La Veuve

Forum consacré à l'étude historique et culturelle de la guillotine et des sujets connexes
 
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 Jean-Jacques Liabeuf - 1910

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Adelayde
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MessageSujet: Jean Jacques Liabeuf   Sam 16 Juil 2011 - 14:53

La grâce de Liabeuf : perplexité présidentielle...


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kamisole
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MessageSujet: plusieurs photographies d'apaches.   Sam 16 Juil 2011 - 20:42

Voici un site fort sympathique avec plusieurs photographies d'apaches parisiens:

http://www.languefrancaise.net/Argot/Apaches
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kamisole
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MessageSujet: Re: Jean-Jacques Liabeuf - 1910   Sam 16 Juil 2011 - 20:54

Meilleures vues ici:

http://absinthe-collection-artemisia34.blogspot.com/2009/02/c-pa-serie-conference-apache.html
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Adelayde
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MessageSujet: Fallières - épilogue de l'affaire Liabeuf   Ven 19 Aoû 2011 - 21:25



L'épilogue de l'affaire Liabeuf
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piotr
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MessageSujet: La grâce de Liabeuf    Mar 23 Aoû 2011 - 7:17

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Adelayde
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MessageSujet: Re: Jean-Jacques Liabeuf - 1910   Mar 23 Aoû 2011 - 10:03

"Perplexité présidentielle" : j'ai posté cette image le 16 juillet mais celle de Piotr est de bien meilleure qualité !
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piotr
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MessageSujet: Re: Jean-Jacques Liabeuf - 1910   Mar 23 Aoû 2011 - 14:29

Adelayde a écrit:
"Perplexité présidentielle" : j'ai posté cette image le 16 juillet mais celle de Piotr est de bien meilleure qualité !
Embarassed Embarassed Embarassed Embarassed
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Adelayde
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MessageSujet: Re: Jean-Jacques Liabeuf - 1910   Mar 23 Aoû 2011 - 15:25

piotr a écrit:
Adelayde a écrit:
"Perplexité présidentielle" : j'ai posté cette image le 16 juillet mais celle de Piotr est de bien meilleure qualité !
Embarassed Embarassed Embarassed Embarassed

Piotr, votre image est beaucoup plus nette, c'est très bien de l'avoir postée ! I love you sunny Smile
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niavlys1980
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MessageSujet: L'agent DERAY, victime de LIABEUF   Sam 1 Oct 2011 - 19:45

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Adelayde
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MessageSujet: Re: Jean-Jacques Liabeuf - 1910   Sam 1 Oct 2011 - 19:54

Une très belle découverte, Niavlys king
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Adelayde
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MessageSujet: Les agents Février, Boulot et Vaudon   Ven 23 Déc 2011 - 15:29

Une très belle photo de Testou


2011-12-23 par Testou

Les agents Février, Boulot et Vaudon qui maitrisèrent Liabeuf. Un autre y a laissé sa peau, ce pourquoi on coupa en deux Liabeuf...

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pmoy
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MessageSujet: Re: Jean-Jacques Liabeuf - 1910   Sam 17 Mar 2012 - 7:43

Ouest Éclair+-
Samedi 2 Juillet 1910


L'EXÉCUTION DE LIABEUF

Les derniers moments du condamné

PARIS, 10 juillet Liabeuf a expié son crime. Il est mort courageusement dans un sursaut d'énergie farouche, tandis qu'au delà des barrages les champions de la grâce accompagnés du citoyen
Browning, étaient aux prises avec la police.
Pourquoi Il fut condamné

Ses défenseurs, et les groupes politiques et syndicalistes qui avaient pétitionné en sa faveur et tenté de soulever l'opinion publique contre sa condamnation a la peine capitale, n'ont pu sauver sa tête.

LIABEUF

C'est que, par certains détails, la tuerie de la rue Aubry-le-Boucher avait revêtu un trafique caractère de sauvagerie

On se souvient des faits.

Le 8 janvier 1910, vers sept heures du soir, un homme de petite taille, brun et trapu, coiffé d'une casquette de cycliste profondément enfoncée sur la tête, dont la visière lui. cachait les yeux, et enveloppé dans un vaste capuchon, pénétrait dans le bar à l'enseigne des Caves Modernes, tenu,
12, rue Aubry-le-Boucher, par M. Enjalbert.

