La Veuve

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 La garotte - supplice du garrot

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RVIZCAIN
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MessageSujet: DATES...   Sam 22 Aoû 2009 - 18:14

À partir de 1820, selon les bouquins spécialises.

Fernando VII l'a instauré pour appliquer les peines de mort en Espagne à partir de 1820.

Pour eviter le mauvai spectacle des condamnés en mouvant les jambes jusqu'à plusieurs minutes aprés avoir été pendus, Fernando VII a procedé à choisir le garrote comme moyen pour faire passer à l'éternitée aux citoyens qu'ils devait le faire par avis des juges et justices.



Jusqu'à 1974 il à été utilisé pour executer à Puig Antich et Heinz Chez (son vraie nom c'etait Georg Michael Welzel; mais ça c'est une autre histoire).

Ces deux condamnés ont été executés à 9 heures à Barcelona, Puig, et à 9:40 heures à Tarragona, Georg, le 2 mars 1974.



Le bourreau de Georg, c'etait la premiere et unique execution qu'il a fait; le metier en Espagne n'avez pas de "periode d'apprentissage". La plupart de fois un bourreau se faisait accompagner par un copain que'aprés -sans avoir vu d'autres executions- il sollicitait la place.

Alors, dans l'execution de ce condamné, les temoins disent que ce fut "horrible".

On parle de 1974. Le Skylab est dejà 85 jours au tour de la terre. Portugal commence à voir sa "Revolution des Oillets". Valerie Giscard, gagne les elections en France. L'Indie fait explosioner sa premiere bombe atomique. Nixon: Watergate.

En mars, la vis du garrot ecrase les vertebres, plus ou moins rapidement, du cou de Puig Antich dans un petit un magasin d'archives et papiers face au mur pour eviter voire ses grimaces et la face bleu à cause du collier d'acier.

Georg auras une execution terrible à mains d'un bourreau que ne savez même pas qu'il falait une poutre pour installer le garrot.

Bonjour.



Roberto.
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Pibrac
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MessageSujet: Manille 1901   Mer 16 Déc 2009 - 22:40

Un garrotage très intéressant,à voir le regard des témoins!!!

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BrunoJohn
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MessageSujet: Re: La garotte - supplice du garrot   Dim 28 Fév 2010 - 14:15

Ce ne serait pas en Espagne qu'un homme a été condamné deux fois à mort pour le même crime ?
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benjamin
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MessageSujet: Re: La garotte - supplice du garrot   Mar 9 Mar 2010 - 8:02

Le garrotage était une des manières les plus avilissantes et les plus infamantes, pour mettre quelqu'un à mort.

D'abord en raison de l'instrument lui même: la vis se bloquait fréquemment dans les débuts ; puis son pas - pour éviter ce défaut - était suffisamment court pour que son resserrement ne comprime le cou du condamné que très lentement: l'écrasement de la colonne verticale ainsi que l'étranglement mettaient alors de longues secondes à produire leur effet, temps pendant lequel le condamné suffoquait, avait les yeux exorbités, bavait, urinait, déféquait: aucun maintien possible d'un minimum de dignité.

Ensuite des bourreaux étaient inexpérimentés (cela fut signalé plus haut), parfois des tristes sires gagnant ainsi des faveurs matérielles. (on en a extrait un de prison où il purgeait une peine pour abus sexuel sur un jeune garçon afin qu'il exécute un condamné)

A noter que Puig Antich, condamné par un tribunal militaire, aurait logiquement du être fusillé et que des proches de Franco - qui n'a rien voulu savoir - l'ont demandé. Des témoignages relateraient que le garrot fut serré avec une lenteur inhabituelle, ce qui a augmenté le temps de souffrance d'Antich dont le courage a forcé l'admiration générale.

Un autre condamné, dont le nom m'échappe, n'avait commis aucun meurtre. Il fut exécuté seulement pour son appartenance à la mouvance anarchiste auquel il aurait apporté un (faible) soutien logistique, et ses supplications vaines ont ému toute l'assemblée à un point indescriptible. Le bourreau n'a pu que bredouiller "qu'il ne le ferait pas souffrir"...

