La Veuve

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 Barthélémy-Étienne Poncet - 1866

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MessageSujet: Barthélémy-Étienne Poncet - 1866   Sam 12 Déc 2009 - 16:59

Le vendredi 6 octobre 1865, deux hommes, les frères Hallard, qui parcouraient les bois d'Orgemont, sur la commune d'Argenteuil (ancienne Seine et Oise), aperçurent un homme allongé au bord d'un taillis. Parvenus au plus près de lui, ils constatèrent que sa tête reposait dans une flaque de sang. L'homme était mort. Le gendarmerie locale fut prévenue. La victime, qui portait des blessures suspectes, se nommait Thomas Lavergne, 78 ans, rentier aisé, ancien commissaire civile à l'île Maurice, revenu le mercredi 4 octobre d'un séjour en Angleterre.

L'enquête fut confiée à la police de sûreté, sous la direction du commissaire Claude. Le vol était probablement la cause de l'assassinat. Le 24 octobre, un suspect, Barhélémy Poncet, fut arrêté. Surprise ! C'était un bagnard évadé. Jusqu'à la fin de l' interrogatoire il nia sa participation à l'assassinat de M. Lavergne. Il avait pourtant été vu en compagnie de ce dernier dans les parages du lieu de l'assassinat et le jour de l'assassinat, le le jeudi 5 octobre. Malgré ses dénégations répétées, il fut incarcéré.

Pégriot de bonne heure, Poncet avait été condamné à cinq ans de maison de correction à l'âge de 15 ans, à trois ans de prison à 20 ans, et en dernier, à huit ans de travaux forcés pour complicité de fabrication de fausse-monnaie et vols qualifiés. Justiciable de la relégation en tant que récidiviste, il était donc partit au bagne. En décembre 1864, avec son compagnon Gatebourse, il tentait une première évasion de la Guyanne, tuant un gardien lors de leur fuite, mais après un périple harassant, ce fut l'échec. Gatebourse décédant d'épuisement, Poncet renonça.
La réussite se concrétisa à la deuxième tentative. A la nage, Poncet parvint à rejoindre un navire qui passait au large de la baie et qui lui permit de rejoindre l'Amérique du Nord. Il s'engagea alors dans l'armée de l'Union qui combattait les états sécessionnistes confédérés du sud. Démobilisé à la suite de la fin du conflit, en juillet 1865, il resta quelque temps en Amérique puis s'embarqua pour l'Angleterre et décida ensuite de rejoindre la France. C'est au cours de ce voyage qu'il avait fait la connaissance de M. Lavergne qui rentrait d'un séjour en Angleterre.



Le procès s'ouvre aux assises de Versailles le vendredi 12 janvier 1866. Poncet se voit dressé l'acte d'accusation suivant :

1°) D'avoir en octobre 1865, dans la commune d'Argenteuil, volontairement et avec préméditation, commis un homicide sur la personne de Thomas Lavergne, lequel homicide a eu pour objet de préparer, faciliter ou exécuter le vol ci-après au préjudice dudit Lavergne.

2°) D'avoir à la même époque et au même lieu, soustrait frauduleusement une montre et une chaîne en or au préjudice de Lavergne.

3°) D'avoir en octobre 1865, à Paris, la nuit, dans une maison habitée, soustrait frauduleusement une montre et une chaîne au préjudice de Tournier.

Après l'interrogatoire de l'accusé sur ses qualités, le président fait prêter le serment d'usage aux jurés :

« Vous jurez et promettez devant Dieu et devant les hommes, d'examiner avec l'attention la plus scrupuleuse les charges qui seront portées contre Poncet, de ne trahir ni les intérêts de l'accusé, ni ceux de la société qui l'accuse; de ne communiquer avec personne jusqu'après votre déclaration; de n'écouter ni la haine ni la méchanceté, ni la crainte ou l'affection; de vous décider d'après les charges et moyens de défense, suivant votre conscience et votre intime conviction, avec l'impartialité et la fermeté qui conviennent à un homme probe et libre. »

Poncet, calme tout au long du procès, nie jusqu'à la fin de la dernière audience toute participation à l'assassinat de M. Lavergne, malgré les lourdes charges qui pèsent sur lui. Le 13 janvier, à la fin de la dernière audience, M. le Procureur impérial prend la parole et invoque l'article 302 du code pénal :

« Tout coupable s'assassinat, de parricide et d'infanticide, et d'empoisonnement, sera puni de mort, sans préjudice de la disposition particulière contenue en l'article 13, relativement au parricide. »

C'est donc la peine de mort qui est demandée. Poncet déclare « Je suis innocent .»