C'était Jean Liabeuf, un ouvrier cordonnier, âgé de vingt-quatre ans, né à Saint-Etienne, et ayant subi trois condamnations, dont deux pour vols et une pour vagabondage spécial. Frappé d'interdiction de séjour, il était en contravention avec la loi, cette peine accessoire ne devant
prendre fin qu'en 1914.

Après avoir bavardé un instant avec une fille connue sous le sobriquet de « !a Grande Marcelle », il se fit servir un verre de vin qu'il vida d'un trait. Puis, s'adressant à un consommateur, M. Toch, il lui montra un revolver chargé de six balles et une sorte de poignard fait d'un solide tranchet fixé à un manche en bois, en disant :
« Ça, c'est pour crever un flic «

M: Toch ne prit pas cette menace au sérieux. Mais, quand il vit son interlocuteur fixer autour de ses avant-bras et de ses poignets des brassards faits de deux épaisses feuilles de cuir parsemées de pointes acérées, il changea d'opinion et courut prévenir les agents du poste de police de la
rue Saint-Merri.

Les agents Deray et Fournès qui faisaient leur service « en bourgeois » se rendirent alors rue Aubry-le-Boucher, suivis de loin par les gardiens de la paix Boulot, Vaudon, Février, Hédarubagt et
Castenier.

La tuerie

Comme ils arrivaient en vue des Caves modernes Liabeuf sortit de l'établissement et s'avança vers eux. Puis, brusquement, il rejeta en arrière les deux pans de sa pèlerine à capuchon et ses poings
apparurent, crispés sur le manche de son poignard et la crosse de son revolver.
D'un bond, les agents Foumès et Deray se jetèrent sur lui et lui saisirent les bras.
Mais ils durent aussitôt lâcher prise, vaincus par la douleur. Les pointes des brassards leur avaient déchiré les mains. Une lutte sauvage s'engagea alors. A coups de tranchet, Liabeuf tint tête aux
policiers qui, vainement, tentaient de le saisir à bras-le-corps. L'agent Fournès eut le bras gauche profondément entaillé son collège, Deray, fut mortellement blessé à l'abdomen.
Liabeuf réussit à les entraîner dans le couloir sombre et exigu de l'immeuble portant. le numéro 4. Et là, la lutte reprit, plus atroce que jamais.

Le meurtrier ne pouvait être attaqué que de front. Et il était terriblement armé.
Il frappa à nouveau avec rage, les deux agents. Puis, il fit feu.

Atteint une fois encore à l'abdomen, Deray alla s'abattre, inanimé, sur le trottoir.
Fournès s'effondra presque aussitôt, la gorge ouverte, les mains ensanglantées.
A leur tour les quatre gardiens de la paix tinrent tête au forcené. Abandonnant
son tranchet, Liabeuf ne se servit plus que de son revolver. Une balle traversa la capote du gardien Vaudon; une autre transperça la tunique et blessa légèrement le gardien Boulot. Vaudon parvint enfin à ceinturier son adversaire. Mais le revolver était encore chargé. Il fallait mettre fin,
coûte que coûte, a cette lutte affreuse. D'un coup de sabre, l'agent Février qui avait eu, lui aussi, les mains arrachées par les pointes des brassards abattit le misérable.

Transporté à l'Hôtel-Dieu, Liabeuf se refusa à répondre aux questions que lui posait M. Picot, commissaire de police. Mais un bulletin de sortie de la prison de Fresnes et un certificat de travail permirent d'établir son identité.

L'agent Deray avait été admis en traitement dans la même salle que son meurtrier. Il succomba dans la nuit. Liabeuf, qui assista à son agonie, n'eut pas un mot de regret.