**************************

La pendaison, au moins, quand elle "ne rate pas" et quelle s'effectue par "long drop" (chute longue) insensibilise sur le coup: le condamné tombe d'une distance calculée en fonction de son poids (de trop haut, il risque la décapitation; de trop bas, un long étrangement) ce qui rompt la moelle épinière (surtout quand le nœud, contrairement à ce qu'on voit dans la filmographie, est placé devant ou sur le côté du cou). Cette rupture insensibilise le condamné - comme un paraplégique total - ce qui ne signifie pas qu'il est cliniquement mort (Saddam Hussein est resté accroché 8 mn à sa corde, pour s'assurer de l'arrêt du cœur par désoxygénation du péricarde: le cœur comme d'autres organes vitaux dispose de certains nodules nerveux qui lui permettent de battre indistinctement du SNC)

Le "short drop", lui, n'est qu'un étrangement qui correspond à la formule "pendez le haut et court". Très haut, pour que la foule voie le supplicié, et avec une corde courte. En France, le bourreau abrégeait en général les souffrances du pendu en grimpant sur ses épaules, des aides se suspendant également à ses jambes.

En Angleterre, avant la généralisation du "long drop", on permettait à des proches d'accomplir cet office macabre pour abréger les souffrances d'un condamné qui, en plus, donnait une vision épouvantable avec ses grimaces et ses soubresauts.

En Iran, de nos jours, il n'y a pas pendaison réelle, mais étranglement qui constitue un raffinement odieux du supplice: le condamné est muni d'un nœud qui ne coulisse que fort peu, et est hissé lentement à l'aide d'une grue. Il peut ainsi mettre plusieurs minutes à agoniser. L'année dernière, une foule révoltée a pu libérer deux condamnés suspendus depuis plusieurs minutes (!!) qui ont réussi à s'enfuir... avant d'être rapidement repris et exécutés plus tard dans l'enceinte d'une caserne
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MessageSujet: Le supplice du garrot - Les étranglés   Jeu 2 Juin 2011 - 16:22

Les Étranglés.




Ils sont quatre sur l'horrible échafaud... Sur l'échafaud légué par la vieille Inquisition, et qui déshonore ce temps comme un retour offensif de la nuit...

Ils sont quatre... assis, liés à des poteaux, le corrompu, la langue pendante et violette. Le courage de ces hommes fut indomptable, en chapelle depuis vingt-quatre heures ils n'ont cessé de crier : « Vive la Liberté ! Vive la Justice ! » Et ce chant suprême, perpétué jusque sur la plateforme du supplice, mêlé aux hymnes mortuaires des prêtres, dominant par son ampleur les cliquetis des sabres et les murmures de la plèbe, cette invocation au dieu inconnu n'a cessé qu'à l'instant où quatre exécuteurs, pesant à la fois sur quatre leviers, ont resserré les carcans de fer et étouffé les voix en broyant les organes.

Et la brutalité du mécanisme a triomphé de l'orgueil des attitudes, de l'impavidité des allures ; dès que les cercles métalliques ont eu comprimé les muscles, éteint les souffles, cassé les vertèbres, les têtes se sont penchés lentement, un rictus a tordu les bouches, les prédications ne retentissent plus ; à ce qu'on appelle la Loi, la force est restée, le dernier mot est demeuré, avec un quatuor de cadavres aux faces congestionnées et grimaçantes, qui, tout à l'heure, vont être noires.

L'expression n'est pas la même des quatre visages suppliciés. Sur les deux premiers, qui appartenaient à des hommes faits, l'audace de la volonté, la sainte vaillance de la rébellion luttent encore, et presque victorieusement, contre l'étreinte de l'Asphyxie, l'épouvantable dislocation a bien convulsé les traits et les linéaments, déjeté les lèvres, tourné les yeux, mais le principe de l'énergie expirée maintient sa trace, qui ne s'effacera que plus tard, dans les corruption du charnier.

Mais, à côté des deux hommes, figurent deux jeunes gens, aussi braves naguère, aussi déterminés, aussi empreints de cette foi farouche qui fait trembler le sol, quoique étrangère au Ciel.
Ils n'avaient que dix-huit ans, et leur évolution physique n'était point achevée : aussi l'implacable constriction de l'airain a-t-elle, en arrachant la vie, fait disparaître l'empreinte de l'âme, et c'est l'affaissement douloureux et morne qui règne aux faces de ces enfants étranglés. Mais cette défaillance involontaire et posthume n'est qu'un motif de plus à les glorifier. Leur force pensante et volitive fut supérieure à leur développement physiologique, et des couronnes viriles sont dues à ces fronts d'adolescents.

