La Veuve

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 Étienne Dolet - 1546 - et autres exécutions étranges

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MessageSujet: Étienne Dolet - 1546 - et autres exécutions étranges   Ven 4 Déc 2009 - 16:13

— Les bigames étaient fouettés publiquement, certains étant ensuite pendus. Dans les deux cas, deux quenouilles étaient placées  à coté des condamnés lors de leur peine (cité par J-A Dulaure)*

— Au XVIIIème siècle, il est mentionné comme accessoires placés à coté de deux condamnés : un tube de plomb, pour un voleur de plomb (12-01-1785 - Archives nationales), une épée, pour un porteur d'arme illicite (12-04-1715 - Archives nationales).

— Les personnes convaincues de bestialité étaient ordinairement condamnées à la pendaison suivie de la mise au bûcher, l'animal subissant également cette mise au feu (registres criminels du Parlement, cotés 89, 105. Cité par Dulaure).

TROIS CAS :

Guyot Vuide :  Pendu puis brûlé le 26 mai 1546 pour avoir cohabité avec une vache. Elle fut assommée avant d'être jetée sur le bûcher (registre, de la Tournelle criminelle, coté 84. Cité par Dulaure).

Jean de la Soille : Coupable du même crime que Vuide mais avec une ânesse . Brûlé vif le 5 janvier 1556. L'ânesse fut assommée avant d'être jetée sur le bûcher (registre de la Tournelle criminelle, coté 105. Cité par Dulaure).

Gilles Soulart : Prêtre. Brûlé vif à Corbeil pour avoir cohabité avec une truie (compte de la Prévôté de Paris. Cité par l'historien Henri Sauval et repris par Dulaure).

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— L'écuyer Urbain-le-pauvre est décapité le 12 mars 1554 pour avoir tranché la gorge de son père. Lors du rituel parricide, le bourreau brise en deux l'épée que le condamné avait utilisée pour commettre son crime (registres criminels du parlement. Cité par Dulaure).

* DULAURE Jacques-Antoine « Histoire de Paris, physique, civile et morale », bureau des publications illustrées, Paris, 1839.
Septième édition, en quatre tomes. Tome II pour les cas cités.

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Les livres ayant subi l'interdiction de vente, d'exposition, étaient saisis  puis brûlés par l'exécuteur de la haute justice. A Paris, ils étaient brûlés au pied de l'escalier du Palais de justice.


Quand le livre mène à la potence.


2012-05-15 par Adelayde

Étienne Dolet (1509-1546)  Écrivain, Imprimeur, poète, philosophe, sous François Ier, il fut accusé d'hérésie et emprisonné en 1544. Trois chefs d'accusation lui furent adressés : Blasphème, sédition, et exposition de livres prohibés et damnés. Le parlement de Paris le condamna à la peine de mort.                                                Avec cette exécution, la France perdit un imprimeur de grande qualité qui, avec le temps, serait devenu l'égal des plus grands.

2 août 1546. Transcription de la dernière partie de l'arrêt d'exécution d'Étienne Dolet par le parlement de Paris :

Il sera dit que la dicte court a condamné le dit Dolet  prisonnier, pour réparation des dicts cas, crimes et délits a plain contenus contre lui fait, à estre mené et conduit par l'exécuteur de la haute justice en un tombereau, depuis les dictes prisons de la dicte conciergerie du palais, jusques à la place Maubert, où sera dressé et planté, en lieu plus commode et convenable une potence,  à l'entour de laquelle sera fait un grand feu, au quel après avoir esté soulevé en la dicte potence, son corps sera jeté et bruslé avec ses livres et son corps mué et converti en cendres et a déclairé et déclaire tous et chacuns les biens du dict prisonnier acquis et confisqués au roy, sur les quels a réservé et réserve faire préalablement droit aux dicts Mareault et Compaing ez dits noms et Jacques de Vaulx et pour ce faire et outre procéder en la matière, a renvoié et renvoie les dictes parties pardevant le dict sénéchal de Lyon ou son lieutenant et néanmoins a ordonné et ordonne la dicte court, que auparavant l'exécution de mort du dit Dolet il sera mis en torture et question extraordinaire pour enseigner ses compagnons.

