: Re: La Carlingue - Pierre Bonny, Henri Lafont... 1944   Jeu 1 Juil 2010 - 10:16

Le Photographe a écrit:
une de leurs grandes amies,Violette Morris,très grande sportive d'avant guerre,qui prenait son pied en interrogeant elle même les femmes juives arrêtées par leurs soins
elle son parcours s'est arrêté en avril 44 au volant de sa traction 15 CV,d'une rafale de sten dans la tête(ordre du BCRA,ses 3 passagers étant eux aussi tués dans l'action)

D'après Patrice Miannay, * l'exécution de V. Morris a été entachée d'une bavure. Je cite :
« sur les cinq personnes exécutées à ses cotés, s'il y avait deux adultes, qui étaient ses indicateurs, ils étaient accompagnés de leur deux fils, deux adolescents, et de leur gendre, sympathisant de la Résistance. »

* Dictionnaire des agents doubles dans la Résistance, Éditions Le cherche midi, Paris, 2005.
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MessageSujet: Re: La Carlingue - Pierre Bonny, Henri Lafont... 1944   Jeu 29 Juil 2010 - 18:42

On sait que la Carlingue a été infiltré par des éléments à "double casquette", dont le but était d'apporter des renseignements à des mouvements de la Résistance concernant son organisation. Voici l'exemple d'un infiltré appartenant au réseau Morhange , mouvement de Résistance toulousain chargé de combattre le contre-espionnage allemand et la Gestapo. Ce réseau procédait également à l'élimination physique d'agents de renseignements français qui collaboraient très activement avec les services de répression allemands.



Marcel Taillandier. Alias Morhange.
Fondateur du réseau Morhange.
Abattu lors d'un contrôle allemand,
le 11 juillet 1944.



Extrait du rapport, au réseau Morhange, de l'infilré Roland Sicard , commissaire à la Brigade de surveillance du territoire :

« De son véritable nom Henri Chamberlain, alias Henri des Gobelins (1), forçat évadé (2), âgé de 35 à 36 ans, taille 1m 80 environ, élégant, glabre, le teint brun, est le grand chef de l'organisation. Il a pour principaux lieutenants, avec le nommé Robert Morand, trois policiers véreux, tous trois révoqués : Bonny, ex-inspecteur principal de la Sûreté nationale, qualifié « 1er policier de France » par le ministre Chéron lors de l'affaire Stavisky, Bernolle, alias Mathias,ex-inspercteur de la Sûreté nationale, Mailhebiau, ex-inspecteur de la P-J, ayant appartenu au S.R du RNP (3). Lafont emploie également comme agents : Dimitroff, récemment exécuté à Paris, Jean Sartore, dit Sartori , Alexandre Villeplane, dit Alex, ex-international de la football association, Casoba ou Casauba, spécialisé dans la région de Bordeaux avec le nommé Esterbagi, (4) dit « Adrien le Basque », Serge de Lentz, (5)« le cambrioleur mondain », Benoit Bernier, propriétaire de plusieurs maisons closes dans la région lilloise, Marcel Dusser, propriétaire de cinéma dans l'Aisne, Max Shoder, chargé de la liaison avec l'équipe Placke, Robert Mora, Roger Vidal, Robert Gablory, Lucien Prévost, Michel Chave, Bruneau, Robert Bassus, madame Hartoux. Lafont a pour maîtresse la nommée Jeanine Duflos, en contact avec le ressortissant Hollandais Seleen chargé des tractations d'or et des devises étrangères. Lafont et ses hommes rétribués par les Allemands, pillent pour leur propre compte au cours des perquisitions qu'ils effectuent, partageant avec l'équipe Placke (6) une partie du produit de leurs rapines.
« le « Sturmbbanführer » Placke a pour bras droit, le nommé Barth, assisté du nommé Bratisch.
« Lafont opère par ses équipes volantes sur tous les points du territoire occupé. Son PC est au 93 de la rue Lauriston, Paris 16ème. L'adresse du nommé Barth est 84 avenue Foch, (7) Paris 16ème (tel. Passy 94 53). »


1) Chamberlain était né bd de Port-Royal, proche de l' avenue des Gobelins, voie très vivante du XIIIème arrondissement de Paris.

2) Condamné à la relégation il était en fuite et n'était donc pas parti au bagne.

3) RNP : Rassemblement National Populaire. Mouvement collaborateur fasciste crée par Marcel Déat (ancien député socialiste).

4) Adrien Estebetegi. Il disparut en 1943, éliminé probablement sur ordre de Lafont. Ses bagages ont été retrouvés dans l'hôtel particulier du Dr Petiot, rue Lesueur.

