La Veuve

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 Jan Coucke - Pieter Goethals - 1860

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tontonedouard
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MessageSujet: Jan Coucke - Pieter Goethals - 1860   Jeu 26 Nov 2009 - 12:31

Deux guilotinés célèbres en Belgique
http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Coucke_et_Goethals
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piotr
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MessageSujet: Re: Jan Coucke - Pieter Goethals - 1860   Dim 12 Juin 2011 - 20:59

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Adelayde
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MessageSujet: Jan Coucke et Pieter Goethals   Mer 22 Juin 2011 - 15:14


L'affaire Coucke et Goethals



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Les faits

L'affaire Coucke et Goethals est une affaire judiciaire belge qui impliqua deux travailleurs belges néerlandophones qui ne connaissaient pas le français.
Jan Coucke et Pieter Goethals sont reconnus coupables par la Cour d'assises du Hainaut du meurtre de la veuve Dubois à Couillet le 25 août 1860. Tous deux ont été condamnés à mort et guillotinés à Charleroi le 16 novembre 1860 à la suite d'un procès dont ils n'avaient pas compris un mot, ni des éléments de leur dossier judiciaire ni des plaidoiries. L'interprète désigné par ce tribunal ne connaissait en effet pas suffisamment le flamand, et la médiocrité de ses traductions fut par la suite dénoncée.

Durant le procès de la bande Noire, un des accusés, Léopold Ravet, affirma avoir participé au crime de Couillet pour lequel Coucke et Goethals avaient été condamnés à mort. Ravet minimisa sa participation mais affirma que François Hubinon, Auguste et Joseph Leclercq avaient perpétré le cambriolage et par là même le meurtre de la veuve Dubois. Ravet s’est contredit à plusieurs reprises ce qui fit dire au procureur général, Charles-Victor De Bavay, que ce n'était qu'une tactique pour s'attirer les bonnes grâces de la justice. Bien que fort peu probables, ces déclarations remirent, à l’époque, le procès des deux Flamands au-devant de l'actualité et laissèrent par la suite planer le doute d'une possible erreur judiciaire. Ce procès ne fut cependant jamais révisé à l'initiative d'un ministre de la Justice, l'action ne pouvant être établie que par la famille et les descendants des condamnés.

Cette affaire est souvent montée en épingle par les Flamands de Belgique qui considèrent que leur réhabilitation revêtirait une haute valeur symbolique.

http://encyclo.voila.fr/wiki/Affaire_Coucke_et_Goethals

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Coucke et Goethals, condamnés parce qu’ils étaient… coupables

L’imagerie nationaliste flamande s’est approprié les têtes décapitées à Charleroi le 16 novembre 1860 de Jan Coucke et Pieter Goethals, deux Flamands condamnés à mort par la cour d’assises de Mons pour leur participation au meurtre de la veuve Dubois, attaquée et blessée à mort dans sa maison de Couillet la nuit du 23 au 24 mars 1860. « Condamnés par un tribunal wallon car ils ne comprenaient pas le français et n’ont pu se défendre », clament encore les ultras. « Mis à mort parce que Flamands ! »

Le 31 juillet 2006, l’ex-ministre de la Justice Laurette Onkelinx, interpellée par le Vlaams Belang, refusait d’entreprendre une procédure en révision du procès des deux condamnés, les conditions légales n’étant pas réunies…

Cette légende d’une traque francophone aux « Flahutes » se perpétue surtout depuis la publication en 1938 du « roman historique » du nationaliste Raf Verhulst. Son récit (Jan Coucke en Pieter Goethals) connut un vif succès en Flandre. C’est une ode grandiloquente aux condamnés, érigés en porte-étendards de la Flandre humiliée. Verhulst invente le suicide du juge d’instruction Félicien Aulit pétri de remords. Il imagine des dialogues entre le procureur général de Bavay et ses policiers se réjouissant de se payer deux « Flamins ». Il décrit la foule braillarde de Charleroi se délectant du sang versé par deux héros flamands (2). Cette… fiction n’épouse pas la réalité judiciaire.

Les faits ? En 1860, des maraudeurs sévissent dans le Hainaut et le Namurois. Des fermes sont attaquées la nuit. On craint le retour des « chauffeurs », ces brigands qui faisaient rôtir les pieds de leurs victimes pour leur faire avouer l’endroit où ils cachaient leurs économies. Le dimanche 25 mars, le Journal de Charleroi rapporte l’agression brutale subie à Couillet par Scolastique Dussart, veuve Dubois. Dans la nuit du vendredi au samedi, elle s’est fait agresser par trois malandrins. Lui piochant cruellement l’épaule à coups de fer de pioche, ils lui ont fait dire l’endroit où elle cachait un porte-monnaie empli d’or et de 650 F d’économies. Les domestiques ont vu des ombres fuir. Seule témoin des faits, la veuve Dubois raconte que deux des agresseurs parlaient entre eux le flamand et qu’elle les a déjà vus chez elle.

