La Veuve

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 Les bagnes de Nouvelle-Calédonie

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MessageSujet: Les bagnes de Nouvelle-Calédonie   Ven 1 Jan 2010 - 23:08

Les images de ce fil ont disparu accidentellement, j'ai pu en retrouver une partie.
Adelayde queen



2012-04-10 par Adelayde

Superficie : 18575km2
Population : 246000 habitants
Capitale : Nouméa : 97580 habitants (2009)

Nombre de condamnés ayant "séjourné" en Nouvelle-Calédonie ( 1864-1898 ).

HOMMES
Transportés : 20000
Relégués : 10000 (à partir de 1885 )
Déportés : 4500 (en majorité, condamnés pour leur participation à la Commune de Paris de 1871).

QUELQUES DATES :
1853 - 24 septembre — Prise de possession de la Nouvelle-Calédonie. Elle est instaurée colonie française, ainsi que ses dépendances.
1863 - 2 septembre — Décret affectant la Nouvelle-Calédonie comme lieu d'exécution de la peine des TRAVAUX FORCÉS.
Le taux de mortalité en Guyane étant trop élevé, le décret de 1863 stipule de diriger dorénavant les transportés européens en Nouvelle-Calédonie (le climat de cette dernière est plus sain qu'en Guyane, en outre son grand éloignement de la métropole est jugé plus satisfaisant. Les transportés non européens sont toujours dirigés sur la GUYANE.
1864 - 9 mai — Arrivée du PREMIER CONVOI de transportés, parti de Toulon le 2 janvier. 250 hommes (triés au bagne de Toulon) entrent en rade de Nouméa, sur le navire L'IPHIGÉNIE. Ils sont installés sur l'île NOU et chargés de préparer les installations nécessaires aux futurs arrivants.
Le gouverneur M. Charles Guillain, capitaine de vaisseau, nommé en 1862 premier Gouverneur de la Nouvelle-Calédonie, constatant que leur nombre est insuffisant pour démarrer la colonisation pénale par la création d'un centre pénitentiaire agricole réclame instamment de nouveaux convois.
1864 - 20 mai — La totalité de L'ILE NOU est affectée comme Colonie pénitentiaire
1866 - 14 juillet — Le navire la SYBILLE débarque à Port-de-France (Nouméa) 220 transportés.
1867 — Le navire L'IPHIGÉNIE débarque 248 transportés, la SYBILLE 188 , et L'ISIS 148.
Le nombre de convois se maintiendra ensuite à deux à trois par an.
1867 - Avril — Arrivée des bois de justice qui vont remplacer la fusillade pour les exécutions capitales.
La région de BOURAIL est choisie par le gouverneur, en 1867, pour l'implantation du centre pénitentiaire agricole.
1870 — La population pénitentiaire de la Nouvelle-Calédonie se chiffre à 2600 .
1872 PREMIER CONVOI de femmes, par le navire la VIRGINIE.
1872 - 23 mars — Loi désignant L'ILE DUCOS comme lieu de DÉPORTATION dans une enceinte fortifiée, et l'île des PINS comme lieu de déportation simple (et l'île Marée, en cas d'insuffisance).
1872 - 29 septembre — Par la DANAË, arrivée de 187 déportés politiques ayant participé à la Commune de Paris.


2012-04-10 par Adelayde

Le Bateau-bagne la DANAË.





2012-04-10 par Adelayde

Déportés politique à l'île des Pins.

1880 - 11 juillet — Loi relative à l'amnistie des condamnés ayant pris part aux évènements insurrectionnels de 1870-1871 (Commune de Paris) et aux évènements insurrectionnels postérieurs (sauf pour les condamnés à mort et les condamnés aux travaux forcés pour crimes et incendies).
1883 — Les bagnes sont placés sous la direction du ministère des Colonies. Ils dépendaient auparavant du ministère de la Marine.
1886 - 3 mars et 3 octobre — Décrets créant à OBOCK (aujourd'hui sur le territoire de la République de Djibouti) des établissements pour l’exécution de la peine des travaux forcés destinés aux forçats d’origine arabe, indienne ou africaine.
1886 - 20 août — Décret qui désigne l'île des PINS comme lieu de relégation collective .
1886 7600 transportés et 2900 libérés sont présents en Nouvelle-Calédonie.
1887 - 24 janvier — Arrivée du premier convoi de relégués, 300, par le VILLE DE SAINT-NAZAIRE.
1887 - 15 avril  — Décision prescrivant de n’envoyer en Nouvelle-Calédonie que les condamnés à moins de huit ans.
1889 - 12 février — Décret qui désigne la baie de Prony (au sud de Nouméa) comme lieu relégation collective .
1889 - 4 octobre — Décret relatif à l'établissement d'un Tribunal Maritime Spécial
1889 - 16 novembre — Décret attribuant au ministre des Colonies la décision finale du choix de la colonie, sur proposition de la commission permanente du régime pénitentiaire (la Guyane pour les transportés les plus dangereux, la Nouvelle-Calédonie pour les autres).
1895 - 9 février — Loi désignant Ducos et les îles du Salut comme lieu de déportation en enceinte fortifiée pour les déportés politiques.
1897 - 25 février — Arrivée du 75ème et DERNIER CONVOI de transportés. Il débarque aussi 167 relégués dont 29 femmes.
1897 — 15200 transportés et 10500 libérés sont présents en Nouvelle-Calédonie.
1900 - 19 décembre — Décret portant sur la modification des articles 17 et 43 du décret du 4 septembre 1891 et supprimant la double boucle (colliers enserrant les deux chevilles) en tant que punition disciplinaire.
1902 — Dernière exécution capitale d'un transporté en cours de peine par la guillotine.
1909 - 22 avril — Décret désignant Ducos comme lieu de relégation collective.
1911 - 24 novembre  — Loi désaffectant l'île des Pins comme lieu de déportation simple pour les condamnés politiques.
1913 - 29 janvier — Décret désignant une partie de l'île Nou comme lieu de relégation.
1916 - 11 juillet — Décret relatif à la formation d’un établissement de la déportation à MARÉ.
1923 - 28 juillet — Loi désignant le Camp central de l'île Nou comme lieu de déportation des condamnés politiques.
1931 - 31 mars — Loi désaffectant la Nouvelle-Calédonie comme lieu d’exercice de la déportation et affectant l’île du DIABLE pour la déportation en enceinte fortifiée et l’île ROYALE pour la déportation simple.
1931 - 1er mai — Décret désaffectant la Nouvelle-Calédonie comme lieu d’exécution de la relégation.
1931 - 2 août — Décret désaffectant la Nouvelle-Calédonie comme Colonie pénitentiaire.
1960 - 4 juin  — Ordonnance supprimant la déportation .


