La Veuve

Forum consacré à l'étude historique et culturelle de la guillotine et des sujets connexes
 
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 Les recours en grâce

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MessageSujet: 1930-1935   Dim 28 Déc 2008 - 14:40

niavlys a écrit:
http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/chan/chan/pdf/sm/BB24_2085-2122.pdf

Hi,

Do you have the archives of files between 1930-1935?

thnx.
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MessageSujet: Re: Les recours en grâce   Dim 12 Avr 2009 - 17:35

konvoi a écrit:
Bsr,
Je ne pense pas pouvoir me rendre aux AD avant janvier 2009
Bien cordialement
Richard
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Bonsoir Konvoi,

Alors ces recherches, fructueuses ?

Cordialement

Sylvain
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MessageSujet: Re: Les recours en grâce   Sam 18 Avr 2009 - 17:53

Question
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Nemo
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MessageSujet: Re: Les recours en grâce   Sam 18 Avr 2009 - 18:51

Patience, Sylvain !

Konvoi ne doit pas encore avoir eu l'opportunité de se rendre aux AD...

Au fait, tu as vu qu'ils vont déménager les archives de France d'ici 2 ans : génial, ca va encore faciliter les recherches, vu qu'ils vont mettre cinq ans à tout trier....

_________________
"Je suggère qu'on lui coupe la tête sans ménagement dès dimanche prochain, mais si possible après 17 heures, afin que j'aie le temps d'aller aux vêpres. (Pierre Desproges)"
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Pibrac
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MessageSujet: Recours en grâce   Ven 18 Déc 2009 - 10:15

Dossiers de Recours en Grâce de 1826 à 1899.
Archives nationales.


http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/chan/chan/pdf/sm/BB24%202001-2084.pdf
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MessageSujet: Re: Les recours en grâce   Ven 18 Déc 2009 - 14:08

Bonjour Pibrac,

Un grand merci pour votre aide, malheureusement ce fichier est déjà connu sur le forum. C'est en très grande partie grâce à lui que la totalité des exécutions de France métropolitaine (hors bagnes), est désormais connue entre 1826 et 1871.

En tout cas, c'est sympa de votre part.
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Pibrac
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MessageSujet: Re: Les recours en grâce   Ven 18 Déc 2009 - 15:20

Bonjour Niavlys,
Le seul mérite de ce post aura donc été d'exhumer ce fichier des entrailles du forum...!!!
Merci à vous.
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MessageSujet: Re: Les recours en grâce   Ven 18 Déc 2009 - 15:58

Vous savez, Pibrac, il y tellement d'autres découvertes à faire Exclamation

Donc ne vous découragez pas.
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Pibrac
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MessageSujet: Re: Les recours en grâce   Ven 18 Déc 2009 - 15:59

niavlys a écrit:
Vous savez, Pibrac, il y tellement d'autres découvertes à faire Exclamation

Donc ne vous découragez pas.

Je ne me décourage pas,Niavlys,je persévère!!!
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Bill
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MessageSujet: bill   Mer 28 Juil 2010 - 0:50

.


Point de vue tout à fait pertinent . Mais il ne faut jamais oublier que Bill était toujours en représentation , plongé dans une mythomanie délirante...Son plus cher désir était d'en finir comme un "homme"(un vrai truand)Son exécution constituait la réussite ultime de son projet schizophrène de transformer un petit bourgeois ridicule Rapin en un super truand "Bill"




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MessageSujet: Re: Les recours en grâce   Mer 8 Sep 2010 - 8:38

foudurail a écrit:
Bonjour à toutes et à tous.

Je suis nouveau sur votre forum, je m'appelle Serge.

Une petite question me taraude.
Est-il vrai que Georges Rapin dit "Mr Bill" a refusé lui même sa grace ?

A noter qu'en Belgique, un cas de ce type s'est produit mais n'a pas été suivi d'effet.

Serge.

