La Veuve

Forum consacré à l'étude historique et culturelle de la guillotine et des sujets connexes
 
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 Articles de presse - journaux - gazettes

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konvoi
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MessageSujet: Articles de presse - journaux - gazettes   Mar 8 Aoû 2006 - 11:23

Journal « La Patrie »
Du 17 mars 1849
Exécution de Daix et Lahr

L'exécution de deux des condamnés dans l'affaire Bréa, Daix et Lahr, a eu lieu ce matin, à six heures et demie, sur le rond point situé derrière la barrière de Fontainebleau, à l'extrémité de la rue mouffetard.
La peine des trois autres a été commuée en celle des travaux forcés à perpétuité.
Nous regrettons que le conseil d'Etat, contrairement au vœu manifesté, dit-on, par le président de la République, n'ait pas cru devoir étendre cette commutation aux cinq condamnés.
Quelque grand que fût le crime, nous pensons que, même au point de vue sévère de la politique, cette solution eût été préférable.
La crainte de paraître faible aurait-elle entraîné le conseil d'Etat à cette détermination? C’est ce que les ennemis du gouvernement ne manqueront pas de dire. Le gouvernement et le conseil d'Etat n'auraient pas dû oublier les paroles de Dornès expirant, et ce mot sublime de l'archevêque de Paris : Que mon sang soi le dernier versé !
Quand on veut consolider l'ordre, les conseils des martyres de l'ordre sont bons à suivre !
Voici les détails que donne la Patrie sur l'exécution de Daix et Lahr :
Le bruit avait couru dès hier que les assassins du général de Bréa avaient été exécutés.
On avait su que, depuis avant-hier soir le sort des cinq condamnés était, irrévocablement fixé. vappreaux, Choppart et Nourry ont obtenu une commutation de peine (les travaux forcés a perpétuité) Vappreaux a dut, dit-on, cet acte de clémence aux déclarations de ses co-accusés; Nourry, à son extrême jeunesse. Quant à Choppart, il parait qu'on lui a tenu compte des efforts qu'il a faits pour sauver la vie à un représentant du peuple et à un mobile.
Daix et Lahr, dit le Pompier, ont dû seuls subir le châtiment suprême.
L'exécution n'a pu avoir lieu hier, par suite d'un accident matériel.
Ce matin, à cinq heures, l'échafaud a été dressé a la barrière Fontainebleau (Intra-muros), à cent pas environ de l'endroit où a eu lieu le double assassinat (extra-muros}.
Des forces imposantes entouraient le lieu de l'exécution. A six heures trente minutes, les condamnés, escortés par un escadron de gendarmerie de la Seine, qui était allé les prendre au fort de Vanves, sont arrivés dans deux voitures cellulaires sur le lieu de l'exécution. LE curé de Vanves avait obtenu l'autorisation d'assister les deux condamnés, qu'accompagnaient également deux aumôniers des prisons de Paris en habits sacerdotaux. Daix, descendu de voiture le premier, a dit ; « C'est donc moi qui passe le premier. »
Après avoir monté les neuf degrés de l'échafaud, il s'est écrié, malgré les efforts du prêtre
qui l'assistait et de l'exécuteur : « Au nom du peuple français, Daix meurt innocent pour avoir
défendu la cause du général de Bréa ; je meurs pour le peuple. Citoyens, priez demain pour
moi, pour ma femme, mes enfants; Dieu, recevez mon Ame. »
Après ces quelques mots, il s'est livré aux exécuteurs. Lahr était visiblement ému, et avec moins d'assurance, étant arrivé sur la plate-forme de l'échafaud, il a dit d'une voix altérée : « Citoyens, je suis innocent; je meurs en chrétien. » Puis, répétant les prières du prêtre qui le soutenait, il a récité jusqu'au dernier moment un passage des litanies des morts : Marie, Jésus, pardonnez-moi... Marie, Jésus !
A six heures trente-sept minutes, la justice des hommes était satisfaite.
Les spectateurs sont restés muets et impassibles. Un très petit nombre de femmes assistaient à
cette exécution. Pendant l'exécution, le curé de Vanves, qui avait assisté les condamnés
dans leur trajet jusqu'à l'échafaud, était resté dans l'une des voitures qui stationnaient
au pied de la machine, et y récitait les prières des morts.
Après l'exécution, ce digne ecclésiastique a demandé à suivre les cadavres jusqu'au cimetière,
où il a récité de nouvelles prières près de la fosse où ont été déposés les restes des suppliciés.