Condamné

Pourtant, il parut satisfait quand, quelques jours plus tard, on lui apprit que 1 agent Fournès guérirait. Il déclara alors qu'il n'avait jamais rien eu à reprocher à ses victimes, qu'il n'avait
frappées que pour se défendre et pour éviter d'être arrêté. Toute sa haine allait aux agents Maugras et Vaurs, qui l'avaient arrêté et fait condamner pour vagabondage spécial à trois mois de prison et à
cinq ans d'interdiction de séjour.
Je ne suis pas un souteneur affirmât-il. Et il ne cessa de protester, depuis ce jour, contre cette condamnation. Ce fut sa seule défense aux assises, et aussi la seule explication qu'il donna aux jurés.
Mais les sanguinaires préparatifs qu'il avait faits la vue des brassards surtout souleva l'indignation du jury. Le 4 mai, il était condamné à mort.

Des controverses s'engagèrent alors autour de la condamnation qui seule avait affecté et irrité le condamné. Des pétitions circulèrent et recueillirent de nombreuses signatures.

Le président de la République se fit communiquer tous les dossiers concernant Liabeuf et les compulsa longuement. Mais ces dossiers apportaient d'écrasantes preuves contre le condamné et réduisaient ses protestations à néant. M. Fallières ne put que laisser la justice suivre son cours.


Le transport de la guillotine

Dès 11 heures, aux environs de la Folie-Méricourt, un important service d'ordre était organisé. Ce qui importait, en effet, c'était d'amener les bois de justice au lieu de l'exécution sans incident.
Or la Guerre Sociale faisait distribues à ce moment là par les camelots une édition
pour ameuter ses partisans contre le service d'ordre. Elle leur donnait comme mot d'ordre de crier aux abords du lieu du supplice Assassins Il fallut donc garantir te fourgon contre toute agression possible. Et c'est pourquoi la voiture quittait la rue Folie-Regnault sous la protection d'un
peloton de gardes républicains et d'une brigade d'agents cyclistes.

La précaution n'était pas inutile et la preuve, c'est que débouchant dans la rue Broca, non loin de la Santé, cavaliers et cyclistes firent appeler du renfort pour frayer à l'équipage un chemin au milieu
d'une foule hostile.
Quoiqu'il en soit, à une heure du matin, M. Deibler arrive sur le lieu de l'exécution. On sait où se dresse maintenant la guillotine, puisqu'il y a quelques mois Du- chemin fut décapité sur l'emplacement choisi depuis la démolition de la grande Roquette.
C est à 60 mètres environ de la rue de la Santé, contre le mur même de la prison, sous les arbres touffus qui ombragent les trottoirs du boulevard Arago.

La foule

A ce moment la foule des curieux, dont il est difficile d'évaluer le nombre, tellement est vaste l'espace sur lequel il est éparpillée, a été refoulée. à plus d'un kilomètre du lieu de l'exécution, non seule- ment sur le boulevard Arago, mais encore dans toutes les rues transversales.
Cette foule est maintenue par des barrages successifs de gardiens de la Paix, de Fantassins, de gardes à cheval, cependant que tout l'effectif des inspecteurs de la Sûreté s'éparpille dans les groupes, surveillant ceux où on ébauche les premières manifestations.

A côté du mur d'enceinte de la maison d'arrêt, M. Deiber et ses aides montent la Guillotine. Des journalistes et des témoins autorisés à assister à l'exécution, observent l'opération qu'éclaire à peine la lueur de deux lanternes à main.

MM. Mouquen, Orsaitti, Jan, vont et viennent d'un barrage à l'autre. Le silence est profond.

C'est à peine si on perçoit le bruit sourd des pièces de bois assujetties pour former la base de l'échafaud et le chuchotement de ceux qui se transmettent à mi-voix les ordres de leurs chefs.

Soudain une détonation à deux pas de la guillotine. Un coup de revolver, dit quelqu'un. On cherche et un agent donne une explication de l'alerte. C'est un pneu de sa bicyclette qui vient d'éclater.

Le montage de la machine continue. Enfin il est terminé. Le bourreau manœuvre à deux reprises le déclic pour s'assurer de son fonctionnement. Puis il disparaît avec cette fois le silence est absolu.
On n'entend plus que le bruissement des feuilles par la brise matinale.

Voici des cantonniers municipaux qui viennent déverser près de l'échafaud un tombereau de sable.

Puis, c'est un allumeur de réverbères, qui vient d'un pas traînant éteindre les becs de gaz. Car le jour va poindre. Sa hallebarde sur l'épaule, il s'arrête un instant au bord du trottoir.