Il y eut en fait 2 cas du genre en Belgique... L'un plus récent dont vous faites mention et qui émanait d'un assassin assez effroyable... Le système répressif en vigueur put ainsi se tailler à faible coût une grande tranche d'humanité... ce qu'il ne manqua pas de faire avec tapage durant plusieurs jours... L'autre cas, (mise au défi du ministre de la "justice" d'aller jusqu'au bout de l'infamie) par un braqueur étranger condamné à mort n'ayant pas de sang sur les mains (pas d'avantage de violence physique dans le cadre de cette affaire)... détail qui expliquera certainement l'absence de publicité de la lettre remise par l'avocat Jean Pol Dumont au ministre en personne, et la commutation à la prison à perpépétuité certainement la plus rapide de l'histoire judiciaire belge.
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MessageSujet: La cérémonie de grâce des condamnés à mort   Lun 31 Jan 2011 - 18:09

Article publié dans les Archives d'anthropologie criminelle de médecine légale et de Psychologie normale et pathologique, tome 24, année 1909.

La Cérémonie de la grâce

Jusqu'à ces derniers temps, on entérinait la grâce des condamnés à mort avec une grande pompe. La cérémonie se déroulait ainsi : dès que le président de la République avait signé le décret de grâce, le condamné à mort était mené chez le perruquier de la prison qui lui rasait la barbe et la moustache. La toilette continuait par l'envoi du condamné au bain, de là chez le tailleur de la prison qui lui faisait un costume sur mesure. Ensuite, on le réintégrait dans la cellule des condamnés à mort, où il rassemblait son paquetage, composé de ses draps de lit, du livre de la bibliothèque qui lui avait confié pour occuper ses loisirs, enfin ses papiers personnels laissés en sa possession.
Le condamné faisait ses adieux à ses surveillants qui sont dans l'espèce ses co-détenus, condamnés à des peines légères et appelés dans l'argot des prisons, des « moutons ». De là, il était transféré dans une des cellules réservés aux graciés, d'ailleurs analogues à celles des condamnés à mort, histoire sans doute de le changer un peu d'air.

Le gracié restait dans cette nouvelle cellule deux ou trois jours, après quoi, il était amené à l'audience solennelle de la première Chambre de la cour, composée à Paris des quatre Chambres réunies. Il y était conduit en coupé, sa voiture escorté de deux gardes à cheval, sabre au clair. A l'audience, le premier président lui donnait lecture du décret présidentiel de grâce. Avec le même cérémonial, il était ramené en prison et, de là, envoyé à l'ile de Ré, où il attendait le départ du vaisseau pénitentiaire Loire (1) qui le transportait à la Guyane.
M. Briand, (2) considérant que ces usages étaient un peu démodés, vient de les supprimer par une circulaire de mars 1909 qui s'applique pour la première fois à Stievenard, (3) l'apache qui a obtenu récemment sa grâce. Désormais, un des substituts du procureur général viendra donner connaissance au gracié de la mesure de clémence prise à son égard.

___________________
(1)Navire Loire
. En service à partir de 1902. Réquisitionné pour la guerre de 14-18, il fut torpillé en 1917 par les Allemands. Le Martinière lui succéda de 1920 à 1938.


Par Archange - 19/12/2011

Le navire Loire.

(2) Briand Aristide. Ministre de l'intérieur.

(3) Stiévenard Louis-François (16-04-1884). Proxénète. Condamné, le 24 décembre 1908, à la peine capitale pour assassinat sur la personne du nommé Détrois. Gracié par le président Fallières le 20 mars 1909 .
_________________
— Beaucoup pensait que Stiévenard n'obtiendrait pas la grâce présidentielle. Dans son édition du 14 février 1909, le quotidien Le Gaulois publiait cet article :