5) Serge de Lentz. En fait, il travaillait dans l'équipe de tortionnaires de Frédéric Martin, alias Rudy de Mérode, dont le siège était au 70 avenue Maurice Barrés, à Neuilly-sur-Seine.

6) Joseph Placke. Il était rattaché à la section radio (Gestapo, IVème division), sous la direction de Joseph Goetz. Ce dernier était un as du Funkspiel (jeu radio), retournement d'un radio ennemi et continuation d'émettre, mais sous directives allemandes.

7) Siège de la IVème division de la Gestapo. Commandant : Karl Boemelburg (jusqu'en novembre 1943). Disparu à la fin de la guerre, il ne fut jamais retrouvé. Ami de Lafont.
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MessageSujet: Re: La Carlingue - Pierre Bonny, Henri Lafont... 1944   Jeu 5 Aoû 2010 - 10:47

mercattore a écrit:
Le journal L'HUMANITÉ en date du 27-12 mentionne bien « Ce matin va être exécuté etc.».
Je ne crois pas au 26, un lendemain de NOËL, pour les préparatifs d'exécution cela n'aurait pas été terrible comme date.
Bonjour, Mercattore !
En farfouillant dans le Palmarès, ai trouvé ce qui suit ( Etant naturellement fainéant, n'ai pas procédé à une étude exhaustive ! ) :
1) 31/12/1898, Vacher, dernière de Louis Deibler.
2) 24/12/1913, Monvoisin.
3) 31/12/1920, Carré.
4) 24/12/1927, Ben Naceur.
5) 26/12/1931, Gauchet.Dans ce dernier cas, Anatole a dû réveillonner avec sa
" commission " sur son bureau...
Bonne journée, et bien amicalement.
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MessageSujet: Re: La Carlingue - Pierre Bonny, Henri Lafont... 1944   Jeu 5 Aoû 2010 - 11:16

Oui, bien sûr pour Gauchet, mais l'exécution n'était que pour un seul homme, alors que dans la cas qui nous intéresse ce n'est plus du tout le cas. D'ailleurs, pour Gauchet j'avais relevé son exécution en ces termes : « Il sera condamné à le peine de mort par les Assises de la Seine le 15-10-1931 et exécuté boulevard Arago le 26-12-1931 (le lendemain de Noël !) par Anatole Deibler.» Voir ce topic :
http://guillotine.cultureforum.net/les-condamnes-a-mort-f2/georges-gauchet-futur-guillotine-du-bd-arago-t352.htm?highlight=gauchet


Dernière édition par mercattore le Mer 11 Aoû 2010 - 22:07, édité 1 fois
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Bill
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MessageSujet: joyeux noel Anatole   Jeu 5 Aoû 2010 - 15:17

mercattore a écrit:
Oui, bien sûr pour Gauchet, mais l'exécution n'était que pour un seul homme, alors que dans la cas qui nous intéresse ce n'est plus du tout le cas. D'ailleurs, pour Gauche,t j'avais relevé son exécution en ces termes : « Il sera condamné à le peine de mort par les Assises de la Seine le 15-10-1931 et exécuté boulevard Arago le 26-12-1931 (le lendemain de Noël !) par Anatole Deibler.» [/b] Voir ce topic :
http://guillotine.cultureforum.net/les-condamnes-a-mort-f2/georges-gauchet-futur-guillotine-du-bd-arago-t352.htm?highlight=gauchet

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Date confirmée par Marcel Montarron dans son excellent livre " Tout ce joli monde" dont je recommande la lecture.

Page 77 : "l'exécution de Gauchet eut lieu le 26 décembre . c'était le lendemain de Noel". Montarron a assisté à l'exécution

http://www.alamaisondupasse.fr/F_frame.html?http://www.alamaisondupasse.fr/Tout_ce_joli_monde__F_art_1619.html

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MessageSujet: histoire de deux crapules   Jeu 5 Aoû 2010 - 15:35

pierrepoint a écrit:
Bonjour, Lalonde !
Essayez de vous procurer "Histoire de la Gestapo française" (Je n'ai plus l'auteur en tête Embarassed ...) ou "Tu trahiras sans vergogne" de Philippe Aziz.
Bonnes recherches !

Le bouquin de philippe Aziz est excellent malgré ses 40 ans . c'est un ouvrage de référence sur la question. Il figure sur le site présenté ci-joint/


http://archivesbidard.free.fr/poches/Le_Lvre_de_Poche_2.htm

l'autre bouquin de référence "trafics et crimes sous l'occupation" de Jacques delarue

http://www.priceminister.com/offer/buy/18997202/Delarue-Jacques-Trafics-Et-Crimes-Sous-L-occupation-Livre.html


Bravo à tous les posteurs . le sujet a été richement analysé et traité !
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MessageSujet: Re: La Carlingue - Pierre Bonny, Henri Lafont... 1944   

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