Il contemple longuement la guillotine, dont le rectangle étriqué se détache en traits précis sur le fond gris de la prison, abaisse ensuite les yeux sur la barrière de bois disposée autour de la machine, et s'exclame simplement Ah Après quoi il repart du même pas tremblant, le dos voûté abimé dans on ne sait quel songe.
Maintenant il est plus de 3 heures. Les magistrats du parquet et Me Leduc se dirigent vers la porte de la prison.

Deux coup de revolver

Mais soudain une rumeur s'élève au loin au-delà des barrages. Elle grossit très vite.
Bientôt on distingue des cris. Ce ont des cris de « Vive Liabeuf »̃ On perçoit également le cri indiqué par la Guerre Sociale ses partisans Assassins, C est bientôt un vacarme effroyable.

Soudain deux détonations éclatent.

Ce sont deux coups de revolver, qui partent de la foule. Ils sont suivis d'une immense clameur.

La police et la cavalerie chargent les manifestants. En deux minutes on a fait place nette. Beaucoup de curieux et de manifestants ne se sont pas tirés des bagarres sans dommage. Le visage en sang, tête nue, on les voit se défiler en courant par les petites rues où les inspecteurs de la sûreté les pourchassent.

Mais un coup de revolver a porté. Un agent de la brigade des anarchistes a reçu la balle dans le cou. Deux de ses camarades le prennent sous le bras et le conduisent dans la direction du portail de la Santé. Ils passent devant nous à quatre mètres de la guillotine et tout le monde est pris d'une émotion indicible en voyant ce visage pâle, qui retombe défaillant sur sa poitrine ensanglantée.

M. Touny le fait transporter à l'infirmerie de la Santé, où un interne lui donnera les premiers soins.
Un autre agent a été blessé dans l'échauffourée, mais moins grièvement. D'ailleurs, comme nous le disons plus haut, les charges ont produit un effet décisif.
La rumeur, qui tout à l'heure grondait derrière les barrages, s'est éteinte et toute l'attention s'est concentrée de nouveau sur la guillotine.
Car le jour vient, et on attend le condamné. A l'intérieur de la prison, le juge d'instruction et
Leduc, défenseur de Liabeuf, se dirigent par les couloirs, vers la cellule.

LE RÉVEIL DU CONDAMNÉ

Le condamné s'était montré très énervé, tous ces jours dernier. Chaque soir, dès que tombait la nuit, il allait et venait dans sa cellule, fiévreux et inquiet. Il avait beaucoup maigri.
Cette nuit, vaincu par la fatigue, il dormait d'un profond sommeil, lorsque accompagné du docteur Griffon, médecin en chef de la Santé, le directeur de la prison, M. Payen, pénétra dans sa cellule. Ce dernier, après avoir rabattu la couverture, frappa sur l'épaule du condamné qui se réveilla en sursaut et se dressa sur son séant.

Ayez du courage, lui dit-il.

J'en ai eu jusqu'à présent. J'en aurai jusqu'a. la fin, répondit Liabeuf.

Ce disant, il se leva et revêtit son pantalon.

Le procureur lui demanda alors s'il avait quelque déclaration nouvelle à faire à la justice. Il répondit négativement.

Persistez-vous, ajouta le magistrat, dans l'attitude que vous avez observée vis-à-vis de l'aumônier l'abbé Geipsig ?
Oui, répondit Liabeuf.
En entendant ces mots, l'aumônier, qui se tenait dans te couloir près de la cellule, dont la porte était restée entr'ouverte, se retira purement et simplement.

Liabeuf réclama son avocat. Me Leduc, qui n'était pas encore arrivé. Puis il demanda la permission d'écrire quelques mots à sa mère. On apporta du papier. Et pendant un quart d'heure exactement, le
condamné écrivit une lettre de deux pages, dans laquelle il glissa une mèche de ses cheveux. Ses doigts tremblaient légère- ment..