LES FEMMES

(Selon la loi de 1854 les femmes condamnées aux travaux forcés ne sont pas astreintes à la transportation. On encourage donc leur départ volontaire ainsi que pour les condamnées à la réclusion et à la prison ).

Le premier convoi de transportées arrive par la Virginie, en 1872. Célibataires pour la plupart, elle viennent des prisons centrales de la métropole. Elles ont été informées qu'elles étaient destinées à se marier au cours de leur "séjour" en Nouvelle-Calédonie.

Nombre de condamnées ayant "séjourné" en Nouvelle-Calédonie (1870-1898)

(A partir de 1898 , les convois à destination de la Nouvelle-Calédonie ont été définitivement arrêtés).

Transportées : 200
— Reléguées
: 457 (à partir de 1895)
Emprisonnées : 250
Réclusionnaires : 85
Déportées : 24 ( (1873-1880)

Lieux de détention des femmes :

* Bourail ( 1870-1913 ) : Couvent tenu par les soeurs de Saint-joseph de Cluny.
Transportées
— Réclusionnaires
— Emprisonnées.


* Presque île Ducos ( 1880 )
Déportées dans une enceinte fortifiée.

* Ile des Pins
Déportées simples (1880)
Récidivistes.

* Ilôt Brun ( 1912 )
Récidivistes.
(En outre, par un arrêté du 10 mai 1873, l'îlot BRUN avait été affecté à un centre de transit pour les femmes transportées).


Guillain, premier Gouverneur de la Nouvelle-Calédonie.

* Pour les exécutions capitales en Nouvelle-Calédonie, voir ce topic :
http://guillotine.cultureforum.net/les-condamnes-a-mort-f2/executions-executeurs-executes-en-nouvelle-caledonie-t1558.htm

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MessageSujet: Les exécutions capitales en Nouvelle Calédonie   Sam 5 Juin 2010 - 17:45

Rappel :

Le 24-09-1853 — Prise de possession de la Nouvelle-Calédonie. Elle est instaurée colonie française, ainsi que ses dépendances.

Le 02-09-1863 — Décret affectant la Nouvelle-Calédonie comme lieu d'exécution de la peine des travaux forcés.

Le 09-05-1864 — Arrivée d'un premier convoi de 250 transportés par l'IPHIGÉNIE.

Le 22-11-1866  — Décret. Article 20 « Tout jugement portant condamnation à la peine de mort ne pourra être exécuté sans l’autorisation formelle et écrite du Gouverneur . »

Le 29-09-1872 — Arrivée d'un premier convoi de déportés de la Commune de Paris, par la DANAË.

Le 24-01-1887 — Arrivée d'un premier convoi de 300 relégués, par le VILLE DE SAINT-NAZAIRE.


LES CONDAMNATIONS À LA PEINE CAPITALE

Toute condamnation à la peine capitale prononcée en Nouvelle-Calédonie était examinée par un Conseil, primitivement appelé Conseil d'administration et par la suite, Conseil privé. Il était composé de huit membres, dont cinq membres, fonctionnaires ou militaires en poste, et deux membres civils, comme par exemple, des commerçants libres, colons, choisis par le Gouverneur de la Colonie. Ce dernier présidait le Conseil.
Les circonstances de l'homicide, la vie passée du condamné, ses antécédents judiciaires, son comportement à la transportation, les chances de son amendement etc. étaient exposés et commentés par les membres du conseil, puis l'on passait au vote. La question finale était alors posée, variant selon les séances : « Faut-il procéder à l'exécution immédiate ? ou bien : « Le condamné parait-il au conseil digne d'indulgence ? ».

Au vu de différents procès-verbaux des séances du Conseil d'administration, il apparait que l'appel à la clémence du Chef de l'État ne se faisait qu'à partir de quatre votes en sa faveur. Ultérieurement, le décret du 12-12-1874 , fixera à deux voix le minimum requis pour que l'appel à la clémence du chef de l'État soit obligatoire (voir : Modifications concernant le Conseil privé).


LES CONDAMNÉS À MORT

1) DU BAGNE

Les TRANSPORTÉS
:

1) LES TRANSPORTÉS EN COURS DE PEINE DES TRAVAUX FORCÉS : Ils étaient justiciables de la peine de mort par les Conseils de guerre (deux en Nouvelle-Calédonie), et à partir de 1890 par le Tribunal Maritime Spécial (TMS *). Les condamnés pouvaient déposer un recours auprès du Conseil de révision permanent de la Colonie . L'application de la peine de mort se fit d'abord par fusillade et ensuite, à partir de septembre 1867, par la guillotine.

* LE TRIBUNAL MARITIME SPÉCIAL : Il fonctionna à partir du 01-01-1890. La première exécution capitale, suite au jugement de ce tribunal, fut celle de HORTION Jean, matricule n° 15876, guillotiné le 12-09-1890.


2) LES TRANSPORTÉS LIBÉRÉS : Ils étaient justiciables de la peine de mort par les Conseils de guerre, et le furent ensuite par un tribunal civil (Cours d'assises). Les transportés à temps (moins de huit années de travaux forcés) qui avaient terminé l'exécution de leur peine étaient encore astreints à résider sur la Colonie un temps égal à celui auquel ils avaient été condamnés (le doublage). En outre, une fois leur temps d'astreinte à résidence effectué, leur véritable libération n'était effective qu'en étant classé 4ème catégorie-2ème classe à la fin de leur doublage et la levée de leur astreinte à résidence expressément ordonnée. Le statut de transporté libéré n'impliquait donc pas une pleine liberté. Le libéré pleinement libre qui désirait regagner la France devait le faire à ses frais, sauf dans de rares cas où l'administration acceptait de régler le rapatriement.
L'application de la peine de mort se fit d'abord par fusillade. L'exemple ci-dessous explique pourquoi :
Au cours de la séance du Conseil privé réuni le 26-06-1873 pour examiner le dossier du condamné à mort, MOREL Jacques, transporté libéré, le Commissaire du gouvernement prend la parole :

« je n'hésite pas à demander l'exécution de la sentence, malgré le sentiment que j'éprouve en demandant pour le cas qui nous occupe aujourd'hui l'application de la peine de mort contre le libéré Morel, en pensant qu'au lieu de la mort ignominieuse et infâme qu'il mériterait comme tous les individus de sa catégorie, si son exécution est ordonnée, il mourra fusillé par un peloton de militaires, et cela par la suite d'une lacune* dans l'article 239 du code de justice maritime, par ce que, lorsque ce code a été discuté, voté, puis promulgué en 1858, le législateur ne pouvait prévoir le cas ou les Conseils de guerre seraient un jour, comme dans cette Colonie pénitentiaire, appelés à juger puis condamner à mort les libérés des travaux forcés pour crime de droit commun, parce que sans cela, il est probable, et même certain, que l'on eut introduit et édicté pour eux, dans l'article 239, le même genre de mort que celui que l'on conservait pour les pirates et les forçats ».