Le jury se retire pendant 30 minutes pour délibérer. A la reprise de l'audience le président prend la parole :

« Monsieur le chef du jury, veuillez donner connaissance de votre verdict. »

Le chef du jury se lève, très ému; il met la main sur son cœur et dit :

« Sur mon honneur et ma conscience, devant dieu et devant les hommes, la déclaration du jury est sur la première question (assassinat de M. Lavergne dans les bois d'Orgemont) l'accusé est-il coupable ? »

«Oui, à la majorité. »

La même réponse est faite sur les sept questions soumises au jury.

A son tour, le président intervient :

« Condamné, vous avez trois jours pour vous pourvoir en cassation, contre l'arrêt que vous venez d'entendre. »

Après l'arrêt, Poncet est conduit en cellule où les fers lui sont mis aux pieds et aux mains. Un pourvoi en cassation est déposé. Trois semaines plus tard il est rejeté et la grâce refusée par Napoléon III.


Dernière édition par mercattore le Dim 13 Déc 2009 - 21:01, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Barthélémy-Étienne Poncet - 1866   Sam 12 Déc 2009 - 17:05


Par Archange - 05/12/2011

EXÉCUTION DE Barthélémy - Étienne PONCET. Jeudi 8 février 1866.

Journal Le Figaro :

Un grand crime vient d'être expié : ce matin a eu lieu à Versailles l'exécution de Barthélemy Poncet, condamné à mort, le 13 janvier dernier, par arrêt de la cour d'assises de Seine-et-Oise, pour crime d'assassinat sur la personne de M. Thomas Lavergne. Le public avait cru deviner juste en calculant que, le pourvoi de Poncet ayant été rejeté jeudi par la cour de cassation, l'exécution de ce criminel aurait lieu le lundi suivant. Aussi la nuit du dimanche, une foule innombrable accourue de tous les environs de Paris ne cessa de se diriger sur Versailles, et, dès le matin, tout le parcours qui conduit au lieu des exécutions était occupé par une affluence énorme de curieux.

La rue des Chantiers, l'une des rues les plus tristes et les plus longues de la ville, et qui traverse un des quartiers du vieux Versailles, était couverte, sur une étendue de deux kilomètres, d'une foule compacte composée de la manière la plus bizarre. Des voitures de place, des voitures particulières, des carrioles de bouchers et de blanchisseurs, des cabriolets cherchaient, malgré les cris de cette multitude, à se faire livrer passage et ne l'obtenaient qu'à grand peine. On voyait des enfants, des jeunes filles, des femmes de la campagne retroussées jusqu'aux genoux et couvertes de boue. Il tombait une pluie glaciale que le vent du nord chassait fort désagréablement à la figure; tout le monde était mouillé jusqu'aux os, mais on ne se décourageait pas pour cela. Toujours de nouveaux flots d'arrivants poussaient, avec de grands cris, les flots des curieux qui les avaient précédés.

Mais le point où l'échafaud se dresse ordinairement à Versailles, et qui est sur la route de Sceaux, à l'extrémité de la rue des Chantiers, était déjà occupé par un autre courant de populations venues du côté opposé. Colombes, Gennevilliers, Argenteuil, Enghien, Saint-Gratien, localités où Poncet avait passé une partie de sa jeunesse, avaient fourni un contingent énorme de spectateurs. Ce grand mouvement fut cause que la nouvelle de l'exécution de Poncet circula dès le lundi à Paris. La foule fut encore très considérable les jours suivants , et, à peine le jour paraissait-il que des groupes stationnaient devant la maison d'arrêt, l'œil fixé sur la porte, espérant la voir s'ouvrir d'un instant à l'autre pour laisser sortir la voiture qui devait conduire Poncet au lieu de son supplice. Tous ces jours passés les greffes de Paris et de Versailles étaient assaillis par des personnes qui désiraient savoir si le jour de l'expiation avait été fixé; mais on ne pouvait les satisfaire.