Exécution à Paris (barrière de Fontainebleau)
Dernière exécution de Férey
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MessageSujet: Exécution d'Aymé   Mar 8 Aoû 2006 - 19:50

Journal « LE CRÉDIT » du vendredi 3 mai 1850

Exécution d'Aymé.

Nous avons annoncé, dans notre numéro d'hier, l'exécution d'Aymé, condamné à mort par la Cour d'assises de la Seine, comme coupable d'avoir empoisonné onze perssonnes. Les journaux judiciaires donnent sur les derniers moments de ce condamné les détails qui suivent:
"On se rappelle, dit la Gazette des Tribunaux, que, dans la nuit qui précéda sa comparution devant le jury, Aymé tenta de se donner la mort en avalant une petite quantité d'arsenic qu'il avait tenue cachée dans ses bottes jusqu'au dernier moment, et qu'il avait fait ensuite dissoudre dans un flacon d'encre. Secou¬ru à temps par M. Orfila, il put soutenir le débat. Son altitude fut assez calme. Son défenseur, en présence de ses aveux, ne pouvait qu'implorer la pitié du jury; il insista sur ce fait que quelques années auparavant. Aymé avait été conduit et traité à Bicêtre comme atteint d'aliénation mentale. Interpellé par le président pour savoir s’il avait quoique chose à ajouter a sa dé¬fense, Aymé se borna à protester de son repentir. «Je demande pardon, dit-il, à Dieu et aux hommes du crime que j'ai com¬mis. Je n'aurais pas fait ce que j'ai fait si je n'avais pas tant aimé Emma et Louise ! »
« Aymé, après sa condamnation fut immédiatement transféré à la prison des condamnés, rue de la Roquette. « C'est de celte prison qu'il a été extrait ce matin. Le lieu où sont renfermés les condamnés à mort n'est pas, comme on l'é¬crit traditionnellement, un sombre cachot, inaccessible au bruit, au mouvement comme à la lumière. C'est une cellule de gran¬deur convenable, claire, aérée, située au second étage, et qui ne se distingue des autres qu'en ce que sa cloison est percée d'une fenêtre et sa porte d'un vasistas, par lesquels un gardien d'un côté et un factionnaire de l'autre veillent constamment sur le prisonnier, libre de fers, mais revêtu de la camisole de force.
« Claude Aymé, entré dans cette cellule le 15 mars au soir, y signa le lendemain son pourvoi en cassation, dont il parut depuis lors attendre l'issue avec résignation, même avec con¬fiance. Un recours en commutation de peine fut également signé par lui et adressé au président de la République.
« Dès lors il parut presque insoucieux de son sort, et mani¬festa même une sorte de gaîté dans ses rares entretiens avec ses gardiens. Ce qui paraissait le préoccuper le plus, était la situation politique; il s'enquérait en toute occasion de ce qui se passait dans Paris, et comme, d'après la discipline de la pri¬son, il ne recevait aucune réponse aux questions qu'il faisait à ce sujet, toute son attention, tout son esprit, tous ses sens étaient constamment tendus pour surprendre une conversation, un mot qui pût l'instruire de ce qui 'se passait au dehors. « Il parvint ainsi à savoir qu'on se préparait à la lutte électorale, et malgré la réserve qu'il cherchait à s'imposer pour qu'on ne se défiât pas de lui, il laissa percer l'espoir que peut-être un conflit sanglant éclaterait à cette occasion, et que le peuple vainqueur ouvrirait les portes des prisons et lui ferait ainsi recouvrer sa liberté.