Ils étaient à la saison de l'Amour, leur cœur battait au souvenir des étreintes, au désir des plus intimes embrassements.
Ils chantaient dans l'aube, et ils tombèrent avant le lever du soleil.
Pourquoi, lâche peuple ? Pourquoi, foule-troupeau qui vient les regarder mourir ? Pour toi, oui, pour toi ! Pour avoir sonné trop violemment la cloche de ta délivrance, pour t'avoir crié : « Debout ! Redresse tes genoux et tes yeux ! »

Comte Léonce de Larmandie, La Renaissance Idéaliste, N° 13, du 1er au 15 janvier 1896.




Illustrations : Jouve in L'Assiette au Beurre, Vengeances sociales, n° 34, 23 novembre 1903.
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MessageSujet: Re: La garotte - supplice du garrot   Ven 3 Juin 2011 - 12:57

Brrrr... Je ne sais pas pourquoi, mais le garrot m'a toujours épouvanté, plus que la guillotine.

Je crois que c'est le souvenir d'un film où l'on voyait un condamné mourir étouffé à petit feu, sous d'affteuses convulsions. Cela m'avait horrifié.

Avec le temps je crois que cet étouffement "lent" était plus dû à la vision du cinéaste qu'à la réalité, car il semble que la mort soit aussi immédiate que pour la guillotine.

Il n'empêche: cette vision d'horreur m'est restée.

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MessageSujet: Le garrot - Velasquez et Goya   Jeu 18 Aoû 2011 - 20:22

Eugenio Lucas y Padilla, dit Eugenio Lucas Velázquez




*****************************************************************************************************************************************


Francisco José de Goya y Lucientes



Un Garrotté (entre 1778 et 1785) - Eau-forte et travaux de brunissoir, 33 x 21 cm
Madrid, Biblioteca Nacional

Au XVIIIème siècle, en Espagne, le supplice du garrot était un mode d’exécution rarement appliqué, car il était réservé aux nobles. Toutefois, la noblesse espagnole comptait nombre d’hidalgos impécunieux. Certains, d’entre eux incapables de travailler mais sachant manier l’épée, se seraient reconvertis en bandits de grand chemin. Dans la deuxième des Lettres d’Espagne, José Maria Blanco White (1775-1841) fournit une relation détaillée du garrottage de l’un d’entre eux. La « cérémonie » se déroule dans la région de Séville. Pour éviter la honte de voir un bandit hidalgo condamné à la peine capitale pendu au milieu de ses comparses roturiers, sa famille sollicite et obtient une mise à mort conforme à son rang, sous réserver de payer les frais de la cérémonie. On dresse alors un échafaud plus élevé que les autres, drapé de noir, au centre duquel est placé « une sorte de siège dont le dossier est un madrier doté … d’un collier de fer actionné par une vis avec sa manivelle et qui sert pour étrangler la victime ». Le condamné est accompagné d’un prêtre qui administre les derniers sacrements et d’un greffier chargé de consigner l’évènement.

Une fois la sentence exécutée, quatre candélabres d’argent de cinq pieds de haut sont disposés aux quatre coins de l’échafaud et les cierges allumés. Trois heures plus tard, les amis posthumes du défunt lui offrent de dignes funérailles. Et l’auteur de conclure : » S’ils avaient employé à l’aider à ordonner sa vie la moitié de l’argent dépensé dans un spectacle aussi absurde et désagréable, ils l’auraient peut-être sauvé de son triste destin. » Mais ces honneurs constituent ce qui s’appelle « un acte de positif de noblesse », pour lequel les proches survivants obtiennent un certificat qui se conservent avec les autres preuves légales de la noblesse de la famille. Les journaux madrilènes des années 1780 ne relatant aucun cas de condamnation au garrot, on suppose donc que l’artiste se souvint, pour réaliser sa gravure, d’une mise à mort de nature à frapper durablement son imagination. Les raisons pour lesquelles Goya entreprit de graver ce motif sombre et, a priori, invendable, restent inconnues. Il s’agit de sa première incursion dans le réalisme noir, surprenant à cette étape de sa carrière où il peint des cartons de tapisserie.