Par la suite, deux transportés libérés, BIDEAUX Pierre et ARRIGHI Pierre, furent exécutés au moyen de la guillotine en 1891 et en 1909.

* Article 239 du code de justice maritime : « Tout individu condamné a mort par un Tribunal de la marine sera fusillé. Les forçats et les pirates condamnés à la peine de mort auront la tête tranchée.»


LES DÉPORTÉS

— LES DÉPORTÉS POLITIQUES (principalement issus des évènements de la Commune de Paris de 1871) : Ils étaient Justiciables des Conseils de guerre.

a) — DÉPORTÉS SIMPLES (sans astreinte au travail).
L'application de la peine de mort s'effectuait par fusillade

b) — DÉPORTÉS EN ENCEINTE FORTIFIÉE (sans astreinte au travail).
L'application de la peine de mort s'effectuait par fusillade.

c) — DÉPORTÉS ASTREINTS AUX TRAVAUX FORCÉS (droits communs). L'application de la peine de mort s'effectuait par la guillotine.


LES RELÉGUÉS (premier convoi arrivé en 1887) : Les relégués, condamnés à mort, l'ont d'abord été par le Tribunal maritime spécial (SRIR-ben-ALI-ben-MOHAMED, exécuté le 07-09-1899), puis par une Cour d'assises (DJELLOUL-ben-MILOUD, exécuté le 08-03-1923). L'application de la peine de mort s'effectuait par la guillotine.


LES MILITAIRES. L'application de la peine de mort s'effectuait par fusillade (leur condamnation à mort était, comme pour toutes les condamnations à mort, examinée par le Conseil d'administration, ou privé).


LES CIVILS : Ils étaient justiciables des Tribunaux criminels, des Cours criminelles, de la Cour d'assises (Nouméa) L'application de la peine de mort s'effectuait par la guillotine


MODIFICATIONS CONCERNANT LE CONSEIL PRIVÉ :

— Décret du 12-12-1874 — Son article 57 indique :

« Le sursis est de droit lorsque deux voix au moins se seront prononcés pour que l'appel à la clémence du chef de l'État suive son cours. »

Si le vote du Conseil privé ne comportait pas ce minimum de deux voix, l'appel à la clémence au chef de l'État ne se faisait pas et l'ordre d'exécution était donné mais, pour des raisons mal connues, la peine de mort ne fut pas appliquée dans tous ces cas.

— Circulaire ministérielle du 01-04-1880 (présidence de Jules GRÉVY) : Cette circulaire abroge le décret de 1874, et mentionne qu'il doit être sursis à toute exécution de sentence capitale prononcée par un Conseil de guerre, le dossier complet de la procédure devant être transmis immédiatement [à Paris] avec l’expression de l'avis du Conseil privé sur les circonstances qui pourraient conduire, soit « à laisser la justice suivre son libre cours, soit à appeler la clémence du Chef de l’Etat. » Le Conseil privé perdait donc tout pouvoir de décision, le vote de ses membres étant supprimé et son avis n'étant le plus souvent plus pris en compte par Paris. Sous cette présidence, les exécutions capitales en Nouvelle-Calédonie se firent nettement moins nombreuses, comme d'ailleurs en Guyane et en métropole.

10-03-1893 — Réunion du Conseil privé. Le Conseil décide la suppression de la lecture de la sentence de mort faite en présence du condamné, devant la guillotine, jugeant qu'elle aggravait inutilement son supplice en le faisant durer plus longtemps.

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Dernière édition par mercattore le Mer 27 Oct 2010 - 13:54, édité 9 fois
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MessageSujet: Les exécutions capitales en Nouvelle Calédonie   Sam 5 Juin 2010 - 21:58

EXÉCUTEURS ET EXÉCUTÉS (Exécuteurs : Il est assez difficile d'obtenir des informations sur ces hommes particuliers qui ont exercé en Outre-mer. En voici cependant quelques uns qui ont activé la Veuve ou qui ont participé à des exécutions, ou à leur préparation, en Nouvelle-Calédonie).
Liste non exhaustive, avec de nombreuses lacunes, bien entendu.

Le 30-12-1858 Première exécution capitale en Nouvelle-Calédonie. Le grand chef kanak, BOUEONE, est passé par les armes (de nombreuses exécutions de Kanaks suivront celle de Boueone, par fusillade et, à partir de 1868, par la guillotine, suite aux révoltes kanaks de 1868 et 1878.

Le 02-09-1859 — : Exécution à Hiengène, par fusillade, des anglo-américains BILLY Samuel, BILLY Williams et BAILEY Frederic, colons ayant participé à la révolte des kanaks contre les Français.

Le 06-10-1861 — Exécutions de deux fusiliers disciplinaires, ALBERT Alexandre et SEVIN Emile Charles Pierre, pour voies de fait envers un supérieur. Ils sont fusillés à Port-Louis (ancien nom de Nouméa), dans la baie des Anglais.

Le 17-06-1865 — Première exécution d'un transporté en cours de peine. BOURIFÉ Alexandre Charles. Il est fusillé par un peloton de 12 gardes-chiourme du pénitencier. Cette exécution, effectuée par des hommes inexpérimentés, est qualifiée d'horrible par les témoins ((les militaires ne pouvaient procéder à ces exécutions de transportés).


La première guillotine, livrée en 1867.

Le 21-04-1867 — Arrivée de la guillotine sur l'île. Personne ne sachant la faire fonctionner, * les fusillades se poursuivent (exécutions des transportés en cours de peine, CHEVREL René François et SALMÉ ** Pierre Antoine).

* « La guillotine a été montée hier. La lenteur avec laquelle le couteau tombe et la manière irrégulière dont il glisse donne des craintes sur le résultat de l'opération. D'autre part, il a été impossible de trouver un bourreau…» (Procès-verbal du Conseil d'administration, en date du 22-04-1867).

** SALMÉ : Il semble bien que ce condamné avait usurpé l'identité d'un véritable Pierre Salmé, et ce, avant sa condamnation en métropole.

Le 25-09-1867 — Première exécution capitale au moyen de la guillotine.

Exécuteur : PETIT. Quadruple exécution des civils néo-hébridais, SOBRES, MATAPON, SOUPESALE et TIVER, à la presqu'île Ducos,. Ces quatre hommes avaient été condamnés pour un quintuple assassinat (famille de quatre personnes, dont deux enfants de 1an et 4 ans, et un domestique).
Petit se suicida en 1874.