« Dans la journée d'hier, il apprit, par on ne sait quelle voie, que l'élection s'était accomplie avec le plus grand calme; son espérance se rattacha alors à la célébration si prochaine de l'anniversaire de l'avènement de la République. Hier, à minuit il parlait encore dans ce sens à son gardien. « Mon affaire serait faite, disait-il, si l'on n'avait pas l'intention d'accorder des grâces pour l'affaire du 4 mai ; je puis toujours dormir tranquille jusqu'à ce jour-là, car je suis sûr que le président aura lu ma demande et sera touché de mon repentir. » « C'était donc plein d'espoir qu'il s'était endormi hier; aussi son réveil fut-il affreux lorsqu'à cinq heures, ce malin, le directeur et le greffier de la prison pénétrèrent dans la cellule pour lui annoncer que son pourvoi était rejeté et qu'il fallait se préparer à mourir. D'abord muet de stupeur, il se remit bientôt, et, parlant avec volubilité, il manifesta la plus vive exaltation. « Faire mourir un homme de trente-cinq ans! s'écriait-il; mais j'ai dit dès le premier jour que je me repentais. Devrait-on en République conserver la peine de mort? Le président n'aura pas eu connaissance de mon recours en grâce ; il ne me laisserait pas mourir ainsi. » « L'arrivée de l'aumônier des prisons, loin de le calmer, parut exciter davantage encore son exaltation fébrile. « Je ne vous en veux pas, disait-il, je n'en veux à personne; mais on ne peut pas tuer comme cela un homme de trente-cinq ans; que l'on aille trouver le président, bien sûr il me fera grâce ; je serai assez puni d'aller au bagne! »
« Cependant l'heure approchait ; le condamné, que les gardiens auxquels il avait toujours témoigné de la gratitude de leur douceur envers lui cherchaient à calmer, fut extrait de sa cellule et conduit dans lavant greffe où l'exécuteur procéda aux préparatifs d'usage. Le patient monta ensuite dans la voiture du service des prisons, ayant à ses côtés l'abbé Montés. Partie à sept heures et demie de la rue de la Roquette, la voiture, escortée d'un piquet de gendarmes de la compagnie de la Seine, et précédée d'un fiacre où se trouvait le greffier, commis pour constater l'exécution, arriva à huit heures au rond-point de la barrière Saint-Jacques.
« A part le large cercle de la place au centre de laquelle était dressé l'échafaud, tous les abords étaient encombrés de curieux ; les allées du boulevard, le mur de ronde, les arbres, et jusqu'aux toits des maisons étaient occupés par la foule ; la nouvelle de l'exécution avait été répandue dès l'aube du jour par des individus qui, depuis le rejet du pourvoi, venaient chaque matin s'assurer si l'échafaud se dressait, et qui aujourd’hui avaient apporté «de toutes parts des bancs, des tables, des charrettes pour y placer les curieux. « Aymé s'est arrêté un moment sur le marchepied de la voiture, puis a sauté lestement en redressant la tète et en jetant un regard sur la foule. II paraissait affecter dans son attitude une fermeté allant jusqu'à la bravade. « Embrassez-moi, mon fils, » lui dit l'abbé Montés. Aymé l'embrassa; puis, comme impatient d'en finir, il mit le pied sur la première marche de l'échafaud.
« Mettez-vous à genoux, que je vous bénisse, pour que le Dieu tout clément prenne en pitié votre repentir, » ajouta le vénérable aumônier; mais celle fois Aymé ne parut pas vouloir obéir; un mouvement d'hésitation se manifesta. Cependant, pressé par ceux qui l'entouraient, il fléchit le genou, près qu'aussitôt il se redressa, et gravissant rapidement les degrés, il se trouva sur la plate-forme.
« Peuple français, s'écria-t-il alors d'une voix vibrante et en se penchant du côté droit vers la foule, plus de roi! plus d'empereur! A bas l'assassin de Boulogne ! Vive la République démocratique et sociale! Peuple, c'est moi... » « La bascule, à laquelle les aides de l'exécuteur l'avaient attaché pendant qu'il prononçait ces imprécations avec une animosité difficile a rendre, céda sous lui avant qu'il finit la phrase commencée. En moins d'une seconde, l'exécution fut accomplie. »