Lizet     —     DE Montmirel

Et néanmoins est retenu in mente curiœ, que où le dict Dolet fera aucun scandale ou dira aucun blasphème  la langue luy sera couppé et bruslé tout vif.



2012-05-15 par Adelayde

Plaque en mémoire d'Étienne Dolet, apposée à l'emplacement de son imprimerie, 55 rue Mercière, à Lyon (IIème).




2012-05-15 par Adelayde

Sa statue à Paris.
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Adelayde
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MessageSujet: L'encre et le feu - Étienne Dolet    Mar 15 Mai 2012 - 19:49


L'encre et le feu - Étienne Dolet (1509 - 1546)

Quelques liens intéressants :

http://www.bm-lyon.fr/expo/09/dolet/zoom.php

http://edolet.free.fr/article.php3?id_article=22


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Privilège accordé par le roi





Rabelais - Pantagruel





Rabelais - Gargantua

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Le timbre commémorant le 500ème anniversaire de sa naissance sera émis par La Poste, " Timbre Premier jour ", le samedi 4 juillet 2009. Tiré à 2 500 000 exemplaires, il sera disponible dans tous les bureaux de Poste dès le mardi 7 juillet 2009. La parution de ce timbre est due à l'initiative de l'association lyonnaise des Amis d'Etienne Dolet . Un livre qui retrace sa vie est également diponible sur le site :

amis-etienne-dolet.com

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testou
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MessageSujet: Re: Étienne Dolet - 1546 - et autres exécutions étranges   Mer 16 Mai 2012 - 22:43



on a du mal à comptabiliser les cas de "bestialité" , car il faut savoir que souvent les minutes du procès étaient aussi

détruites avec le (les ) condamnés.

il est cité un cas où l'animal fut aussi jugé , un âne en l'ocurence , qui s'apellait Guyot ( ortographe non certaine ), à Lyon.
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benjamin
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MessageSujet: La condamnation à Mort d'Etienne Dolet.   Sam 3 Aoû 2013 - 15:43

le 3 août 1546

Ami de Rabelais et de Marot, l'écrivain et imprimeur lyonnais Étienne Dolet est exécuté le 3 août 1546, place Maubert à Paris, pour trois petits mots de trop. Trois mots qu'il ajoute à la traduction d'un discours de Socrate. Celui-ci, s'adressant en grec à son ami Axiochus, prononce la phrase suivante : "... Et si tu mourais, elle [la mort, NDLR] ne serait pas davantage pour toi, puisque tu ne serais plus rien." Pour insister, Dolet traduit cette phrase par : "... Et si tu mourais, elle ne serait pas davantage pour toi, puisque tu ne serais plus rien du tout."

Pour le tribunal inquisitorial, ce "rien du tout" équivaut à une négation blasphématoire de l'immortalité de l'âme. Cela fait de lui un hérétique bon à être jeté dans un bûcher. La cour, présidée par Pierre Lizet, condamne Dolet à être pendu, puis brûlé sur la place Maubert. Et s'il vient à causer du scandale sur l'échafaud, il aura la langue coupée et sera brûlé vif directement.

Avant d'être mené à l'échafaud, l'imprimeur est soumis à la question extraordinaire comme il est de coutume pour tous les condamnés à mort. C'est une petite réjouissance destinée à lui faire cracher le nom d'éventuels complices. Le bourreau emploie les grands moyens : le broyage de genou. Il demande à l'imprimeur de plier une de ses jambes de façon à coller le mollet contre la cuisse avant d'emprisonner le genou dans une sorte d'étau en fer, la mordache. En actionnant une vis, l'exécuteur comprime les deux parties de la jambe jusqu'à faire exploser les tendons, les os et les muscles dans d'horribles craquements. Dolet hurle de douleur. Les deux genoux y passent. Mais il n'a personne à dénoncer.