Voir également le topic : Petit, premier bourreau du bagne :
http://guillotine.cultureforum.net/ces-messieurs-du-petit-matin-f5/petit-premier-bourreau-en-nouvelle-caledonie-t1539.htm

MEYER (sans précision du prénom).

Successeur de Petit. Egalement chargé par l'Administration pénitentiaire de frapper les forçats à coups de martinet en cas de manquement au règlement disciplinaire, fonction appelée correcteur . Cette peine était d'une dureté extrême. De nombreux témoignages corroborant le mentionnent. Lire, par exemple, le témoignage du déporté-transporté Henri BRISSAC : http://www.photomaniak.com/upload/show.php/975495_BRISSACFOUET.pdf.html
Meyer exerça peu de temps.

AMBARRECK (sans précision du prénom).

Mentionné exécuteur en 1874. Exerça également la fonction de correcteur. Assassiné par le forçat Delfaut.

BRISSAC Henri

Il est mentionné aide-exécuteur.
D'après Mme Michèle Dubois de Greslan, il militait contre la peine de mort et, par représailles, les autorités le contraignirent à participer au montage de la guillotine. Il s'agit certainement de Henri BRISSAC, déporté-transporté, issu de la Commune de Paris de 1871, matricule 5160, et interné en Nouvelle-Calédonie de juillet 1872 à septembre 1879. Il est l'auteur d'un livre SOUVENIRS DE PRISON ET DE BAGNE (1880) et d'ouvrages de poésie. Dans son livre, H. Brissac ne mentionne pas cette fonction forcée, mais il a pu l'omettre par le ressentiment d'une humiliation dégradante. Après sa libération, il dirigea plusieurs journaux d'opposition.

GUERINO (sans précision de prénom). Recherches à effectuer.

LEDOUX (sans précision du prénom).

Exécuteur à son corps défendant. Mme Michelle Dubois de Greslan (1) relate qu'il fut appelé par le directeur de la transportation qui lui tint ses propos :
« Condamné Ledoux, comme vous savez enlever la tête aux officiers, je vous ai choisi pour que vous enleviez celle des condamnés à mort. »

Ledoux avait été condamné aux TF à perpétuité pour avoir défiguré à coups de hache un officier qui l'avait frappé). Mme Dubois de Greslan précise qu'il fut ramassé sans connaissance à sa première exécution. Il se serait évadée pour l'Australie, qu'il aurait atteint après 19 jours de mer. A confirmer. José-Louis Barbancon (2) ne le mentionne pas dans les évasions réussies.

MACÉ Jean-Louis.

Le plus célèbre de la Nouvelle Calédonie. Probablement le seul exécuteur de tous les bagnes d'outre-mer à avoir été médiatisé en carte postale avec mention de son patronyme. Condamné aux TF à perpétuité pour le meurtre de sa femme. Alcoolique notoire. Macé n'avait pas la moindre parcelle d'humanité. Pour lui, tous les condamnés étaient à guillotiner. Il est mentionné exécuteur de 1882 (date à revérifier pour ses débuts d'exécuteur, deux sources sérieuses étant contradictoires) à 1905, année de son décès.

Voir également le Topic : L'exécuteur de l'île Nou et sa Veuve http://guillotine.cultureforum.net/ces-messieurs-du-petit-matin-f5/l-executeur-de-l-ile-nou-et-sa-veuve-t429.htm?highlight=mac%E9

L'exécution du transporté THAISE Arthur, le 26-02-1902, fut la première a être pratiquée avec la nouvelle guillotine, livrée cette année-là.

Sous réserve de renseignements complémentaires, on dénombre actuellement entre l'arrivée de cette nouvelle guillotine, en 1902, et le décès de l'exécuteur MACÉ (le 14-11-1905), trois exécutions capitales :

1) THAIZE. Exécuté le 26-02-1902.

2) NORMAND. Exécuté le 13-06-1902. Transporté de 1ère classe, matricule n° 14744. Le dernier transporté exécuté en cours de peine. Condamné à mort par le TMS pour meurtre, avec préméditation et guet-apens, sur un co-détenu, crime commis dans l'île Art, lieu de résidence des lépreux. Le Conseil Privé, réuni le 10-06 pour déterminer quelle suite donner à cette condamnation décide, à l'unanimité, de laisser la justice suivre son cours. Le 12-06, le gouverneur ordonne l'exécution de Normand pour le 13-06, à 6h du matin, sur l'île NOU.

L'îLE ART : une léproserie avait été établi sur cette île, en 1892. Contrairement à ce qui est indiqué dans divers articles concernant cette léproserie, cette dernière n'a pas été désaffectée en 1898. Normand, lépreux,* y résidait en 1901, année où il a commis son crime. Le procès-verbal officiel, rendant compte de la réunion du conseil privé sur le cas Normand, le 10-06-1902, en fait foi. En réalité, la léproserie fut désaffectée à partir de 1913 et transférée à Ducos Undu (arrêté du 29-05-1913). Normand était un récidiviste du crime, ayant déjà commis à l'île d'Art, en 1898, un meurtre à peu près similaire à celui de 1901. Il avait également été condamné à quinze ans de TF par le TMS, pour évasion et vols qualifiés. En métropole, le tribunal l'avait condamné à une peine de huit années de TF pour vols qualifiés, ce qui lui avait valu de partir en Nouvelle-Calédonie.

* On racontait que Normand s'était inoculé volontairement la lèpre ! Des écrits sur le bagne mentionnent ce fait pour plusieurs condamnés.

3) WILLIAM (indien). Exécuté le 04-10-1902 (civil).

Sauf empêchement par maladie, ces trois exécutions, avec la nouvelle guillotine, ont donc été pratiquées par MACÉ.

RIEUSSET (sans précision de prénom). Ou RIEUSSEC.