LA GUILLOTINE À PARIS

Il est probable, comme nous le disions avant hier, que la guillotine fonctionnera cette semaine à Paris : il se pourrait que ce fut mardi prochain, le client de M. Deibler serait Stiévenard , condamné à mort par la cours d'assises de la Seine le 24 décembre dernier.
Stiévenard est un apache redoutable, il avait purgé à Fresnes une condamnation, lorsque, le soir même de sa libération, il tua un de ses amis qu'il accusait de l'avoir désigné à la police. Gouailleur, il se dit certain de sa grâce et, chaque jour, à ses gardiens, il raconte ses projets d'avenir.
La commission des grâces a examiné le dossier de ce misérable, elle a émis un avis défavorable contre lequel M. Fallières ne pourra guère passer, c'est pourquoi nous croyons savoir que Stiévenard ne va pas tarder à payer sa dette.
Ces jours-ci, M. Deibler a examiné et mis au point la guillotine parisienne, car la machine qui sert ordinairement à Paris n'est pas la même que celle qui fonctionne en province. La « Parisienne » est inactive depuis douze ans, (1) il fallait bien que l'exécuteur des hautes oeuvres la visitât minutieusement : c'est fait à présent, et M. Deibler n'attend plus que la réquisition d'usage.
Des discussions se sont élevées à propos de l'installation de la guillotine dans la cour de la Santé, la porte principale restant ouverte pour se conformer à la loi exigeant la publicité des exécutions capitales. Tout cela s'arrangera à la dernière minute et si, comme on nous l'a affirmé, l'exécution de Stéveniard doit avoir lieu cette semaine, elle se fera dans des conditions telles que la légalité sera respectée.
Deux autres condamnés à mort attendent également à la Santé d'être fixés sur leur sort : Dujeu et Didelot, (2) les assassins de la bijoutière de la rue de Bondy. La commission des grâces ne s'est pas encore prononcée, elle ne le fera qu'après la liquidation du cas Stiévenard, liquidation imminente, nous le répétons, et dont le dernier mot appartient maintenant à M. Fallières.

A. V
(1) En fait, dix ans. Exécution d'Alfred Peugnez, le 01 février 1899 sur la place de la Roquette.

(2) Henri-Gaston Dujeu et Georges Didelot . Condamnés à la peine capitale le 29 décembre 1908. Graciés le 15 avril 1909 .
___________________
— Pour justifier la grâce accordée à Stiévenard le président Fallières fit publier un communiqué dont voici les extraits les plus importants :

« Dans la nuit du 1er au 2 juin 1908, à la suite d'une discussion, Stiévenard avait frappé d'un coup de couteau son camarade Détrois. Celui-ci, transporté à l'hôpital n'y succomba que six semaines plus tard, le 11 juillet 1908. »
« Etant donné le temps écoulé entre le coup de couteau et la mort, il n'a pas été démontré avec une certitude absolue qu'elle ait été uniquement causée par le coup reçu
».
_____________________
— Il est vraisemblable que la visite d'Anatole Deibler au dépôt de la guillotine avait pour motif sa certitude de l'exécution prochaine de Stiévenard. En province, il restait aussi le cas de Jean-Léon Courneyre , condamné le 14 décembre 1908 à Riom (Puy-de-dôme), pour le triple assassinat d'une famille, dont un enfant. Mais le 27 février 1909, le quotidien Le Petit Parisien publiait cet entrefilet :

Le condamné Courneyre

« Il est absolument inexact qu'une exécution capitale soit imminente. Aucune décision n'a encore été prise ni en ce qui concerne Courneyre, condamné à mort par les assises de la Loire, ni en ce qui concerne les autres condamnés à mort. »
_______________________
L'absence de preuves formelles sur la culpabilité de Courneyre a-t-elle été prédominante sur la prise de décision du président Fallières ? Malgré l'avis défavorable de la commission des grâces sur ce dossier il signe la grâce de Courneyre le 25 mars 1909. Sa peine étant commuée aux TF à perpétuité, Courneyre fut transporté en Guyane où il décédera des fièvres le 09 février 1910.

* Lire sur Cournayre : http://www.lamontagne.fr/dossiers/l_accuse_est_mort_sans_avoir_avoue@CARGNjFdJSsGFh4NAxw-.html

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CARNIFEX
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MessageSujet: Re: Les recours en grâce   Mar 1 Fév 2011 - 13:00

Bizarre cette cérémonie de la grâce.

Je n'en avais jamais entendu parler. Quant à la visite avec escorte et gardes à cheval, sabre au clair, c'est effectivement difficilement compréhensible.

Si c'est vrai on dirait que par cette cérémonie le condamné est ramené parmi les vivants.