Le journal « Le Droit » s'exprime ainsi :

« Aymé était fort abattu depuis une dizaine de jours; il était sombre, taciturne, le peu de paroles qu'il prononçait révélaient les pénibles préoccupations qui venaient l'assiéger. Le vénérable abbé Montés,
qui, depuis tant d'années, vient apporter aux condamnes les consolations de la religion, visitait fréquemment Aymé. La parole humaine et fervente de ce prêtre octogénaire avait vaincu des natures plus rebelles; elle devait toucher le cœur de cet homme auquel les souffrances de l'une de ses victimes avaient arraché des aveux. Il écoula avec respect, puis avec recueillement les exhortations de la religion. Le calme revint peu à peu dans cette âme flétrie par le vice et par le crime; depuis deux jours Aymé était plus calme et plus résigné ; le courage et son énergie antérieure lui étaient revenus.
«A cinq heures du matin la porte du cachot était ouverte; 1’abbé Montés apparaissait sur le seuil. L'arrivée du prêtre à une pareille heure faisait suffisamment connaître à Aymé quel était son sort et qu'il fallait s'apprêter à mourir. Il reçut la visite du prêtre avec calme et résignation. Après quelques courtes prières, le condamné et celui qui devait l'accompagner jusqu au pied de l'échafaud se rendirent à la chapelle de la prison. Tous deux se retirèrent dans la petite sacristie située derrière le chœur de l'église; près de deux heures furent consacrées à la confession, aux exhortations et aux prières.
« Sept heures venaient de sonner lorsqu'un léger bruit vint annoncer que la religion avait terminé son œuvre, et que le patient allait être livré aux mains de l'exécuteur des arrêts de la justice. L’abbé Montés ayant soulevé la draperie qui cache la sacristie aux regards, Aymé apparut. II s'avança résolument; cependant sa figure dissimulait mal l'émotion qu'il cherchait à contenir. Sa bouche était contractée, ses lèvres décolorées; ses yeux avaient une expression fiévreuse et étrange. Aymé fut conduit, par deux gardiens et un brigadier, à la salle ou il devait être procédé à la toilette. Les aides de l'exécuteur lui attachèrent aux jambes des cordes qui, tout en lui permettant de marcher, devaient lui interdire toute tentative d évasion. Il subit cette première opération sans faire d'autres réflexions que celle-ci : « C'est bien inutile, je n'ai pas envie de me sauver. »
Ceci fait, on retira .à Aymé la camisole de force, qu'il n'avait pas quittée depuis sa condamnation. Il parut très satisfait de pouvoir disposer de ses bras, et demanda aussitôt la permission d'arranger ses cheveux d'une manière plus convenable. Un peigne lui fut donné, il s'en servit d'une main sûre, et le remit à l'un des gardiens, après lui avoir adressé des remerciements. Puis il demanda sa cravate, on lui lit observer qu'une cravate lui serait inutile, et comme il insistait, on lui répondit que cela n'était pas possible. « Et pourquoi? dit Aymé, mais je l'ôterai là-bas.» Aymé croyait qu'il allait marcher au supplice les bras libres et vêtu comme il l'était à la cour d'assises; il fut bientôt détrompé.
Par une mesure de précaution, qu'on ne doit jamais négliger en pareille circonstance, les condamnés ont les mains attachées sur le dos. Cette opération, qu'Aymé n'avait pas prévue, lui fut pénible; cependant il s'y soumit sans se plaindre, et en manifestant seulement le regret de ne pouvoir achever sa toilette et mettre sa redingote. On le fit asseoir; il interrogeait du regard tous ceux qui l'entouraient pour savoir ou deviner ce qui restait à faire.
« On lui fit alors observer que son col de chemise était trop haut, et qu'il fallait le couper.
Pourquoi le couper ? dit Aymé, rentrez-le. Non, il faut le couper. Mais c'est inutile; vous pouvez bien le rentrer : ça fera tout de même l'affaire. Non, il faut le couper. Et les ciseaux détachent le col de lu partie supérieure de la chemise. Aymé fronce le sourcil et dit à voix basse : Je ne sais pas pourquoi vous m'abîmez ma chemise. Quelques instants après, il voit l'un de ceux qui l'entourent passer la pointe d'une paire de ciseaux dans 1'une des boutonnières de sa redingote, placée sur une chaise voisine. Il dit alors avec une certaine vivacité et d'un ton de reproche : « Allons, maintenant, vous allez me couper ma redingote! Puis, comme il comprend que cette observation pourrait faire douter du calme de son intelligence, il ajoute : Il ne faut pas me l'abîmer ma redingote ; les croque-morts doivent l'avoir au mains telle qu'elle est. On lui a fait alors observer qu'on ne voulait pas couper sa redingote,
mais ouvrir la première boutonnière pour y passer un cordon qui pût permettre de lui assujettir ce vêtement sur les épaules. « Sur la demande d'Aymé, un petit verre d'eau-de-vie lui a été apporté. Il l'a bu avec avidité, puis il a remercié avec effusion le directeur de la prison et les gardiens des soins et des consolations qu'ils lui avaient donnés. Après cette petite allocution, faite d'une voix assurée, il s'est tourné vers l'exécuteur et lui a demandé l'heure. Celui-ci, après avoir tiré sa montre de la poche de son gilet, lui a répondu : Sept heures un quart. Allons, a dit Aymé, c'est pour dans trois quarts d'heure.
Dix minutes après, il marchait d'un pas ferme à la voiture qui devait le recevoir avec son confesseur;
puis, le funèbre cortège, escorté d'un piquet de gendarmerie a cheval, partait de la prison de la Roquette, et se dirigeait vers la barrière Saint-Jacques, en suivant les boulevards. « Une foule immense encombrait le lieu de l'exécution. A huit heures et quelques minutes, l'agitation et l'émotion de cette foule sont venues annoncer à tous que le condamné arrivait et que l'instant fatal était venu. Bientôt on vit apparaître Aymé et l'abbé Montés. Tous deux se dirigèrent vers l'échafaud. Au bas de l'escalier, le condamné embrassa le crucifix et la vénérable figure de son confesseur, puis il gravit sans hésitation les marches qui conduisent à la plate-forme. Arrivé là, Aymé adressa quelques paroles à la foule.
Ces paroles ont été diversement reproduites; plusieurs ont prétendu qu'Aymé avait crié : Vive la République! plus de rois ! plus d'empereurs ! Cette version est inexacte, il a dit : Vive le roi! Vive l'empereur!
« Quelques secondes après ces paroles, un coup sourd parcourait la foule silencieuse et attentive.
La justice des hommes était satisfaite. »
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Elie Köpter
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MessageSujet: Re: Articles de presse - journaux - gazettes   Mer 9 Aoû 2006 - 9:03