Successeur de Macé, dont il était l'un des aides. Il effectua l'exécution du condamné DASMA (un civil indien), pratiquée le 08-01-1906, à NOUMÉA, dont le Bulletin du Commerce, du 09-01, termine ainsi la relation :

« Le couteau tombe avec un bruit sourd, la section du cou est absolument nette, très peu de sang a jailli. Le bourreau satisfait de son ouvrage, par un geste large, salue deux fois les assistants et la foule, la pénible impression de la précédente exécution est effacée, il pourra, tout à son aise, affirmer que Macé, son prédécesseur, ne savait pas travailler aussi bien que lui. »

Le Gouverneur de l'île, M. C. Rognon, et le Colonel, commandant supérieur des troupes, avaient voté pour l'appel à la clémence du Chef de l'État. Le dossier de DASMA fut donc envoyé à Paris, mais le président de la République, Emile LOUBET, ne signa pas le recours en grâce. Dans le procès-verbal de la séance du Conseil privé réuni pour examiner le dossier Dasma, en date du 06-07-1905, le Gouverneur avait ainsi motivé son appel à la clémence du Chef de l'État :

« J'ai émis un avis favorable pour la grâce de Dasma parce qu'en principe je ne suis pas partisan de la peine de mort, mais je déclare que c'est en me plaçant au point de vue philosophique seul et non parce que je trouve dans la cause des circonstances atténuantes que je me suis prononcé pour l'appel à la clémence au chef de l'État.»

Le Colonel avait motivé de même son appel à la clémence du Chef de l'État.

Rieusset est également mentionné pour l'exécution de ARRIGHI Pierre, exécuté le 08-11-1909, à Nouméa.


PATUROT (sans précision de prénom).

Il est mentionné pour les exécutions des Kanaks OUÉ Emile et TIATEIN Doui, pratiquées le 08-10-1920, devant la prison civile de NOUMÉA. Il est probablement l'exécuteur des condamnés javanais, GIMIN et SADIJO, guillotinés le 04-12-1920, devant la prison civile de NOUMÉA.

JULIAN (sans précision de prénom). Recherches à effectuer.
.
DALSTEIN (sans précision de prénom). Aides : SOULAS - AMAT.

Il est mentionné pour les exécutions de ABDELKADER Joseph et BOUDELLAL Ali, pratiquées le 23-05-1933, devant la prison civile de NOUMÉA.

Un JAVANAIS inconnu. Recherches à effectuer.

Il est mentionné pour l'exécution d'ASTI, pratiquée le 25-05-1934, à NOUMÉA.
La guillotine avait du être mal montée, le Bulletin du commerce relatant que le couperet s'était abattu trois fois avant la décollation complète.

(1) Aujourd'hui exposée au musée de Bourail. Elle a servi jusqu'en 1940 (exécution, le 10-05, d'un ancien forçat, le javanais MATMOESIN, probablement à la prison civile aménagée en 1940 au camp est de l'île NOU, la prison civile de NOUMÉA ayant été désaffectée en 1939.

De la date d'exécution de THAIZE, le 26-08-1902, à celle de MATMOESIN, en 1940, on dénombre actuellement (recherches complémentaires à poursuivre) 15 exécutions capitales pratiquées en Nouvelle-Calédonie avec cette nouvelle guillotine. Elle fut également utilisée pour la sextuple exécution de PORT-VILA, aux Nouvelles-Hébrides, en 1931 (certains sites mentionnent que cette septuple exécution fut effectuée avec la guillotine de 1867, ou avec une guillotine comportant le couperet de celle de 1867. C'est très probablement une erreur).



Les six guillotinés Tonkinois de PORT-VILA (noms relevés sur leur pierre tombale commune au cimetière de Port-Vila), auteurs d'assassinats commis aux Nouvelles-Hébrides.

Ils avaient été emprisonnés en Nouvelle-Calédonie, à la maison d'arrêt de Nouméa. Le 25-08, ils furent embarqués sur le LAPÉROUSE, conduits à Port-Vila, et guillotinés le 28-08, sur la place de La milice française .
Exécuteur inconnu.

(2) Le 12-12-1931, fut exécuté, à NOUMÉA, un autre transporté, le javanais TEMON. Sa condamnation avait été prononcée pendant la période où il effectuait une peine de TF comme transporté, mais à la date de son exécution la condition de transporté n'existe plus, le décret du 02-08-1931 ayant désaffecté la Nouvelle-Calédonie comme colonie pénitentiaire (promulgué par l'arrêté du 08-10-1931).


La deuxième guillotine, livrée en 1902.

Liste, non exhaustive, des CONDAMNÉS À MORT EXÉCUTÉS en Nouvelle-Calédonie, au XXème siècle (1902-1940). Guillotine de 1902.

THAIZE Arthur, le 26-02-1902 (Transporté - TMS)

NORMAND Etienne Marie, le 13-06-1902 (Transporté - TMS - dernier transporté exécuté en cours de peine)

WILLIAM John, le 04-10-1902 (civil - Cours d'assises)

KANADRA (ou Kenadra), mentionné par MONSEIGNEUR : http://guillotine.cultureforum.net/ces-messieurs-du-petit-matin-f5/dans-la-serie-des-beaux-ratages-kanadra-noumea-1905-t1022.htm?highlight=kanadra Exécuté à Nouméa le 06-12-1905.

DASMA, le 08-01-1906 (civil - Cours d'assises)

ARRIGHI Pierre, le 08-11-1909 (Forçat libéré - Cours d'assises)

OUÉ Emile, le 08-10-1920 (civil. Participant à la grande révolte des kanaks, débutée en 1918. Cours d'assises)

TIATEIN Doui, le 08-10-1920 (civil. Participant à la grande révolte des kanaks, débutée en 1918. Cours d'assises)

GIMIN, le 04-12-1920 (civil - Cours d'assises)

SADIJO, le 04-12-1920 (civil - Cours d'assises)

DJELLOUL-ben-MILOUD, le 08-03-1923 (Relégué - Cours d'assises)

TEMON, le 12-12-1931 (Ancien Transporté - TMS)

ABDELKADER Joseph, le 23-05-1933 (civil - Cours d'assises)

BOUDELLAL Ali, le 23-05-1933 (civil - Cours d'assises)

ASTI, le 25-05-1934 (civil. Evadé, alors qu'il purgeait une peine de 20 ans de TF pour crime. Pendant cette évasion, il commit un double crime - Cours d'assises)

MATMOESIN, le 10-05-1940 (civil évadé alors qu'il purgeait une peine de 10ans de TF. Pendant cette évasion, il commit un meurtre - Tribunal Militaire spécial)
Dernière exécution capitale en Nouvelle-Calédonie. .

Lieux où a fonctionné la guillotine.
Liste non exhaustive.

A NOUMÉA :

— Place Courbet — Boulevard Extérieur (en face, ou à proximité de la Prison civile) — Sur les quais — Au débarcadère des bateaux en provenance de l'île NOU, (au bout de la rue Montebello, aujourd'hui avenue Paul Doumer).

Dans les communes de : DUCOS — PUEBO — DUMBÉA — Pénitencier de L'ÎLE NOU —



L'ancienne prison civile de NOUMÉA, édifiée en 1881. Aujourd'hui, CENTRE D'ART de la ville.