Merci mercattore pour cette trouvaille.

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MessageSujet: Re: Les recours en grâce   Mar 1 Fév 2011 - 13:25

Comme vous, J'ai été très étonné par cet article ! Les archives d'anthropologie criminelles ont des rédacteurs sérieux. Il serait intéressant de trouver d'autres sources mais jusqu'à présent j'ai fait "choux blanc ". Evil or Very Mad
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Adelayde
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MessageSujet: La cérémonie de grâce des condamnés à mort   Mar 8 Fév 2011 - 16:08

Bonjour Foudurail,

En voulant répondre à votre post, à savoir ce qu'il se passait quand un condamné à mort refusait sa grâce, j'ai cliqué par mégarde sur "éditer" au lieu de "citer". Ce qui fait son contenu a été effacé et remplacé par ma réponse : "Je n'en suis pas sûre à 100% mais il me semble que, pour être obtenue, la grâce devait préalablement avoir été demandée."

Il vous est possible de réinsérer le texte original après avoir cliqué sur "éditer".

Mille excuses pour cette maladresse Embarassed pale
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MessageSujet: Re: Les recours en grâce   Mar 8 Fév 2011 - 16:15

C'est une légende, sans en être une. D'abord, très peu de condamnés à mort ne demandaient pas leur grâce, même des "costauds", en outre en cas de non demande l'affaire était quand même examinée par la chancellerie, peut-être avec certaines modalités différentes de la demande de grâce. Mais il est certain qu'un avis de la justice se dégageait même dans le cas où la grâce n'avait pas été demandée.
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MessageSujet: La cérémonie de grâce des condamnés à mort   Ven 11 Fév 2011 - 19:32

La peine capitale étant la sanction la plus lourde, l’immense majorité des condamnés à mort déposaient un recours en grâce. L’affaire était néanmoins systématiquement examinée en amont par la Chancellerie afin de lui permettre d’émettre un avis le cas échéant.
Le jour de l’exécution, on annonçait au condamné : « Votre pourvoi en cassation et votre recours en grâce sont rejetés. »
J’en conclus que la grâce ne pouvait être accordée que dans la mesure où elle avait préalablement été demandée. Cela semble logique, mais... je ne mettrai ni ma main – ni ma tête – à couper. Laughing
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MessageSujet: Re: Les recours en grâce   Ven 11 Fév 2011 - 20:47

Je me souviens pourtant avoir lu que même dans le cas où 'accusé n'avait pas déposé une demande de grâce le président de la République examinait la suite à donner à la condamnation.
Voici ce que Wikipédia mentionne (mais je m'en méfie car certains articles de wiki. comporte parfois des erreurs, donc grande prudence Smile)

« Selon la loi, l’exécution de la peine de mort ne pouvait avoir lieu « que lorsque la grâce a été refusée ». De ce fait, même lorsque l’accusé ne sollicitait pas la grâce, le Président de la République examinait l'affaire et prenait une décision, moins de six mois après le rejet du pourvoi en cassation. S’il n’y a pas eu de pourvoi en cassation, la grâce était examinée aussitôt après la condamnation : Jean Bastien-Thiry ayant été condamné à mort par un tribunal militaire, il n’eut pas le droit de pourvoir en cassation et fut exécuté 7 jours après sa condamnation à mort.

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MessageSujet: La cérémonie de grâce des condamnés à mort   Ven 11 Fév 2011 - 21:32

Merci Mercattore pour ces précisions. Heureusement que ni main, ni tête à couper sinon...
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MessageSujet: Confirmation de la "cérémonie" de grâce des condamnés à mort   Lun 21 Mar 2011 - 14:53

Confirmation de la "cérémonie" de grâce des condamnés à mort :

Relevé dans le journal LE TEMPS, du 24 janvier 1890.

— On nous télégraphie de Toulouse :

Hier a eu lieu en audience solennelle de la cour, toutes chambres réunies, l'entérinement des lettres de grâce de Rouquet *, auteur du triple assassinat de Cantemerle. Rouquet en a écouté la lecture sans manifester la moindre émotion. M. le premier président Faguebrettes a adressée au gracié une allocution l'engageant au repentir.