Sur ces entrefaites, arrive M Leduc, au- quel il confie sa missive, ainsi que quelques photographies, dont celles de ça mère et de son amie. Puis il passe en revue ses papiers, dont il déchire quelques-uns. et jette les morceaux au tout à l'égout,
Après quoi, après avoir pris la précaution d'étendre une belle feuille blanche en guise de buvard, sur sa table, il porte à ses lèvres plusieurs photographies de membres de sa famille appendues au mur et demande à boire. On lui apporte un gobelet et une tasse de chocolat.

Achevant ensuite de s'habiller avec l'aide d'un gardien, il revêt une jaquette chiffonnée par le paquetage et, sortant de sa cellule, il marche d'un pas rapide, et quelque peu cadencé, vers le greffe où doit avoir lieu la toilette du condamné. Là, comme on lui attache les jambes, il murmure « Vous avez donc bien peur que je vous échappe ».

L'inspecteur blessé

Sur ces entrefaites arrive l'inspecteur de police Orestani, qui vient d'être blessé, ainsi que nous l'avons dit plus haut, d'un coup de revolver dans la région du cou.
Le docteur Griffon fait immédiatement coucher ce dernier à l'infirmerie,. Liabeuf regarde l'agent sans mot dire.

Cependant le fourgon de M. Deibler attend devant la porte du greffe, dans la cour intérieure de la prison. On rabat le panneau arrière formant escalier. Liabeuf monte et s'assied sur un petit banc au
fond de la voiture. Tout le monde s étant retiré, le docteur Griffon monte seul avec deux aides de l'exécuteur des hautes œuvres, tandis que celui-ci et deux autres de ses collaborateurs prennent place sur le siège.
Presque aussitôt le condamné s'écrie :
« Ma mère ma mère Je voudrais embrasser sa photographie une dernière fois « 

Le docteur lui rappelle qu'il vient de la remettre à son défenseur, il y a quelques instants.
Liabeuf dit alors :
« C'est au coin, n'est-ce pas ? « 
Ce n'est pas loin répond le docteur.
A ce moment le guichet du panneau de la voiture étant resté ouvert, le condamné se penche et voit les barrages formés par les gardes municipaux. Mais les aides de M. Deibler s'en aperçoivent et ferment le guichet. Et le condamné murmure d'un ton, où l'ironie le dispute à l'amertume,
Ainsi donc, c'est là la grâce que l'ont m'avait parlé. Ce n'est pas le fait qu'on m'aura exécuté, qui prouvera cependant que je suis un souteneur

Ce furent au cours du trajet ses dernières paroles.
Le ciel apparaît clair et teinté de rose au bas du boulevard Arago. Au dessus de l'échafaud, la lumière du jour naissant est voilée par le feuillage des arbres, et dans cette ombre à peine dissipée, les assistants, le front découvert, sentent que leur émotion s'accroît.

Les gendarmes ont mis sabre au clair.
La porte de la voiture est ouverte. Liabeuf apparaît. Par l'échancrure de sa chemise, on voit sa poitrine et son cou chétif. Une mèche de cheveux couvre sa tempe droite.
Le visage est pâle. Les yeux luisent extraordinairement.

Alors Liabeuf, d'une voix très forte et très nette qu'on entend de fort loin, crie, en martelant son syllabes. tandis que les aides l'entraînent vers l'échafaud « Ce n'est pas mon exécution qui fera de moi un souteneur. Quand même, c'est abominable. Je ne suis pas un souteneur . »
A ce moment, la planche est basculée. Liabeuf a le cou pris dans la lunette. On entend alors un cri, qui peut être une exclamation de colère, de protestation ou un râle. » Ah » Puis le choc sourd du couteau, et c'est le silence.

Le corps est placé dans le panier où la tête va le rejoindre.

Bientôt le fourgon, escorté par les gendarmes, descend rapidement le boulevard Arago, se dirigeant vers te cimetière des suppliciés. La voiture, sur le siège de laquelle avait pris place M. Hamard, chef de la sûreté, escortée de 15 gendarmes, arrive rapidement au cimetière d'Ivry, où l'inhumation a lieu à 5 heures moins 10.
Sur la demande de la mère de Liabeuf, le corps de celui-ci n'a pas été livré à la Faculté de médecine. Aux abords du cimetière aucun incident ne s'est produit. Le service d'ordre était assuré par
M Ringel, officier de paix du 13° arrondissement.