NOUVELLES-HÉBRIDES (PORT VILLA)

— BUI VAN BUOC
, le 28-07-1931 (civil - Cours d'assises)

— N'GUYEN HUU DOC, le 28-07-1931 (civil - Cours d'assises)

— N'GUYEN HIEP, le 28-07-1931 (civil - Cours d'assises)

— CAO NAM LOI, le 28-07-1931 (civil - Cours d'assises)

— LE DAC QUACH, le 28-07-1931 (civil - Cours d'assises)

— VU VAN QUE, le 28-07-1931 (civil - Cours d'assises)




Les Nouvelles-Hébrides, aujourd'hui le VANUATU, (plus de 80 îles), à 540 km de La Nouvelle-Calédonie.

1) Michelle Dubois de Greslan JUSTICE EST FAITE 1998, Nouméa.

2) José-Louis Barbancon L'ARCHIPEL DES FORÇATS. Histoire du bagne de Nouvelle-Calédonie (1863-1931). Presses Universitaires du Septentrion, 2003. Préface de Michèle Perrot.

A suivre Arrow
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MessageSujet: Pierre Arrighi, exécuté en Nouvelle Calédonie   Lun 26 Juil 2010 - 16:55

Bonjour,
j'ai déjà abordé cette question mais je me permets de la réitérer ici : quelqu'un aurait-il des informations sur un exécuté du bagne de l'île Nou, en 1909 du nom de Pierre Arrighi.
(à titre indicatif, cet Arrighi doit être corse, comme votre serviteur, ce qui explique ma curiosité !).

Merci d'avance.
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MessageSujet: Re: Les bagnes de Nouvelle-Calédonie   Lun 26 Juil 2010 - 21:17

Simplement ceci : Arrighi Pierre, forcat libéré, condamné par la cour d'assises de Nouméa et exécuté le 08-11-1909, à Nouméa, par le bourreau Rieusset.. Exécution publique.

Mentionné ici :
http://guillotine.cultureforum.net/les-condamnes-a-mort-f2/les-executions-capitales-en-nouvelle-caledonie-t1558.htm#14082

Le Journal La France australe a relaté l'affaire Rieusset et son exécution mais le texte est long à reproduire.
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MessageSujet: Re: Les bagnes de Nouvelle-Calédonie   Lun 26 Juil 2010 - 21:31

Merci pour cette réponse... même si, horreur, je n'avais pas mis la question dans le bon forum.
Qu'entendez-vous par "affaire Rieusset ?"
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MessageSujet: Re: Les bagnes de Nouvelle-Calédonie   Lun 26 Juil 2010 - 23:43

C'est un lapsus, je voulais dire "affaire Arrighi".






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MessageSujet: Re: Les bagnes de Nouvelle-Calédonie   Mar 27 Juil 2010 - 0:11

Quelques renseignements complémentaires :

Pierre Arrighi était né en 1859, à Rospiglioni, arrondissement de Corte, de Jean-Marc et Françoise Ristori.
En corse, il avait été condamné le 01-12-1884, par la cour d'assises de Bastia, à la peine des travaux forcés à perpétuité pour tentative de meurtre.
Une décision du président de la République, Jules Grévy, en date du 18-04-1885, réduisit sa peine à 12 années de travaux forcés, qu'il effectua donc en Nouvelle-Calédonie sous le matricule n° 10147. Avant son arrestation, sa dernière adresse était Pouembout.

La cour d'assises de Nouméa le condamna, le 23-03-1909, à la peine de mort pour complicité, par aide et assistance et par instructions données, de trois assassinats et de deux incendies volontaires de maisons habitées. Après sa condamnation, le dossier Arrighi, libéré 1ère classe, a été examiné par le Conseil privé de la colonie réuni le 05-04-1909. Je ne sais pas si le Conseil à transmis le dossier au président de la République pour examen ou s'il a décidé seul de l'exécution (il fallait au minimum deux voix favorables pour que le dossier soit transmis à Paris).
Il est mentionné, par la presse, que Arrighi est allé à la guillotine avec courage.








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MessageSujet: Re: Les bagnes de Nouvelle-Calédonie   Mar 27 Juil 2010 - 0:18

Bonsoir,

Merci Mercattore pour ces informations.

Concernant l'exécution d' Arrighi, voici ce qu'en dit le "Sydney Morning Herald " du 29 novembre 1909

http://newspapers.nla.gov.au/ndp/del/article/15094654?searchTerm=execution+by+guillotine

Cordialement

H. DESMOREST
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MessageSujet: Re: Les bagnes de Nouvelle-Calédonie   Mar 27 Juil 2010 - 9:18

Bonjour et merci à vous pour le rigueur et la précision de ces informations et documents. L'article en lien m'ouvre d'ailleurs d'autres pistes, les complices de Arrighi étant probablement eux aussi originaires de corse.
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MessageSujet: Re: Les bagnes de Nouvelle-Calédonie   Mar 27 Juil 2010 - 14:21

Je vous posterai dans 2-3 jours, un complément d'infos sur Arrighi et ses trois complices, dont deux étaient effectivement originaires de Corse. Il s'agit de Pierre GRIMIGNI et de Mathieu SANTACROCE. Le troisième complice était une femme, Henriette ROUMAGNE, femme Voisin.


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MessageSujet: Re: Les bagnes de Nouvelle-Calédonie   Mar 27 Juil 2010 - 14:26

Merci. J'attends ces documents avec impatience. J'ai consulté les archives en ligne de la presse australienne et j'ai appris que cette bande avait été surnommée la bande rouge.
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MessageSujet: Re: Les bagnes de Nouvelle-Calédonie   Mar 27 Juil 2010 - 14:29

Exact, c'était bien son nom.
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MessageSujet: Re: Les bagnes de Nouvelle-Calédonie   Mer 28 Juil 2010 - 17:50

Compléments d'infos en ce qui concerne la condamnation de Pierre Arrighi.

Son dossier a bien été transmis à Paris. Plusieurs mois ont été nécessaires avant que la décision présidentielle soit prise. La Commission des grâces voulant connaitre des détails sur sa première condamnation en Corse (meurtre sur son beau-frère) avait demandé son dossier à Bastia, ce qui avait nécessité un délai supplémentaire. Le gouverneur, trouvant que l'attente était trop longue pour le condamné, avait par humanité cablé à la chancellerie pour essayer d'accélérer la situation car Arrighi attendait depuis avril la décision.

La dépêche ministérielle informant de la décision du président de la République est parvenue par le navire Ville de la Ciotat, le vendredi 5 novembre, tard dans la soirée. L'exécution ne pouvant se faire le lendemain samedi par manque de temps et le dimanche étant exclu des jours d'exécution, c'est donc le lundi 8 novembre que Arrigi a été guillotiné. .
La guillotine fut installée sur la partie nord du quai de Nouméa, à l'extrémité du quai Montebello. La foule a été maintenue à plus de 100mètres de la guillotine par un cordon de troupes.