De bordeaux on nous informe également qu'il a été procédé à l'entérinement des lettres de grâce de Trucchy * , condamné à mort pour avoir assassiné un nommé Broquaire, son compagnon de Nouméa, revenu avec lui en France.

* Pour ces deux condamnés graciés (par Sadi Carnot) voir pour les détails « Les condamnés à mort », de Sylvain : http://guillotine.voila.net/Condamnations.html et ensuite la 1ère colonne de gauche du tableau :
Condamnation

- 20 novembre 1889 Henri Rouquet
- 30 novembre 1889 André Trucchi
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MessageSujet: Re: Les recours en grâce   Ven 22 Avr 2011 - 22:27

foudurail a écrit:
Bonjour à toutes et à tous.

Je suis nouveau sur votre forum, je m'appelle Serge.

Une petite question me taraude.
Est-il vrai que Georges Rapin dit "Mr Bill" a refusé lui même sa grace ?

A noter qu'en Belgique, un cas de ce type s'est produit mais n'a pas été suivi d'effet.

Serge.


La grâce ne pouvait être refusée par un condamné. C'est de la légende journalistique.
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Bill
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MessageSujet: Albert Lebrun et le droit de grâce   Mer 20 Juin 2012 - 17:26

Dans son admirable ouvrage " Souvenirs et solitude", Jean Zay Ministre de l'Education nationale entre 1936 et 1939 rappelle une conversation qu'il a eue avec le Président Lebrun sur sa conception du droit de grâce présidentiel.

A lire pages 107 à 109 dans "Souvenirs et Solitude"

http://www.orleans.fr/orleans/hier/histoire-locale/jean-zay-republicain-meconnu.html

http://www.editions-belin.com/ewb_pages/f/fiche-article-souvenirs-et-solitude-16317.php
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MessageSujet: Re: Les recours en grâce   Mer 15 Aoû 2012 - 23:09



La Presse, n° 6 137 du 1er avril 1909

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MessageSujet: Les affres qui précèdent l'attente de la grâce.   Ven 28 Juin 2013 - 19:07

Eugène Dieudonné, la vie des forçats
Chapitre 1er

APRÈS LE VERDICT

A Me DE MORO-GIAEFERI


  L'atmosphère de la salle des Assises est pesante, angoissée.
  Le jury a rendu un verdict affirmatif.
  Les gardes ramènent les accusés dans le box.
  Dans le lourd silence, le président laisse tomber les sentences. Sentences de mort, de bagne, de réclusion... Tout Ce qui suit, efforts suprêmes de la défense, conclusions, protestations, appels à la miséricorde, colères, faiblesses ou cynisme, tout cela semble vain comme le désespoir.
  C'est fini.
  La salle se vide des amateurs de sensations d'assises.
  Les gardes évacuent les condamnés.
 Par les degrés d'un colimaçon de pierre qui n'en finit plus, la caravane enchaînée descend à la Conciergerie.
Le froid du hall dallé tombe sur les épaules.
 Les condamnés s'arrêtent sur .un signe du directeur.
 I 'appel commence :
 « Un tel ?
 - A quoi êtes-vous condamné ?
 -A mort...
 - Un tel, un tel, un tel... »
 Chacun répond par la condamnation qui vient de le frapper, puis est dirigé vers la cellule qu'on lui a réservée.
 Les pas sur les dalles sonores, le grincement des serrures, les portes qui claquent, les ordres brefs, les réponses gouailleuses ou apeurées, l'écho qui se plaint comme s'i} ne pouvait fuir, tout contribue à parfaire l'impres­sion d'abandon définitif.
 L'appel est terminé.
 Dans chaque cellule, le déshabillage commence.  Les  gardiens  inventorient les effets civils,  puis  font  endosser  au  condamné le rude et infamant costume pénal. Tout est bien fini.
 De Profundis.