Le Garrotté porte une robe blanche avec l’emblème des Carmélites sur la poitrine et non la tenue infamante des victimes de l’Inquisition (le sambenito, casaque jaune marquée d’une croix et la coraza, haute mite conique de papier). Il s’agit donc d’un condamné de droit commun. L’homme est seul. Il vient de mourir, semble-t-il, puisqu’un cierge a été déposé à ses côtés. Le graveur dessine, d’une pointe précise, le visage congestionné par l’étranglement, les mains étroitement liées et les pieds crispés dans les affres de l’agonie. La lumière vacillante du cierge projette des ombres aléatoires sur le fond nu, traduites par des traits hachurés d’eau-forte qui renforcent l’effet vibratoire.

Goya décrit avec une objectivité empreinte de compassion cette scène poignante où le criminel, devenu la victime de barbarie de ses bourreaux, étreint un crucifix. Il reviendra sur ce sujet dans sa maturité avec les planches 34 et 35 des Désastres de la guerre, images plus complexes mais moins émouvantes, peut-être, que la bouleversante solitude de ce supplicié. Un dessin sans doute réalisé après la guerre d’indépendance est récemment réapparu sur le marché de l’art: il représente un homme en prière devant un crucifix, bras tendus et mains étroitement serrées, dont la posture et l’intensité douloureuse rappellent celles du Garrotté.

Cette estampe va devenir une icône moderne, image archétypale du « terrible sublime », maintes fois rééditée, copiée et pastichée au cours du XIXè siècle.

Source : Marilyne Assante di Panzillo, conservateur des peintures au Petit Palais.
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MessageSujet: Re: La garotte - supplice du garrot   Ven 19 Aoû 2011 - 8:37

Quand je pense qu'un rendez-vous matinal avec la "veuve" était considéré comme un supplice inhumain ! Au moins le supplicié n'avait-il pas le temps de souffrir. affraid affraid affraid
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MessageSujet: Re: La garotte - supplice du garrot   Ven 19 Aoû 2011 - 18:10

Celà me rappelle une épreuve du Bac il y a quelques années. La question etait:
Citez 3 grands Démocrates du XX° siécle. La majorité des péponses fait froid dans le dos:
1°) Staline
2°) Hitler
3°) Franco

Ahurissant !
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Adelayde
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MessageSujet: Le supplice du garrot   Ven 19 Aoû 2011 - 19:33


Garrot : appareil de supplice employé en Espagne pour l’exécution des peines capitales. La garrotte fait mourir le patient par strangulation. La garrotte est composée d’une plateforme au centre de laquelle est fixé un poteau et, à ce poteau, un siège sur lequel est assis le condamné. Celui-ci a le cou pris dans un collier de fer réuni à une vis qui traverse le poteau. En serrant cette vis on ramène le collier vers le poteau et le condamné meurt étranglé. La garrotte est un supplice horrible.


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MessageSujet: Re: La garotte - supplice du garrot   Mar 1 Nov 2011 - 6:17

Michel, aucune de tes photos ne s'affiche, quelque soit la rubrique. No
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Montfaucon
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MessageSujet: Re: La garotte - supplice du garrot   Mar 1 Nov 2011 - 11:35

Peut-être simplement que ces photos sont déclarée "privées" sur ton compte flickr...
En tout cas, on ne peut voir que 3 photos sur le compte, ce sont 3 scans d'article de journaux : "Procés 1", "Procés 2", "Procés 3".
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MessageSujet: L'exécution des anarchistes de Xérès   Lun 2 Jan 2012 - 18:30

L'exécution des anarchistes de Xérès Sad





A la suite du mouvement anarchiste qui s'est produit à Xérès, il y a deux mois, de nombreuses condamnations ont été prononcées par la justice espagnole, et quatre des individus les plus compromis ont été condamnés à la peine de mort : Busiqui, Lamela, Lebrijano et Zarzuela.