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MessageSujet: Re: Les bagnes de Nouvelle-Calédonie   Lun 30 Aoû 2010 - 9:53

Dossier Arrighi Pierre. Les Archives nationales mentionnent : « remarques : dossier classé sans suite ». Cela signifie qu'aucune décision présidentielle (grâce ou rejet) n'est indiquée dans le dossier. Mystère ?



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MessageSujet: Re: Les bagnes de Nouvelle-Calédonie   Lun 30 Aoû 2010 - 12:10

D'autre part, ces mêmes Archives indiquent :
Date de la condamnation : 08-07-1909.

Hors, le procès-verbal relatif à la réunion du Conseil privé réuni pour décider si la condamnation à la peine capitale prononcée à l'encontre de Pierre Arrighi pouvait être soumise à la clémence du Chef de l'État, mentionne (le Procureur général s'adresse à M. le gouverneur) :
« … J'ai l' honneur de vous soumettre, en Conseil Privé, l'arrêt de la cour d'assises de Nouméa, en date du 23 mars 1909, etc.

Comprenne qui pourra ?


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MessageSujet: Re: Les bagnes de Nouvelle-Calédonie   Lun 30 Aoû 2010 - 14:11


Dans l'hebdomadaire Confessions , fondé en 1936 par l'écrivain et journaliste Joseph Kessel et son frère Georges, M. Michel, qui fut un long temps commandant de la pénitentiaire en Guyane relate à propos d'Arrighi (qu'il avait connu auparavant alors qu'il exerçait en Nouvelle-Calédonie) :

« Nos fonctions nous astreignaient à assister aux exécutions des condamnés. Et j'avais horreur des scènes dramatiques. Je n'oublierai jamais le première exécution à laquelle j'ai assisté. C'était au bagne de Nouméa.

— Quel sale type, s'écria le médecin-major en tenant la tête du décapité. Mort, il est aussi cabochard qu'il était de son vivant. Je n'avais pas de sympathie personnelle pour l'exécuté. C'était Arrighi, un Corse, déjà libéré depuis quelque mois. Il avait assassiné (1) cinq personnes à Bourail. Une sinistre brute. Il s'était avancé jusqu'à l'échafaud en marchand lentement. Il boitait. Cela ajoutait encore quelque chose à la sinistre cérémonie. Son visage avait une expression terrible. Mais il ne prononça pas un mot. Dès que la tête roula dans le panier, le docteur du bagne le saisit par les oreilles. Il cria avec force :
— Arrighi !
Je vis les yeux du mort se dilater. Cette tête suspendue en l'air ruisselante de sang. Et puis ce fut tout. En reposant le panier, le médecin bougonna :
— Ils sont tous les mêmes. Pas moyen qu'ils fassent un petit effort pour la science...

Il m'expliqua qu'il demandait aux condamnés à mort de répondre à son appel après avoir eu la tête tranchée. Il leur suffisait d'ouvrir, puis de refermer les yeux. Etait-ce l'effet de l'effet de la commotion ou bien de la mauvaise volonté ? Ils oublient toujours…
J'étais horrifié. Je répondis au médecin-major que c'était une mauvaise plaisanterie :
— On prévient son monde ! lui dis-je. J'aurais détourné le regard. Cette tête coupée, ce sang qui coulait m'ont soulevé le coeur...

En effet pendant une semaine entière, je ne pus absorber aucun aliment solide. Arrighi, que j'avais connu au bagne, n'était peut-être qu'une bête fauve. Et cependant, je ne pouvais admettre qu'un bagnard fut traité comme un être sans conscience et sans dignité. A quelques exceptions près, je n'ai jamais eu avec les condamnés que des rapports humains, où les sentiments de coeur avaient leur place. »


(1) M. Michel se trompe puisque Arrighi n'avait pas participé directement aux assassinats, leur auteur étant Zermani Kouider, abattu par les forces de l'ordre au col de Nessamou (Bourail), en 1908.




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MessageSujet: Re: Les bagnes de Nouvelle-Calédonie   Lun 25 Oct 2010 - 13:05

En préparation : la suite des exécutions en Nouvelle-Calédonie. Un peu de temps car le collectage et la mise en ordre en demandent.
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MessageSujet: Re: Les bagnes de Nouvelle-Calédonie   Lun 6 Déc 2010 - 12:19

mercattore a écrit:

Dans l'hebdomadaire Confessions , fondé en 1936 par l'écrivain et journaliste Joseph Kessel et son frère Georges, M. Michel, qui fut un long temps commandant de la pénitentiaire en Guyane relate à propos d'Arrighi (qu'il avait connu auparavant alors qu'il exerçait en Nouvelle-Calédonie) :

« Nos fonctions nous astreignaient à assister aux exécutions des condamnés. Et j'avais horreur des scènes dramatiques. Je n'oublierai jamais le première exécution à laquelle j'ai assisté. C'était au bagne de Nouméa.

* En réalité Arrighi n'a pas été exécuté au bagne. Venant de l'ile Nou par une embarcation, il a été débarqué à Nouméa et exécuté sur la voix publique comme indiqué précédement. Le public était maintenu à une centaines de mètres de la guillotine par un cordon de police (publication « La France Australe
», du 08-11-1909). Il semble donc que M. Michel n'avait pas une bonne mémoire ou qu'il "brodait" un peu dans ses confessions. La fiabilité de ses écrits n'est peut-être pas entière.

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MessageSujet: exécution de Pierre Arrighi   Ven 22 Avr 2011 - 19:04

Transcription.

Exécution de Pierre ARRIGHI

« Ce matin à la première heure a eu lieu l'exécution d'Arrighi, le chef de la bande qui pendant quelques mois a jeté l'effroi dans la région de Pouembout.

On se rappelle les débats qui se sont déroulés le 23 mars dernier devant la cour d'assises de Nouméa où comparaissait Arrighi, Grimigni, Santacroce, Meunier et la femme Voisin, prévenus de complicité dans les nombreux assassinats commis par Zermani Kouider. Celui-ci, on le sait, avait été tué entre temps dans une battue organisée par la gendarmerie et l'Administration pénitentiaire aux environs de La Foa. C'était-là en effet, qu'il avait transporté le champ de ses épouvantables exploits, dont le dernier fut d'avoir blessé grièvement d'un coup de feu, un des courageux gendarme qui lui donnaient la poursuite.
Arrighi accusé d'être la tête de la bande dont Zermani s'était fait l'exécuteur des hautes œuvres fut condamné à mort. Il avait, dit-on, organisé et facilité avec le plus grand cynisme les trois assassinats commis sur Rostoucher, Franceschi et Vincent dans un intervalle de quelques semaines et tiré le meilleur profit de ces sinistres coups.
Grimigni et Santacroce furent condamnés à vingt ans forcés, Meunier à dix ans et la femme voisin à cinq ans de la même peine.