***********

 Les gardiens ont garrotté le condamné à mort dans une camisole de force, de crainte qu'il n'attente à ses jours. Car il est condamné à avoir la tête tranchée sur une place publique, et non pas à mourir simplement, surtout pas d'une mort de son choix.
 Le condamné à mort ne sera plus jamais seul.
 Toujours, à ses côtés, deux gardiens lui tiendront compagnie, de jour et de nuit, toujours témoins de ses moindres gestes, attentifs à ses plus futiles propos, près à appeler à la moindre suspicion.
 Alors le condamné tombe dans une sorte d'engourdissement léthargique. L'effort nerveux a été trop soutenu, trop intense, trop long. Les longs mois de prévention l'ont mis à rude épreuve. Les débats des assises l'ont abruti. La condamnation l'a assommé. L'épave garrottée gît maintenant sur son grabat, insensible à tout. Les derniers bruits de la ville forcent péniblement les murs de la pri­son séculaire et bercent son sommeil, si proche, déjà, de la mort qui vient.
 Sur leurs chaises de bois dur, les gardiens surveillent...
 Soudain, des bruits. Ce n'est que le départ pour la Santé. On extrait le condamné de sa Cellule et on le monte dans la voiture cellulaire qui l'attend dans la cour. Des policiers montent avec lui dans la triste voilure pour le dernier voyage à travers la ville.
 Ces hommes rudes ont maintenant des attentions délicates pour le décapité de demain. Ils l'incitent au courage, à l'espoir.
 Ainsi devisant, on arrive à la Santé. Dans la cour, le personnel est au complet. Une sorte de solennité funèbre marque les visages. On descend le condamné avec des précautions d'infirmières. On lui enlève la camisole de force, et aussi ses vieux effets de la Concier­gerie. Il est maintenant dans une vaste cellule, tout nu, au milieu d'une douzaine d'hommes, directeur, médecin, policiers et gardiens. Nu comme il est, on n'a pas encore confiance.  Il peut receler en lui quelque poison ou quelque arme minuscule, avec quoi il pourrait mettre fin à ses jours. Pas de cela, condamné. Tu dois mourir à la guillotine, pas autrement.
 Les gardiens-infirmiers, experts en l'art de fouiller les hommes nus, commencent leur besogne.
 « Baissez-vous. Toussez. Plus fort. Relevez-vous. Toussez. Ouvrez la bouche, écartez les bras, les doigts, les jambes... »
 Les infirmiers palpent, écartent, sondent, regardent dans la bouche, sous la langue, dans les oreilles, entre les orteils, partout. Aucun orifice n'échappe à leur science. Et tout cela gentiment, comme une sœur d'hôpital à un blessé.
 On apporte ensuite un costume pénal tout neuf au condamné. On le lui endosse, non sans l'avoir au préalable examiné encore sur toutes les coutures, un tailleur complice pouvant y avoir caché quelque objet libérateur. Sa cellule est absolument nue. Mais le directeur veut s'en assurer lui-même. Il monte sur un escabeau et, ainsi juché, passe sa main sur les murs, sur les rayons, les vitres. A peu près sûr maintenant de son condamné, le directeur quitte la cellule. Gênés, les deux gardiens de faction regardent en tapinois le condamné à mort qui, hébété, ahuri, se tâte et semble s'éveiller d'un hallucinant cauchemar.
 Mais le guichet de la porte s'ouvre. Le cantinier demande au condamné ce qu'il désire manger. L'instinct reprend ses droits ; le condamné choisit son menu et mange comme un vivant. Il est tard. Le condamné s'endort pesamment et ne s'éveillera qu'au matin. Les gardiens, pour tuer le sommeil, s'acharnent à une interminable partie de belote.
 Six heures du matin. La vaste prison s'éveille à grands bruits de pas sonores, de clés ouvrant les lourdes portes, de guichets qui claquent, d'appels claironnant dans les hauts couloirs.
 Le vieux père Jean, gardien de choix, houspille les auxiliaires :
 « Eh bien ! Le café du condamné à mort ! » Les auxiliaires s'empressent. Brave père Jean ! Il n'a pas son pareil pour remonter un homme, lui redonner le goût de la vie. A l'entendre, l'espoir se fortifie. Désormais, il fera ce qu'il voudra de son condamné.
 Gentiment il lui passera les menottes pour la promenade, l'accompagnera jusqu'au préau, lui donnera des cigarettes et le laissera dehors plus que l'heure réglementaire. Mais il faut bien rentrer. Le père Jean ramène son prisonnier, lui enlève les menottes et l'enferme en douceur, sans faire claquer la porte, sans faire grincer la serrure.
 Ce sera ainsi pendant un mois, deux mois, trois peut-être.
 Le condamné s'habitue à son sort. Vingt fois par jour, on crie dans les couloirs : « Ceci, cela ou encore cela pour le condamné à mort. » II y a un registre spécial pour ses lettres, une visite médicale spéciale, des rondes spéciales du directeur, du contrôleur, du gardien-chef. Ce rappel incessant de la mort, irrite un peu au début.      
 Puis on s'y fait, comme à toutes les situations irrémédiables. D'ailleurs, les murs sont hauts, la vigilance constante, l'évasion impossible.
 Une sorte d'apaisement inonde peu à peu l'âme du condamné. Les avocats l'aident puissamment dans cette voie.
 Ce qu'il peut y avoir de dévouement généreux chez un homme, on l'apprend là, dans une  cellule de  condamné à  mort,  lorsque l'avocat vous prend les deux mains, vous regarde dans le fond des yeux et vous crie de tout son cœur angoissé : « Ils ne l'auront pas votre tête... » Et s'éloigne la vision de la guillotine, plus loin, tout là-bas, pour disparaître enfin et faire place à l'espoir tenace en la vie. On a le sentiment d'être un condamné à mort honoraire. Les jours de bonne humeur, on ne donnerait pas sa place contre celle du clochard qui vous sert de domestique et qui ne fait, lui, que quatre mois de prison.
 Cependant les jours passent, et les semaines, et les mois. Le doute envahit le condamné. Ne serait-ce que pitié toutes ces paroles de réconfort et d'espoir?
 Il lui apparaît que le silence se fait plus profond autour de lui. On ne prononce plus guère ce mot de condamné à mort dans les couloirs. Les avocats sont comme recueillis, graves, et serrent la main du condamné avec plus de chaleur comme à un agonisant. Les gardiens ne peuvent plus celer une gêne réelle. La nuit, ils vont et viennent à pas feutrés dans la cellule, et semblent écouter quelque bruit du dehors.
 Alors le condamné sait que son dernier jour, approche.
 Sera-ce demain, bu après ou dans quelques jours ?...