Dans les environs d'Argenteuil on a longtemps eu la pensée que cette exécution se ferait sur les hauteurs du bois d'Orgemont. Les habitants supposaient que l'on abattrait les taillis et les arbres pour faire une place à l'endroit même où M. Lavergne avait été tué, afin d'y élever l'instrument du supplice. Il ne faudrait pas croire que le seul mobile de cette foule, irrésistiblement attirée à Versailles, fût la curiosité si triste de voir exécuter un criminel: on s'apercevait aisément qu'un sentiment de profonde indignation, excité par cet odieux forfait, animait la plupart des groupes.

On rappelait plusieurs crimes commis dans le canton d'Argenteuil et dont les auteurs étaient restés inconnus. On ne craignait pas d'en accuser Poncet. La veille du rejet
de son pourvoi, Poncet avait reçu la visite de son défenseur, maitre Léon de Barthélemy. Le condamné l'avait beaucoup entretenu du bruit qu'avait dû faire son procès, et il manifesta à plusieurs reprises le désir de lire les journaux qui avaient parlé de cette affaire. Il ajouta:
« Je me doute bien que ces farceurs de journaux ont dû en dire beaucoup sur mon compte. »

Poncet a été visité par ses parents. Son frère et sa belle-sœur sont venus le voir deux fois. Mais, depuis le rejet de son pourvoi par la Cour de cassation, il était devenu nécessaire de l'isoler avec le dehors, de peur qu'on ne lui apprît cette nouvelle, et il l'a ignorée jusqu'au dernier moment. Un factionnaire était placé à la porte de la cellule. Il a dit à l'un d'eux À L'UNx: « Dans quelques jours, vous serez plusieurs à me garder. » Poncet avait compris que son isolement avait une signification terrible pour lui; aussi était-il très abattu ces jours derniers, et ses traits étaient-ils tout décomposés. Cependant, il a toujours été fort tranquille.

Avant cette dernière période de sa vie, il avait eu des intervalles d'espoir; il s'abandonnait parfois à l'illusion que les démarches faites par M. l'abbé Folley pourraient lui valoir une commutation de peine. Mais le bruit avait couru que lorsque M. Folley avait eu l'honneur d'être reçu par le souverain, on lui avait fait observer que Poncet s'était échappé deux fois du pénitencier de Cayenne, et qu'une commutation de peine n'offrait pas beaucoup de garanties à la société. Cependant l'Empereur, assurait-on, avait promis à M. l'aumônier d'examiner avec soin les pièces du dossier. M. l'abbé Folley visitait souvent le condamné, et lui procurait par lui-même beaucoup de petites provisions auxquelles Poncet était très sensible. À la suite des consolations que lui donnait M. l'aumônier, les sentiments religieux avaient germé dans le cœur de Poncet, et, le 28 janvier dernier, il avait reçu la communion.

Cette semaine, Poncet avait perdu toute espérance de conserver la vie. D'horribles pressentiments avaient fait pénétrer la terreur dans son âme. Son sommeil était agité, il balbutiait des mots entrecoupés, il jetait des cris et se levait en sursaut. La nuit du dimanche au lundi, le bruit des voitures, les clameurs des passants étaient parvenus jusqu'à son oreille, malgré son sommeil, et cette sensation, venant se mêler aux images lugubres en face desquelles il s'était endormi, avait enfanté dans son cerveau un rêve des plus affreux. Aussi le lendemain, quand son réveil l'arracha à cet épouvantable cauchemar, il ne put s'empêcher de dire :

« Ma foi! cette nuit, j'ai bien cru qu'on me conduisait à l'échafaud; il me semblait que le peuple voulait se jeter sur moi pour me déchirer, mais je vois avec satisfaction que ce n'était qu'un rêve! Cependant, pas d'illusion : je vois bien que tout est terminé pour moi, et que dans ce moment-ci ça fume! ça fume!... Puis, quand sa pensée se reportait à l'exécution qui l'attendait, il disait :
« Je voudrais mourir en sortant de la prison; mais il faut aller chercher la mort à une demi-lieue d'ici. »