Bravoi Konvoi pour ces articles !
Très intéressants !
Mais comment faites-vous pour vous procurer ces sources ?
Un petit tutoriel serait le bienvenu histoire que nous aussi nous puissions enrichir le forum !
Bonne journée à tous !
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Elie Köpter
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MessageSujet: Re: Articles de presse - journaux - gazettes   Mer 9 Aoû 2006 - 21:00

Et bien très simple, comment vous ou Konvoi faîtes pour trouver des renseignements aussi ciblés ? Vous rendez-vous dans des administrations, compulsez-vous des archives ou bien vous faîtes cela directement depuis le clavier de votre ordinateur ?
Donc si vous avez un guide, ou un "tutoriel" du chercheur d'infos, je suis preneur afin moi aussi d'apporter ma pierre à l'édifice de la connaissance.
Voilà !
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konvoi
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MessageSujet: Re: Articles de presse - journaux - gazettes   Mer 9 Aoû 2006 - 22:06

Bonsoir Elie,
Les documents, que je dépose sur le forum viennent principalement d’archives départementales ; en y compulsent les articles de journaux ou gazettes disponibles de l’époque, ou en consultant dans les Séries « U » (archives judiciaires) les comptes rendues d’audience public de cours d’assises ou plumitifs en y relèvent les condamnation à morts prononcées; en principe on y trouve l’acte d’accusation et le procès verbal d’exécution établit par le greffier, qui résume l’état civile du condamné, quelques détails dont l’heures. Il est aussi possible de consulter les dossiers d’instruction, (attention de plus de 100 ans) ou l’on peut trouver les divers rapports gendarmerie, témoignages et courriers échangés entre les divers magistrats et acteurs du procès, la demande de pourvoit en cassation, confirmation de condamnation, noms des témoins, frais de procès.
L’autre source sont les journaux numérisés de la bibliothèque nationale : http://gallica.bnf.fr/ cliquer sur recherche et dernier documents numérisés.
Et voila pour l’essentiel, de quoi se plonger dans notre histoire et les mœurs d’un autre temps.
Bien cordialement.
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Elie Köpter
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MessageSujet: Re: Articles de presse - journaux - gazettes   Jeu 10 Aoû 2006 - 10:03

Merci Konvoi.
Voilà des pistes excellentes sur lesquelles je vais poser ma truffe. Comme j'habite en Bretagne je vais essayer de glaner quelques informations en suivant ces méthodes !
Merci encore !
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MessageSujet: Re: Articles de presse - journaux - gazettes   Jeu 10 Aoû 2006 - 22:58

Gonnachon Benoît Marie, condamné le 13 août 1883 pour avoir
Le 07 février 1883, dans un guet-apens, tué son père à coups de hache.
Exécuté à Lyon le 12 octobre 1883

Journal « LA CROIX
Du samedi 14 octobre 1883

UNE EXÉCUTION CAPITALE

Le parricide de saint-igny-de-Vera a, comme nous l'avons annoncé, payé sa dette à la justice. Gonnachon, repenti, a courageusement envisagé la mort parce qu'il avait demandé et reçu les secours puissants de la religion. Et ce grand criminel aura dû peut-être à la présence de l'aumônier jusqu'à la dernière minute, d'être jugé par Dieu moins Inexorablement.
Depuis quelque temps, l'espoir de recevoir sa grâce avait abandonné Gonnachon; ses nuits étaient troublées par d'épouvantables cauchemars; il avait presque complètement perdu l'appétit. Aussi, lorsqu'à cinq heures le directeur et les membres du parquet sont venus lui annoncer que son heure suprême était arrivée, n'a-t-il témoigné que peu d'émotion. « J'ai bien mérité la mort, » a-t-il dit: puis, d'une voix ferme ; il a, devant les assistants, raconté son crime et demanda pardon à Dieu et aux hommes. Selon son désir, Il a assisté à la messe et communié. Puis l'exécuteur procédé aux lugubres apprêts. Selon la coutume usitée, le parricide a été revêtu dune longue chemise blanche, la tête couverte d'un voile de crêpe noir, Il est arrive ainsi sur le lieu du supplice, où le greffier lui a donné lecture du jugement le condamnant à la peine de mort. Gonnachon s'est alors jeté dans les bras de l'aumônier qu'il a embrassa en demandant une dernière fois pardon. L'exécuteur lui a ensuite enlevé sa chemise ainsi que le voile, et quelques minutes après justice était faite.