Ils ont subi le supplice du garrot le 10 février. Les formalités d'usage qui procèdent en Espagne les exécutions capitales avaient commencé la veille, à 7 heures du matin, par la lecture de la sentence. Puis, on a mis les menottes aux condamnés qui, dans l'après-midi, ont pu recevoir leurs parents et leurs amis.

Le lendemain, à partir de 10 heures et demie, personne n'a plus été admis auprès des condamnés qui sont restés seuls avec les prêtres. A ce moment, une grande agitation se produit aux alentours de la prison. Des groupes se forment sur la place, sombres et silencieux. Les troupes viennent se masser autour de l'échafaud. Les gendarmes à cheval repoussent la foule qui grossit d'instant en instant et font la haie de la prison à l'échafaud.

Des chants religieux lentement psalmodiés s'élèvent. La porte de la prison s'ouvre, laissant d'abord le passage aux prêtres en surplis et aux moines. Ceux-ci ont la tête recouverte de la cagoule. Chacun tient en main un cierge fumeux. Une charrette traînée par des mulets vient se ranger devant la porte.

Les bourreaux de Madrid, de Séville et de Grenade pénètrent ensuite dans la prison. Le bourreau de Grenade se dirige vers les condamnés en leur disant : « Je suis l'exécuteur de la justice, pardonnez-moi ! » Zarzuela répond qu'il ne pardonne à personne. Les exécuteurs veulent ensuite revêtir de la tunique des condamnés les quatre prisonniers qui leur résistent. Busiqui, Lamela et Lebrijano cèdent presque aussitôt, mais Zarzuela se débat énergiquement on criant qu'il ne veut pas se laisser faire. Il faut de longs et vigoureux efforts pour venir à bout de sa résistance et lui faire endosser la tunique.

L'heure est venue de conduire les condamnés à l'échafaud. La garde civile et la cavalerie font reculer la foule.

Les prisonniers apparaissent escortés par des gendarmes et sont conduits à l'échafaud dans l'ordre suivant : Busiqui, Lamela, Zarzuela et Lebrijano. Busiqui et Lamela sont deux jeunes gens de vingt-cinq ans, le premier extraordinairement petit, mais vigoureux ; Lamela, celui qui a montré depuis le jugement de la cour martiale le courage le plus farouche, aurait été pris le matin, à cinq heures, d'une faiblesse. Busiqui, en montant les degrés de l'échafaud, a dit : Adieu mes enfants. Zarzuela, vrai type de l'Espagnol, coureur de posadas et joueur de couteau, se tourne vers la foule et prononce ces mots : Fils de Xérès, martyrs du travail... , mais le bourreau l'arrête. Le plus âgé des quatre, Lebrijano, d'une maigreur extrême, s'écrie : Je suis innocent ! Le bourreau de Grenade et ses aides s'emparent de Busiqui et de Lebrijano ; celui de Madrid prend Lamela, celui de Séville, Zarzuela. Avec un terrible ensemble, ils font asseoir les condamnés et les lient au poteau. En même temps le cou des quatre condamnés est saisi dans l'anneau de fer, les quatre bourreaux font mouvoir les leviers qui font mouvoir eux-mêmes la vis de strangulation, en même temps, ils font tomber sur la tête des malheureux le capuchon noir qui doit cacher aux spectateurs les hideuses convulsions de leurs traits et qui indique que justice est faite. Et sur la charrette qui attend, les moines de la Charité emportent peu d'instants après les quatre cadavres qu'ils vont mettre en terre dans le coin du cimetière réservé aux suppliciés.

21 février 1892


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RVIZCAIN
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MessageSujet: UNE DES RARES PHOTOS DU VRAIE GARROT...   Sam 18 Fév 2012 - 10:57





C'est celui que les bourreaux appelait "garrot d'artichaut".
Ce modèle est diferent de l'autre nommé "de Madrid".


Si je trouve une bonne photo de celui "de Madrid", je le posterais pour que vous voyez les diferences; toujours que le but soit exactement le même.