Incapable de marcher, Dolet est jeté dans un tombereau pour être conduit sur le lieu de son supplice. Le convoi se fraie un difficile passage dans les étroites rues de Paris envahies par la populace, les animaux et la boue. Comme à chaque exécution, la foule est là, nombreuse. Plusieurs témoignages différents de l'exécution nous sont parvenus. L'un montre l'imprimeur, debout sur l'échafaud, s'adressant à la foule qu'il croit entendre se lamenter sur son sort. Il a encore la force de faire, en latin, un jeu de mots sur son nom : "Non dolet ipse Dolet, sed pia turba dolet. : "Non, ce n'est pas Dolet qui gémit sur lui-même, mais ce bon peuple." Le lieutenant criminel, pas en reste d'esprit de repartie, aurait alors répondu : "Non pia turba dolet, sep Dolet ipse dolet." Soit en bon français : "Ce n'est pas ce bon peuple qui gémit, mais Dolet lui-même."

Deuxième version de la mort de l'imprimeur figurant dans une lettre écrite vingt jours plus tard : au pied de la potence, l'exécuteur ordonne à Dolet d'invoquer Dieu et les saints pour mourir en bon chrétien. Le pauvre homme, souffrant intensément de ses tortures, balbutie quelques mots qui ne satisfont pas le bourreau. Alors, celui-ci réitère sa demande, le menaçant de lui couper la langue et de le jeter vivant dans le feu, comme le prévoit le jugement. Dolet s'exécute, répétant en latin cette pieuse formule : "Mon Dieu, que j'ai si souvent offensé, accordez-moi votre grâce ; et je vous en supplie, Vierge Mère, et vous aussi saint Étienne, demandez à Dieu d'avoir pitié du pauvre pécheur que je suis." Puis, il aurait ajouté quelques mots pour recommander de lire ses ouvrages avec prudence, lesquels contenaient des opinions auxquelles il n'avait jamais cru. Satisfait de ce petit discours, le bourreau lui fait la grâce de le pendre avant de le réduire en cendres. Selon un autre témoin, Dolet aurait encore dit avant de disparaître : "Va-t-en, esprit, droit au ciel pur et munde [proprement]. Et toi, mon corps, au gré du vent voler, comme mon nom volait parmi le monde."

Ce qu'il faut retenir, c'est que Dolet n'a pas été condamné pour calvinisme ou athéisme comme on le croit trop souvent, mais victime d'une cabale de ses confrères imprimeurs qui l'ont jeté dans les bras de l'Inquisition, grâce à ce "rien du tout" tiré par les cheveux, pour se débarrasser de cette grande gueule. En effet, celui-ci n'a pas l'habitude de mâcher ses mots, ce qui lui a valu de nombreux déboires.

Étienne Dolet est un pur homme de la Renaissance, un lettré humaniste. Il étudie à Paris, Padoue, puis à Toulouse, dont il doit s'enfuir pour avoir dénoncé sans grande diplomatie la dissolution des sociétés d'écoliers par le Parlement toulousain. En 1534, à l'âge de 25 ans, il part s'installer à Lyon, la ville du livre, où il travaille comme correcteur chez l'imprimeur Sébastien Gryphe. Il retrouve son ami Rabelais dont il avait fait la connaissance à Toulouse, et qui exerce le même métier que lui. Même si quatorze ans séparent les deux hommes (Dolet est le plus jeune), ils sont très proches. Même amour de l'Antiquité et de la liberté, même mépris des chemins battus. En 1532, Rabelais avait publié le premier livre de Pantagruel chez l'imprimeur lyonnais Claude Nourry. À titre de précaution, il avait signé Alcofribas Nasier. Bien vu, car, en 1533, la Sorbonne censure l'ouvrage pour obscénité.