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MessageSujet: Re: Articles de presse - journaux - gazettes   Ven 11 Aoû 2006 - 23:58

article du journal: "L'Ami de la religion et du Roi" de 1836

Dorénavant, dît un journal, les condamnés à mort seront transférés à la nouvelle prison de la Roquette pendant l'examen de leur pourvoi, et y attendront l'exécution de l'arrêt.
La barrière Saint-Jacques se verra délivrée des scènes sanglantes dont elle avait depuis quelque temps le triste privilège.
C'est sur la place de la Roquette que; se dressera la guillotine; le trajet de la prison au lieu du supplice, trajet qui ne durait pas moins d'une demi-heure, se trouvera réduit de la sorte à quelques; secondes.
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MessageSujet: Re: Articles de presse - journaux - gazettes   Sam 12 Aoû 2006 - 0:49

La femme Juneau : Exécutée à Troyes le 10 août 1836
Tua sa mère, la Veuve Tribouley.
Article du journal " L'Ami de la religion et du Roi " 1836

La plus horrible affaire, une accusation d'assassinat sur une femme de 80 ans par sa fille, son gendre, son petit fils, sa petite-fille et un domestique, a été portée devant les assises de Troyes. Les débats qui ont durés sept jours ont montré, la plupart des accusés maltraitant la veuve Tribouley dans sa vieillesse, disputant ses aliments à une femme qui leur avait abandonnée son bien, et un domestique recevant de l'argent de ces misérables pour tuer cette infortunée et précipiter ensuite son cadavre dans un puits. L'effronterie des accusés, leur fureur, leur acharnement à s'accuser les uns les autres, tout cela a offert un bien triste spectacle. Après la délibération du jury, la cour a rendu un arrêt qui condamne la femme Juneau, fille de la veuve Tribouley à la peine de mort; Abel Abat, domestique, aux travaux forcés à perpétuités, Isidore Bouchu petit-fils de la victime, à 20 ans de travaux Forcés, et Etienne Juneau, gendre de la veuve Tribouley à 15 ans de la même peine. La femme Isidore Bouchu a été acquittée.
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MessageSujet: Re: Articles de presse - journaux - gazettes   Sam 12 Aoû 2006 - 16:01

Article du journal « L'Ami de la religion et du Roi 1836 »
sur l’exécution le 19 février 1836 de : Giuseppe Fieschi, Morey et Péin, terroristes, qui tentèrent d'assassiner Louis-Philippe.

- Un sergent de ville, nommé Bonssin, a été attaché a la personne de Fieschi, comme gardien, depuis son arrestation. Il paroît qu'il lui avoit demandé quelques notes ou particularités sur sa vie privée, dans l'intention de les faire publier. Le jour de l'exécution des condamnés, leurs gardiens furent affranchis de l'espèce de captivité à laquelle ils avoient été soumis jusque-la; on dit que M. le directeur de la prison, voyant des papiers dans la poche de Boussin, lui demanda ce qu'il portoit:
« Ce sont, répondit celui-ci, des notes sur Fieschi et un petit manuscrit que j'ai fait. » M. le directeur de la prison les demanda et les fit envoyer à M. le préfet de police, entre les mains de qui ils sont encore.
____
- M. Lépaule, peintre de portraits, s'est transporté à Bicêtre, où il a peint la tête de Fieschi.
____
- On voyoit ces jours derniers chez quelques marchands d'estampes, une ignoble lithographie, représentant l'échafaud au moment de l'exécution des trois condamnés. Il faut avouer que l'artiste a pris là un triste moyen de célébrité. Nous ne pensons pas que la spéculation doive mieux réussir ; la foule fuit en voyant une semblable horreur.
________
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MessageSujet: Les « chauffeurs » de la bande d’Orgères   Lun 21 Aoû 2006 - 12:04