LES BLESSES

Les médecins de l'hôpital Cochin ont examiné ce matin la blessure de M. Orestani, atteint d'une balle au cours de la bagarre qui eu lieu autour de la guillotine.
On reconnaît que son état n'est pas si grave qu'on le supposait. La balle, faisant ricochet sur son faux-col, n'a pas pénétré.
Elle a produit une blessure qui n'amènera aucune complication. Après quelques jours de repos, l'agent pourra reprendre son service.

M. Briand a fait prendre ce matin par son chef de cabinet des nouvelles de l'inspecteur blessé.
M. Kastler s'est transporté à l'hôpital Cochin et a interrogé le blessé.
Celui-ci bousculé par la foule n'a pas remarqué son agresseur qui s'abritait derrière d'autres personnes. On recherche l'auteur du coup de feu.

Un autre inspecteur, M. Moulin, assez sérieusement contusionné à la main droite
au cours de la même bagarre, a pu rejoindre son domicile.

Après l'exécution

LES ANARCHISTES AU CIMETIÈRE
DES SUPPLICIES

La rédaction de la Guerre Sociale s'est rendue ce matin à 10 heures au cimetière d' Ivry pour déposer sur la tombe de Liabeuf deux gerbes de fleurs. Les rubans noirs de ces deux gerbes portaient les inscriptions suivantes « La Guerre Sociale Liabeuf victime des apaches des mœurs,
Liabeuf outrageusement assassiné, les hommes du Jour. »

Arrivés au carré des suppliciés, les délégués avez déposé les deux gerbes et repartaient lorsque le conservateur du cimetière s'interposa, déclarant qu'il allait demander des ordres pour savoir s'il était
permis de déposer ces fleurs.

CE QUE DIT LE DÉFENSEUR DE LIABEUF

Nous nous sommes entretenus avec la défenseur de Liabeuf après l'exécution. Le jeune avocat est fort ému. « J'ai cru jusqu'à hier soir que mon malheureux client serai gracié. Je suis profondément attristé. Liabeuf avait conçu pour moi une véritable affection. Malgré son crime, et bien que mon appréciation puisse paraitre saugrenue, c'était un doux. Il fallait l'avoir vu comme moi chaque jour durant sa captivité. Les gardiens ont la même opinion que moi quant à son caractère. Il a exécuté plusieurs dessins coloriés au pastel qu'il m'a dédiés. Ces dessins sont maladroits et naïfs. L'un d'eux représente un bouquet de fleurs des champs et porte une dédicace des plus touchantes. Le grand
souci de Liabeuf était de mourir courageusement
Il avait résolu de recevoir le procureur de la République debout. Aussi regretta-t-il beaucoup de s'être endormi cette nuit et de n'avoir pas pu faire au parquet l'accueil qu'il désirait. Quant aux paroles prononcées devant la guillotine, ce sont les mêmes qu'il n'a cessé de répéter depuis
sa condamnation. Ça été vraiment le surprenant cri de son cœur. Songez que cet homme m'a dit maintes fois . Au fond ça m'est égal de mourir. J'ai eu la consolation dont j'avais besoin. J ai pu crier en cour d'assises que je n'étais pas un souteneur et vous l'avez dit avec moi ».
«  J'ai écrit à la pauvre mère de Liabeuf et lui ai envoyé une lettre que son fils lui a écrite cinq minutes avant de mourir. »
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Benny
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MessageSujet: Re: Jean-Jacques Liabeuf - 1910   Sam 17 Mar 2012 - 19:35

C'est aussi et surtout un gars en colère qui n'a pas accepté la condamnation dont il avait fait l'objet et refusait d'être considéré comme souteneur.

Citation :
Le 8 Janvier 1910,pour se venger d'une condamnation injuste pour proxénétisme
Aucun rapport avec la défense de l'ouvrier.
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Elie Köpter
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MessageSujet: Re: Jean-Jacques Liabeuf - 1910   Dim 18 Mar 2012 - 11:38

Absolument d'accord avec vous Benny.
Liaboeuf avait été injustement condamné mais cela ne méritait pas un règlement de compte pour se venger.
Un policier en est mort. Comme quoi "la colère est mauvaise conseillère".