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MessageSujet: Re: La garotte - supplice du garrot   Sam 18 Fév 2012 - 11:17



Garrote vil, Ramón Casas,1894. Exécution publique par le garrot à Barcelone. Huile, 127x166.2 cm. Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia, Madrid

http://www.tlaxcala.es/pp.asp?lg=fr&reference=2996

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MessageSujet: Re: La garotte - supplice du garrot   Sam 18 Fév 2012 - 18:49

RVIZCAIN a écrit:




C'est celui que les bourreaux appelait "garrot d'artichaut".
Ce modèle est diferent de l'autre nommé "de Madrid".


Si je trouve une bonne photo de celui "de Madrid", je le posterais pour que vous voyez les diferences; toujours que le but soit exactement le même.
Et effectivement, on comprend rapidement qu'il faut une poutre, sinon on n'étrangle pas mais on fait un gros trou dans la colonne.
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MessageSujet: Re: La garotte - supplice du garrot   Jeu 23 Fév 2012 - 21:16

Bonsoir Carnifex,

Le film horrible que tu évoques, ne serais-ce pas ''1492-Christophe Colomb'', avec Gérard Depardieu ?

Je me rappelles effectivement que plusieurs hommes accusés d'avoir maltraité les indiens furent comdamnés à mort et exécutés de cette manière. Sans cagoule. Avec bave et bruits des cervicales brisées. Une horreur, comme tu l'indiques si bien. pale
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MessageSujet: Re: La garotte - supplice du garrot   Dim 26 Fév 2012 - 17:47

Bonjour bourreau breton et bienvenue!

Je ne me souviens plus dans quel film c'était. Je revois juste un public nombreux et très silencieux, ce qui permettait de percevoir les râles d'agonie du supplicié qui bavait.

Beurk...

D'après mes souvenirs cela devait avoir lieu au XVIème-XVIIème siècle car les costumes correspondaient.

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MessageSujet: Re: La garotte - supplice du garrot   Dim 2 Sep 2012 - 17:11



Le 20 août 1897, exécution de l'anarchiste italien Michele Angiolillo, au garrot vil, dans la cour de la prison de Vergara (Guipúzcoa), Pays Basque, pour son attentat du 8 août 1897 contre le président du Conseil espagnol Antonio Cánovas.
Son exécution, photographiée par la presse, est l'un des premiers témoignages visuels de cette barbarie étatique.

Pour plus de détails sur cette affaire, voir le sujet : "Michele Angiolillo Lombardi (1871-1897) - anarchiste" :
http://guillotine.cultureforum.net/t2502-michele-angiolillo-lombardi-1871-1897-anarchiste

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MessageSujet: Les crimes du Jarabo   Dim 10 Mar 2013 - 22:18

José María Jarabo Pérez Morris, tueur en série a été exécuté avec la Garotte Vil à Madrid le 4 Juillet 1959, pour le meurtre de quatre personnes de sang-froid, deux hommes et deux femmes.



José María Jarabo, le Tueur.

Les victimes.






Amparo Alonso Bravo, avec une balle dans la tête.




Son époux, Felix Lopez Robledo, une autre balle dans la nuque.



José María Jarabo fut le dernier exécuté avec la garotte dans l'Espagne de 1959.
Le dernier du crime de droit commun.


Image:http://escritoconsangre1.blogspot.com.es/2011/11/jose-maria-jarabo-el-asesino-seductor.html

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MessageSujet: Re: La garotte - supplice du garrot   Dim 10 Mar 2013 - 22:32

Et, Pilar Prades Expósito Santamaría,"la Empoisonneuse de Valencia", fut la dernière femme exécuté avec la Garotte Vil à Valencia, 19 mai 1959.




Image:http://danzadanzad.blogspot.com.es/2009/06/pasajes-del-terror-pilar-prades.html
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MessageSujet: Garrot - La machine infernale   Mer 5 Fév 2014 - 13:53


La machine infernale   No 



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pier
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MessageSujet: Re: La garotte - supplice du garrot   Lun 31 Mar 2014 - 17:31

Ca fait froid dans le dos...
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Adelayde
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MessageSujet: Exécution au garrot à Manille   Lun 21 Déc 2015 - 16:21



Une exécution au garrot à Manille

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MessageSujet: Re: La garotte - supplice du garrot   Dim 10 Avr 2016 - 8:00

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MessageSujet: Re: La garotte - supplice du garrot   

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La garotte - supplice du garrot
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