La relation entre les deux hommes va bientôt s'envenimer à l'occasion d'une réédition de Gargantua par Dolet. Cela se passe en 1542. À l'époque, pas de droits d'auteur, l'éditeur se borne à copier une ancienne édition pour la réimprimer. Seulement, ce que Dolet ignore, c'est que son ami Rabelais est devenu chanoine et qu'il n'assume plus du tout ses écrits antérieurs. L'écrivain entreprend même de censurer les passages les plus crus et condamnables de son oeuvre. Quand Rabelais découvre la publication par Dolet de son manuscrit initial, il prend peur pour lui-même. D'autant que son ami est soupçonné d'hérésie. Terrorisé, Rabelais n'hésite pas à publier une lettre accablante pour Dolet, l'accusant de vol et se proposant comme témoin à charge dans son procès. Une lâcheté dont Rabelais est coutumier. Grand écrivain, petite âme. Il rit de tout sauf du danger pour sa petite personne.

C'est qu'en effet, à cette époque, Étienne Dolet est la victime d'une cabale de ses confrères imprimeurs lyonnais. Ceux-ci en ont ras la casquette de celui qui les traitait déjà d'incompétents, d'ignares et même d'alcooliques quand il n'était que correcteur. L'antagonisme monte d'un cran en 1538 quand, en vertu d'un privilège exceptionnel, François Ier octroie à Dolet le droit d'imprimer des auteurs modernes et antiques. Les imprimeurs voient d'un sale oeil ce nouveau concurrent qui ne cesse de les insulter. Mais, surtout, ils deviennent enragés quand Dolet prend le parti des ouvriers imprimeurs lors d'une grève pour dénoncer leurs terrifiantes conditions de travail. De quoi se mêle-t-il ? Bref, les imprimeurs lyonnais décident de se débarrasser de ce gêneur.

Le meilleur moyen, c'est encore de le dénoncer à l'Inquisition de la foi comme hérétique et schismatique. Facile, il suffit de chercher dans les ouvrages qu'il publie des passages compromettants. Ce qui est fait. En juillet 1541, Dolet est donc jeté en prison. Procès ! Le tribunal de l'Inquisition le déclare coupable avant de le livrer au bras séculier pour une condamnation à mort. Pourtant, Dolet échappe au bûcher grâce à de puissants protecteurs qu'il possède à Paris. Le voilà libéré, mais pas pour longtemps, car ses ennemis ne désarment pas. Ils expédient à Paris deux ballots de livres interdits en y faisant figurer le nom d'Étienne Dolet. Le voilà à nouveau emprisonné. Mais, cette fois-ci, il s'évade, s'enfuit dans le Piémont.

Quand il rentre en France pour tenter d'établir son innocence, il est arrêté et enfermé à la Conciergerie en août 1544. Nouveau procès pour l'imprimeur, mais cette fois-ci il ne trouve plus personne pour venir à son aide. Ses principaux soutiens sont morts ou à l'étranger, ou bien n'osent plus, tout simplement, le défendre. Le tribunal peut enfin lui faire payer ses critiques acerbes contre l'Inquisition, ses épigrammes contre les théologiens et les moines. On peut dire qu'il ne fait pas dans la dentelle, comme en témoigne cette charge : "La troupe de porteurs de capuchon courbe la tête et ne cesse de répéter nous sommes morts au monde. Cependant ils mangent beaucoup de bétail, et ne boivent pas trop mal ; ils ronflent, ensevelis dans l'ivresse, sacrifient à Vénus et goûtent en parasite à toutes les voluptés... Sur la terre ils ne représentent qu'un poids stérile et ne servent à rien, si ce n'est à la scélératesse et au vice."

Bref, ce "rien du tout" est bienvenu pour se débarrasser de Dolet qui s'est mis presque tout le monde à dos. En tout cas, s'il est pendu et brûlé, ce n'est pas en tant que protestant. Il hait autant les intégristes religieux de l'Église que ceux de la Réforme.

D'après un article du point.fr (de F. Lewino), débarrassé de ses scories oiseuses.
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pilayrou
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MessageSujet: Re: Étienne Dolet - 1546 - et autres exécutions étranges   Dim 4 Aoû 2013 - 10:34

Brest-Centre : Rue Etienne Dollet et la nouvelle église Saint-Louis (construire après 1944).

Toutes ces exécutions nous montrent au final que l'Administration avait vraiment du temps et des sous à perdre en cérémonial !


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MessageSujet: Re: Étienne Dolet - 1546 - et autres exécutions étranges   

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