L’enquête du maréchal des logis François Linneman mène à l’arrestation de Pieter Goethals, chef-piocheur au chemin de fer de Couillet, et Jan Coucke, marchand de légumes établi aussi à Couillet. Ils se sont enivrés (50 bières !) dans un café en compagnie de deux boulangers. On les a vus peu avant minuit prendre la direction de la ferme Dubois où, naguère, ils ont battu le foin. Coucke a rejoint sa piaule et sa maîtresse Rosalie Gagnage dans la nuit. Il avait le visage noirci, comme les agresseurs de la veuve Dubois. Goethals est rentré dans la cabane qu’il partage avec deux autres piocheurs, se ménageant déjà un alibi. La veuve succombe à l’infection provoquée par sa blessure. Les deux incarcérés se disent innocents. Jusqu’au jour où Goethals fait des aveux complets au directeur de la prison de Jumet. Il les réitère à cinq reprises. Aux assises, il a beau revenir sur ses dires, sur réquisition du procureur général de Bavay, la cour les condamne à mort. Non pour le meurtre de la veuve mais pour complicité.

Selon la légende nationaliste, les accusés ne connaissent pas le français et leurs propos ont été traduits par un « gendarme luxembourgeois connaissant aussi mal le français que le néerlandais ». Vrai ? Faux. Le 25 juillet, à la veille du procès, le président de la cour d’assises Edouard Scauflaire désignait le traducteur-juré d’origine néerlandaise Pierre Van Horenbeek. Et les accusés, implantés de longue date à Couillet, connaissent (certes mal) le wallon et le français nécessaires à leur commerce. Cinq mois après leur exécution, dénoncée par les abolitionnistes (3), on arrête un certain Rabet, chef de la « bande Noire » soupçonnée de nombreux crimes, et dénoncé par sa maîtresse comme impliqué dans le meurtre de la veuve Dubois.

Ses complices, les frères Leclercq et leur oncle Hubinon, font l’objet d’une instruction serrée. Isolés à la prison de Gand, ils décriront, chacun dans une version concordante, le rôle des deux « Flamands » dans l’agression de Mme Dubois.

On prononcera neuf condamnations à l’encontre de la « bande Noire ». Deux seront exécutées. Reconnus à juste titre comme complices, Coucke et Goethals furent les victimes excessives d’une justice énervée par une délinquance d’époque insupportable. Ils ne méritaient pas la mort. Mais ils ne furent pas exécutés « parce que Flamands ».

(1) Auteur de pièces de théâtre, romans et pamphlets nationalistes, Verhulst dirige pendant la Première Guerre la Vlaamsche Gazet, porte-voix du pangermanisme. Il fuit en Hollande après la défaite allemande de 1918. En 1920, la justice belge le condamne à mort par contumace. Il continuera son combat nationaliste depuis l’Allemagne.
(2) Johan Vande Lanotte, Siegfried Bracke et Geert Goedertier écrivent encore (dans België voor beginners, Die Keure, Bruges, 2005) que Coucke & Goethals ont été exécutés sans avoir compris leur procès et renvoient en guise d’illustration au livre de Verhulst. Idem dans la version en français La Belgique pour les débutants.
(3) Victor Hugo fut de ceux-là. Dans le journal L’Indépendance du 22 novembre 1862 il qualifia le procureur de Bavay de « boa d’orgueil » et de « chenille d’infirmités ». Lors du débat sur l’abolition de la peine de mort, le 7 février 1866, l’élu francophone Joseph Forgeur évoqua « ces deux malheureux qui laissent dans la conscience de chacun de nous le doute le plus profond et le plus cuisant sur leur culpabilité. » Dans le Journal des Tribunaux du 21 novembre 1889, Jules Destrée demanda la révision du procès.

http://archives.lesoir.be/saga-belgica-4-30--coucke-et-goethals-condamnes_t-20080528-00G876.html

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MessageSujet: Re: Jan Coucke - Pieter Goethals - 1860   Mer 22 Juin 2011 - 18:08

Et depuis ce pataquès linguistique, si la peine de mort continua à faire partie de son arsenal judiciaire, La Belgique se "priva" de l'exécution proprement dite par le biais d'une déclaration du souverain dans sa prestation de serment d'intronisation; "Ne plus laisser exécuter un condamné au civil en temps de paix".

La Wallonie a cependant conservé une affection toute particulière pour ce genre de condamnation teintée de xénophobie, comme le reste de ses sentences d'ailleurs.
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MessageSujet: Re: Jan Coucke - Pieter Goethals - 1860   Jeu 23 Juin 2011 - 19:27

La haine est-elle donc si forte entre Flammands et Wallons?

Si tel est le cas, je comprends mieux pourquoi il n'y a plus de gouvernement là-bas depuis de nombreux mois... No

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MessageSujet: Re: Jan Coucke - Pieter Goethals - 1860   Sam 27 Fév 2016 - 7:50

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MessageSujet: Re: Jan Coucke - Pieter Goethals - 1860   

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