***************************************

 C'est pour ce matin.
 Les gardiens sont plus anxieux encore.
 Les pas feutrés dans les couloirs sont plus nombreux que d'habitude. La ville apporte dans la cellule des bruits lointains et insolites,: comme des piétinements de chevaux et de foule contenue.
 Quatre heures du matin sonnent comme un glas.
 Des pas nombreux montent l'escalier île pierre, traversent les longs couloirs et s'ar­rêtent devant une porte.
 La porte s'ouvre.
 Des gardiens, gauches et intimidés, envahissent la cellule du condamné à mort.
Lui, accoudé sur sa couchette, le cœur arrêté, les yeux fixant le trou béant de la porte ouverte, attend du noir messager qui entre l'arrêt de vie ou de mort.
 Un siècle se passe...
 Ce n'est pas la mort...
 Cependant, à côté de sa cellule, d'autres portes se sont ouvertes.
 Le rescapé écoute, frémissant.
 Des pas nombreux quittent en hâte les cellules, traversent les longs couloirs, descendent l'escalier de pierre, puis... plus rien.
 Au dehors, la guillotine fonctionne.
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MessageSujet: Le recours en grâce    Jeu 11 Fév 2016 - 20:37

Site très bien fait ! Bravo à son ou ses créateurs ! Étant passionné d'histoire et ayant une formation de juriste cela me passionne d'avantage.

Un condamné a t'il déjà vu sa grâce refusée puis finalement acceptée juste avant l'exécution  ?

Désolé pour la petite erreur de frappe.

A part Boyer bien sûr car c'était deux présidents (Doumer et Lebrun )
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MessageSujet: Re: Les recours en grâce   

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