Ce matin, l'exécuteur des hautes-œuvres de de Paris frappait, à cinq heures moins quinze minutes, à la maison d'arrêt. Il était descendu d'une voiture spéciale avec laquelle il était venu de Paris, et qui était destinée à transporter le condamné. M. l'aumônier a été averti, et avant six heures M. l'abbé Folley entrait dans la cellule de Poncet pour lui annoncer que la justice des hommes allait avoir son cours. Le condamné s'est jeté au cou de cet excellent ecclésiastique en s'écriant: « Je suis tout prêt, monsieur l'aumônier. Je vais vous procurer là une terrible corvée; mais vous savez ce que je vous ai promis; vous n'aurez pas le moindre désagrément avec moi. Je ne vous ferai pas de peine. Je suis résigné. » Poncet a entendu la messe, dit M. l'abbé Folley; il a ensuite supporté les apprêts de la toilette avec assez de calme. Quand il a vu approcher celui qui devait lui couper les cheveux derrière la tête: « Ah! c'est vous, lui a-t-il dit, qui êtes aujourd'hui mon coiffeur ? c'est très-bien; faites votre métier. »

Cependant, lorsque cette opération s'exécutait, les cheveux du condamné, qui les avait un peu plats, se sont visiblement soulevés au-dessus du front. Les ciseaux ont fait ensuite une large entaille dans le haut de la chemise, sur laquelle l'exécuteur a jeté un vêtement bleu en forme de blouse. Avant ces opérations, Poncet s'était laissé lier les mains et les pieds sans aucune résistance. Poncet, d'un ton de voix ému, a dit adieu, en passant, aux personnes qui l'avaient gardé dans la prison. Puis il a descendu avec résolution l'escalier qui conduit au vestibule de la maison d'arrêt, où on l'a fait monter, avec M. l'abbé Folley et deux gendarmes, dans la voiture que l'exécuteur avait conduite à la maison d'arrêt. Elle avait la forme d'un cabriolet, par devant, et la forme d'un fourgon couvert par derrière. Au lieu de vasistas, on avait pratiqué des trous ronds sur les côtés.

A sept heures moins un quart, les deux battants de la prison se sont enfin ouverts. Une rumeur prolongée est partie de la foule, et la voiture, escortée par six gendarmes à cheval, commandés par un maréchal-des-logis, s'est dirigée, au grand trot, vers le lieu du supplice. Après avoir traversé l'avenue de Paris, on a suivi la rue des Chantiers, qui est très longue et qui aboutit à la barrière d'octroi du même nom. On a dépassé, à gauche, le champ de course de Porchefontaine, et l'on s'est arrêté un peu plus à droite sur la route de Sceaux. Là se trouve l'entrée d'un bois appelé le bois du pont Colbert. Entre la route et l'entrée de ce bois, qui est fermé de toutes parts, on a laissé libre un espace de douze mètres carrés. C'est sur cet étroit emplacement (1) borné de trois côtés par les barrières du bois, que l'échafaud avait été dressé la nuit précédente, à l'aide de flambeaux. Comme on avait su que l'exécution était pour ce matin, les habitants de Montreuil, près Versailles, dont les maisons sont situées sur une hauteur, examinaient de loin ces quelques hommes qui, à l'aide de flambeaux vacillants, préparaient la fatale machine. Un piquet d'infanterie avait gardé l'échafaud toute la nuit.

Le condamné est monté sur la plate-forme par le côté qui regardait la route ayant la face tournée vers le bois du Pont-Colbert. Il a gravi les marches d'un pas assuré, entre un aide et l'exécuteur. M. l'abbé Folley marchait devant eux en surplis et en camail avec un christ à la main. Parvenu en haut, Poncet s'est agenouillé pour baiser le christ, et au moment où il se relevait, l'abbé Folley l'a embrassé, suivant le désir du condamné. Poncet a protesté de son innocence et il a salué les spectateurs par de petits mouvements de tête. À ce moment, il avait les yeux hagards, et la pâleur de son visage était extrême. L'exécuteur a ôté à Poncet la blouse jetée sur ses épaules, et le condamné, saisi par les aides, a été rapidement bouclé à la planche à bascule; le corps de Poncet s'est abaissé en un clin d'œil, et quelques secondes s'étaient à peine écoulées que sa tête tombait, à sept heures, au milieu des frémissements de la foule. Les spectateurs, qui étaient très bruyants, avaient gardé le plus profond silence dès que la voiture du condamné avait paru. Après l'exécution, on a entendu des applaudissements.