Exécution le 12 septembre 1797 des « chauffeurs » de la bande d’Orgères

Parmi les condamnés à mort, il y avait vingt hommes et trois femmes.
Les vingt hommes étaient : Jacques Richard, dit le Borgne du Mans; Michel Peccat, ou François Ringette, ou encore le Rouge d’Auneau;
Jean Auger, dit le Chat Gauthier;
Vincent Chaillou, dit Vincent le Tonnelier;
François Cipayre, dit Sans Pouce;
Thomas Roncin, dit le Grand Dragon;
François Rottier, dit Sans Orteaux;
Jacques Percheron, dit Beauceron la Blouse;
André Monnet, dit André Berrichon ;
Jacques Allain, dit Jacques d'Etampes;
Jacques Bouvier, dit le Gros Normand;
Gilles Nicolas Lechesne, dit Duchesne;
Jean-Jolly, dit Berrichon Belhomme;
Nicolas Cloche, dit La cloche;
Gervais Pierre Morel, dit le Normand de Rambouillet;
Pierre-Louis Pilliat, dit Pierre d’Arpajon;
Jean-Bernard Robin, dit Jean le Canonnier;
François Théodore Pelletier;
Aignan Boistard et Victor Esnard.
Les trois femmes étaient :
Madeleine Beruet, dite la Grande Marie, veuve de Pierre Pelletier;
Elisabeth Tondu, femme d'André Berrichon;
Marie Thérèse Victoire Lange, femme Pelletier, dite "Thérèse aux seins plats"
Ce ne fut que le 6 vendémiaire an IX que le tribunal de cassation put confirmer le jugement du tribunal criminel, et toute la procédure sur laquelle il était intervenu.
Le citoyen Vieillart, président de la section criminelle, n'eut pas de peine à réfuter les frivoles moyens de cassation invoqués par les condamnés.
Le 12 vendémiaire, les vingt-trois condamnés de la bande d'Orgères furent exécutés sur la place publique de Chartres.
"Ils montèrent tous sur l'échafaud avec une brutale fermeté"
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MessageSujet: Re: Articles de presse - journaux - gazettes   Mar 22 Aoû 2006 - 18:14

Merci Dédé pour nous avoir encore déniché ces documents... Idea
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Elie Köpter
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MessageSujet: Re: Articles de presse - journaux - gazettes   Mer 23 Aoû 2006 - 12:51

Tout à fait Konvoi !
Ces articles sont passionnants.
Franchement Mr Dédé mériterait un César du dénicheur de documents.
Enfin, il y en a d'autres sur le forum qui ne sont pas mal non plus !!!
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MessageSujet: Les chauffeurs de la bande d'Orgères   Jeu 24 Aoû 2006 - 13:58

megaupload.com/fr GN12X2YM

fichier : Les chauffeurs de la bande d'Org..pdf
Taille du fichier : 32.59 MB
Description : Les chauffeurs de la bande d'Orgères
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MessageSujet: Martin Dumollard   Sam 26 Aoû 2006 - 17:36

Histoire de Martin Dumollard exécuté le 8 mars 1862
fichier PDF
(Taille 24.49MB)
megaupload.com 02R4HKH4
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MessageSujet: Re: Articles de presse - journaux - gazettes   Lun 4 Sep 2006 - 18:36

Antoine Déchamps, Jean-François Chrétien et Jean Joanon
exécutés le 14 aout 1860 à Saint-Cyr au Mont d'Or
Condamnés à mort le 13 juillet 1860 pour viols et meutres des trois dames Gayet (la grand-mère, la mère et la fille)
le 14 octobre 1859

Nom du fichier : Les assassins de saint-cyr (1860..pdf)
Taille du fichier : 25.52 MB : megaupload.com ZRFKEQM5

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MessageSujet: Re: Articles de presse - journaux - gazettes   Lun 11 Sep 2006 - 15:56

Histoire de Hélène Jégado
Condamnée à mort le 13 décembre 1851 pour l'empoisonnement de plus de 20 personnes.
Exécutée à Rennes le 26 février 1852.
Guillotinée par les bourreaux de Rennes, Saint-Brieuc et Vannes.

télécharger sur: megaupload.com 7O3KJ1SI
Nom du fichier : Hélène Jégado (1851)
Fichier PDF
Taille du fichier (25.40MB)

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MessageSujet: Re: Articles de presse - journaux - gazettes   Lun 18 Sep 2006 - 8:32

Merci dédé, les images et les illustrations jointes à des récits sont parfois plus parlantes que mille mots...... lol!
Bonne recherches.
Bien cordialement..... salutation aux membres du groupe... Razz