En tout cas, excellent exposé PMOY study
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MessageSujet: Re: Jean-Jacques Liabeuf - 1910   Dim 18 Mar 2012 - 18:55

Surtout aveugle, la vengeance ! Si encore il avait tué un des "ripoux" qi l'ont fait codamner..........
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piotr
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MessageSujet: Re: Jean-Jacques Liabeuf - 1910   Dim 20 Mai 2012 - 13:51

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5636564.r=guillotine.langEN
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MessageSujet: Re: Jean-Jacques Liabeuf - 1910   Dim 8 Déc 2013 - 19:03


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MessageSujet: Re: Jean-Jacques Liabeuf - 1910   Dim 15 Déc 2013 - 22:43

http://criminocorpus.org/expositions/16818/?start=25
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Adelayde
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MessageSujet: Funérailles de l'agent Deray   Ven 12 Sep 2014 - 12:44



Funérailles de l’agent Deray, 12 janvier 1910 - Le commandant Dard, Aristide Briand
(Président du Conseil),  Antonin Dubost (Président du Sénat), Henri Brisson (Président de la Chambre)


Photographie de presse Agence Rol

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"L’art est le cordon ombilical qui nous rattache au divin" - Nikolaus Harnoncourt
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MessageSujet: Re: Jean-Jacques Liabeuf - 1910   Dim 23 Nov 2014 - 16:37

Quotidien Le Journal, du 16-07-1910.
(source : gallica.bnf.fr)

Liabeuf a été exhumé
du "Champ de Navets"


Depuis hier, le corps de Liabeuf n'est plus enfoui dans le coin du cimetière d'Ivry réservé à l'inhumation des suppliciés et où nul signe extérieur ne désigne les tombes. La famille de l'exécuté a obtenu, en effet, que le corps soit transféré dans une concession particulière.

Muni d'une autorisation délivrée par la Préfecture, de police, un représentant de la famille était venu, vers onze heures, régler les formalités avec le conservateur de la nécropole et, à deux heures et demie, en présence du frère de Liabeuf et de deux commissaires de police, l'exhumation s'accomplissait  La bière, extraite de la fosse du « Champ de navets », fut déposée dans le petit fourgon affecté aux exhumations, qui, traîné par les fossoyeurs, s'achemina vers la tombe nouvelle où eut lieu l'inhumation définitive.

Les précautions les plus grandes avaient été prises pour que rien ne s'ébruitât, car l'on craignait que la cérémonie ne fût l'occasion de certaines manifestations. En toute prévision, quelques inspecteurs des recherches avaient été disséminés au milieu des mausolées et des allées, mais ces mesures furent inutiles ; le secret avait bien gardé.

]

Hôtel du Soleil , rue Aubry-le-Boucher, où a logé Jean-Jacques Liabeuf.
(disparu dans les années 30, lors des rénovations urbaines du quartier Saint-Merri).
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MessageSujet: Le Bandit bardé   Dim 8 Fév 2015 - 18:49

Le Bandit bardé

Pierre Bellemare présente cet extraordinaire dossier :

https://www.youtube.com/watch?v=hIrAJQcHxPw

Bonne écoute  queen

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MessageSujet: Fiche anthropométrique de Jean-Jacques Liabeuf   Ven 26 Juin 2015 - 10:43

r

Fiche anthropométrique de Jean-Jacques Liabeuf

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MessageSujet: Re: Jean-Jacques Liabeuf - 1910   Ven 3 Fév 2017 - 14:10








Archives nationales. Naissance de l'identité judiciaire

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MessageSujet: Liaboeuf (suite)   Sam 4 Fév 2017 - 13:27

Il me semble bien avoir vu les fameux brassards hérissés de pointes qui équipaient Liaboeuf lors d'une de mes visites au Musée de la Préfecture de Police sis 4 rue de la Montagne Ste Geneviève à Paris dans le Ve
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MessageSujet: Re: Jean-Jacques Liabeuf - 1910   Ven 3 Mar 2017 - 15:56

Hondelatte raconte - L’affaire Liabeuf :

http://www.europe1.fr/emissions/hondelatte-raconte/hondelatte-raconte-laffaire-liabeuf-2993357

Bonne écoute !

queen

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