A minuit, le bourreau et ses aides commencèrent à dresser en présence du procureur de la République et du Commissaire de police, les bois de justice, sur la partie nord du quai de Nouméa, au bout de l'avenue de Montebello.
A trois heures du matin MM. Favreau, délégué par M. le Procureur général p.i (sic) actuellement en mission à l'île des Pins, Banner, Avocat Général, Dormant, Conseiller à la cour d'Appel, Mondagron, Juge d'instruction, Aymar, Greffier et Maître Mage qui fut l'avocat d'Arrighi, prenaient place en compagnie de M. Dupé, commandant du pénitencier, dans une chaloupe à vapeur qui devaient les conduire à l'île Nou, où Arrigi attendait, espérant encore, quoiqu'il pût en dire, en la clémence de M. Fallières.
A trois heures un quart, le cortège grossi de quelques fonctionnaires et des médecins de l'île Nou, ainsi que d'un peloton de surveillants, armés de fusils baïonnettes au canon, se présentaient devant la cellule du condamné.

Il dormait d'un si profond sommeil que le bruit fait autour de lui ne le réveilla pas et qu'il fallut l'appeler à plusieurs reprises pour le faire se lever. "Arrighi ! Arrighi ! levez vous ! " lui dit un des surveillants en le secouant fortement. Arrighi se leva aussitôt, s'habilla avec le plus grand calme en prononçant les paroles suivantes : "Ah, oui, alors c'est pour ce matin !". Puis le R.P Lambotin, aumônier de 'lîle Nou lui demande s'il croyait en Dieu ? " Si Dieu existait, je ne serais pas là ! Les vrais coupables sont Santacroce et la femme Voisin, quant à Grimigni j'affirme qu'il n'a jamais remis d'argent pour les crimes que je vais expier ". Sur les instances de l'aumônier, Arrighi se confesse et reçut les derniers sacrements.
Au Juge d'instruction, Arrighi répondit qu'il n'avait aucune révélation à faire.

Maître Mage se présentant alors à lui , ses sentiments se se réveillèrent à la vue de l'homme qui avait essayé de lui sauver la vie. Une douloureuse exclamation à peine articulée s'échappa de sa poitrine et ses yeux se remplirent de larmes.
Il remercia son défenseur avec effusion.
Arrighi à qui on avait préparé un repas composé de sardines, de rôti de veau, de volaille et de pruneaux ne voulut prendre que deux tasses de cafés, un peu de rhum, et fumer deux cigarettes.

La toilette ayant été faite par le bourreau Rieussec, Arrighi s'écria lorsque les cheveux lui eurent été rasés sur la nuque "Bon pour le service!", et lorsque les aides voulurent lui lier les bras derrière le dos, il s'y refusa tout d'abord, puis comme les liens le serraient trop fort à son avis, il dit d'un ton jovial "Ce n'est pas le moment de me casser les pattes", il fut conduit sous escorte au quai de l'île Nou, et pendant que magistrats et fonctionnaires prenaient passage dans une chaloupe, il s'embarquait dans une autre, en compagnie de l'aumônier, d'un médecin et de son défenseur.

Au cours de la lugubre traversée, Arrighi fuma encore deux cigarettes. Arrivée à Nouméa après vingt longues minutes de traversée, Arrighi marcha avec assurance, mais sans bravade jusqu'à l'échafaud où à cinq heures cinq minutes, fut faite, sans incident, prompte exécution de la décision de justice qui l'avait atteint.

Sans nous arrêter à rechercher comme quelques uns ont pu le faire si le cas n'était pas pour le Président de la République de faire grâce, Arrighi n'ayant trempé dans le sang ni de Rostoucher, ni de Francheschi, ni de Vincent, nous nous permettons de nous élever contre ce que la loi à d'inhumain dans l'obligation qu'elle impose aux autorités de la colonie de faire venir à Nouméa pour le faire guillotiner un malheureux détenu à l'île Nou. C'est prolonger de plus d'une demi-heure d'atroces tortures, et cela bien inutilement.
La foule maintenue à plus de cent mètres de l'échafaud par un cordon de troupe, ne devait certainement être guère plus impressionnée que si on lui apprenait que l'exécution avait eu lieu de l'autre coté de la rade.
Contrairement à ce qui se passe le plus souvent en France, la foule des spectateurs de Nouméa a été respectueuse et correcte. »


La France Australe, 8 novembre 1909.

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MessageSujet: Cinq condamnés à mort en Nouvelle-Calédonie   Dim 22 Mai 2011 - 19:28


Cinq condamnés à mort en Nouvelle-Calédonie

Est-ce que les bagnards pouvaient bénéficier d'une grâce ? Peu probable... Seuls les deux condamnés de gauche semblent être enchaînés.




Dernière édition par Adelayde le Sam 1 Oct 2011 - 6:06, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Les bagnes de Nouvelle-Calédonie   Dim 22 Mai 2011 - 20:54

http://www.chocolat.tv/tourdumonde/video-bagne-nouvelle-caledonie.html
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MessageSujet: Arthur Thaise   Dim 22 Mai 2011 - 21:06

http://paperspast.natlib.govt.nz/cgi-bin/paperspast?a=d&d=EP19020426.2.149
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MessageSujet: Documentaire bagne Nouvelle-Calédonie   Dim 22 Mai 2011 - 22:24

piotr a écrit:
http://www.chocolat.tv/tourdumonde/video-bagne-nouvelle-caledonie.html

Un documentaire remarquable !


A remarkable documentary !
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MessageSujet: Re: Les bagnes de Nouvelle-Calédonie   Ven 10 Juin 2011 - 16:18

Adelayde a écrit:

Cinq condamnés à mort en Nouvelle-Calédonie

Est-ce que les bagnards pouvaient bénéficier d'une grâce ? Peu probable... Seuls les deux condamnés de gauche semblent être enchaînés.

Oui, les bagnards condamnés à mort pouvaient bénéficier d'une grâce.
Selon les époques, ont été décisionnaires soit le gouverneur, soit le Conseil privé du Gouverneur (avec des modalités selon les époques) soit le président de la République.
En Nouvelle-Calédonie, les grâces ont été nombreuses, et paradoxalement même pour des crimes "durs".
Il en a été de même en Guyane.
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