M. l'abbé Folley, pour ne pas voir l'exécution, a eu à peine le temps de monter dans une voiture particulière qui l'attendait au pied de l'échafaud. Mais quelques minutes après, il a pu voir passer devant lui l'espèce de fourgon où il se trouvait quelques instants auparavant avec Poncet, et qui ne renfermait plus que son cadavre jeté dans une malle d'osier. Un aide allait conduire ce cadavre au cimetière de Montreuil. Deux gendarmes à cheval suivaient cette voiture. L'exécuteur de Paris avait ses deux aides, et il était encore assisté de l'ancien exécuteur de Versailles, faisant, dans cette circonstance, office d'aide. Ce dernier était dans la voiture qui portait au cimetière les restes du condamné. Là, un commissaire de police attendait le corps pour constater l'inhumation. On s'attendait si bien à l'exécution de Poncet que sa fosse était préparée depuis trois jours.

L'exécution était protégée par un piquet de grenadiers de la garde, par un piquet de zouaves et un escadron de lanciers. Toute cette nuit, il était arrivé des curieux à Versailles de toutes les directions. Aussi, avant le jour, la route de Paris à Sceaux, sur le bord de laquelle, comme on a vu, était dressé l'échafaud, n'était plus abordable pour les retardataires.


___________________________________________________________________________________________________________________________________ OK 3

* Le journaliste Georges Grison décrit ainsi les parages où l'échafaud était dressé :

« Étrange lieu d'exécution que ce Pont-Colbert. C'est un pont situé sur la route n°86, entre le bois des Gonards et le champ de courses de Porchefontaine. Une grande allée, qui s'enfonce dans les bois, dessine un pittoresque carrefour, garni de gazon et de mousse, et au-dessus duquel les grands arbres se rejoignent pour former un bosquet : c'est là que se dresse l'échafaud. C'est là que tomba la tête de Poncet , qui a laissé une légende dans le monde des assassins, et celle de Brûlé, le dernier condamné exécuté par M. Heindreich qui mourut quinze jours après.

________________________________________________________________________________________________________________________________________

* Aperçu sur M. Heidenreich par un journaliste, l'après-midi précédent l'exécution de Poncet (Le Temps).

Un homme à la stature colossale, aux cheveux et aux favoris entièrement blanc, à la démarche aisée et même légère, aux yeux châtains perçants et vifs et à la figure intelligente. Il était vêtu d'un manteau marron qui recouvrait un paletot de drap vert foncé, d'un pantalon noir et de bottines vernis à boutons. Un large cache-nez de laine blanche cachait sa cravate.
— Quel est cet homme ? demandai-je à M. Foramain, greffier de la justice de paix..
— C'est l'exécuteur des hautes-oeuvres de Paris, me répondit-il à l'oreille.

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— A Versailles, la guillotine était remisée dans un local situé au sous-sol de le prison, un entrée donnant sur la rue y permettant l'accès.
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- Barthélémy Poncet a laissé des feuillets de mémoires qui ont été mis en ordre et édités sous le titre :
« [b] Mémoires authentiques de Barthélemy Poncet, faits dans la cellule des condamnés à mort à la maison de justice de Versailles, le 23-01-1866
», Paris, Fayard, 1869.

1) Grison Georges Souvenirs de la place de la Roquette , éditeur E. Dentu, Paris, 1883

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Sources principales :

— Divers périodiques et principalement : Le Temps - Le Figaro - Le Petit-Journal.

— Les « Mémoires de monsieur Claude, chef de la police de sûreté sous le second empire », éditions J. Rouf, Paris, en 10 volumes. Plusieurs rééditions contemporaines (abrégées) chez Arléa, Club du livre, etc. facilement trouvables.

— Pour Poncet, sur le net : http://www.archive.org/stream/mmoiresdemonsie05claugoog/mmoiresdemonsie05claugoog_djvu.txt

* Barthélémy-Étienne Poncet ne figure pas au Palmarès pour l'année 1866. Par contre, un nommé Poncet (sans prénom) est mentionné pour l'année 1860. Lieu d'exécution : Versailles. Date : le 08-02. Il s'agit probablement du même.
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