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MessageSujet: Re: Articles de presse - journaux - gazettes   Lun 18 Sep 2006 - 12:17

Merci dédé de passer beaucoup de temps dans ces recherches.

je note que le récit parle d'un entonnoir au bout de la guillotine où doit y tomber la tête. Parmi les spécialistes (notamment Boisdejustice) y a t'il confirmation de ce curieux modèle? Question

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MessageSujet: Re: Articles de presse - journaux - gazettes   Lun 18 Sep 2006 - 15:56

Article sur Louis Pamby, guillotine en 1889 dans l'ile de La Reunion

www.clicanoo.com/article.php3?id_article=100154
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MessageSujet: Re: Articles de presse - journaux - gazettes   Lun 18 Sep 2006 - 17:57

Les descriptions et dessins de la guillotine dans les vieux journaux sont souvent tres errones. Je ne donnerai pas trop de poids a celle ci.

L'entonnoir en question c'est surement la bassine en zinc, entouree par la grande "boite" en bois...vue pour la premiere fois par un journaliste. De meme la bascule "metallique" c'est probablement la planche en bois montee sur des roulettes et chanieres metalliques. Le reste decrit bien la guillotine "moderne".

Puisque l'execution a eu lieu en 1871, il s'agit presque certainement du modele Berger 1868 dont on peut voir une photo sur la page "Histoiry" de mon website. L'echafaud vient d'etre elimine par decret et Heiderech est le premier "bourreau national" pour toute la France.
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MessageSujet: Re: Articles de presse - journaux - gazettes   Sam 7 Oct 2006 - 9:52

Les Chauffeurs d'Orgères
Un fait divers défraya la chronique des terres de Beauce à la fin du XVIIIè siècle : les "Chauffeurs d'Orgères". Il s'agissait d'un groupe de brigands organisés que l'échec économique et les "désordres" de la Révolution avait jeté sur les routes. Leurs exactions ont largement alimenté la mythologie des vastes plaines de la Beauce.
LES TERRES DE BEAUCE

Nul doute que la peur aidant, des faits avérés ont été grossis ou déformés par la rumeur pour constituer l'épisode le plus atroce, mais aussi le plus fantastique du folklore de cette région. Véritable grenier à blé, les plaines de Beauce, du Gâtinais et d'Hurepoix, attirèrent certains d'entre eux. A cette époque, les campagnes n'étaient plus sûres pour personne et les chemins étaient parcourus par une population d'errants, de colporteurs, ou de ramoneurs. Les bouleversements avaient jeté dans la clandestinité beaucoup de monde et, souvent sous couvert de prétendues convictions politiques, un grand nombre de bandes de malandrins s'étaient organisées un peu partout en France, attaquant diligences, voitures de poste, caisses et convois militaires ou fermes isolées. La horde des "Chauffeurs d'Orgères" était composée d'hommes et de femmes, de vieillards et d'enfants dont le nombre s'élevait de quatre à cinq cents. Ce n'était pas là une bande ordinaire, mais une véritable organisation de plusieurs dizaines de personnes qui, toutes, de jour, pratiquaient d'honorables métiers. Il y avait là des forgerons, des ouvriers agricoles, des tonneliers, des vignerons, des marchands, des bouchers, des aubergistes...et même un garde champêtre ! Le chef des "Chauffeurs d'Orgères" était un certain " Beau François ", secondé par un homme de main d'une cruauté inouïe dit " le Rouge d'Auneau ". " Cette horde était composée d'hommes et de femmes, de vieillards et d'enfants que l'habitude du crime, l'oisiveté et le dérèglement rassemblaient " lit-on dans l'ordonnance de prise de corps.

C'est en 1798 que la bande des "Chauffeurs d'Orgères" commença à semer la terreur en attaquant de nuit les riches logis isolés. La technique de supplice des "Chauffeurs d'Orgères" était généralement bien éprouvée et imparable : elle consistait à s'emparer du chef de maison, et de lui faire dire l'emplacement de son magot en lui "chauffant" les pieds. On les arrosait préalablement d'eau de vie, après quoi on les glissait dans l'âtre, ravivé pour la circonstance. Cette méthode valut à ces bandits un peu particuliers ce surnom de "chauffeurs". Généralement après quelques crépitements et hurlements, les malheureuses victimes cédaient et révélaient le secret de leur cache.La bande des "Chauffeurs d'Orgères" terrorisa ainsi bourgeois, fermiers, châtelains et gendarmes pendant près de deux années. On pourrait facilement, sur une carte, cerner leur principale zone d'activité en fermant une zone comprise entre Orléans, Chartres, Pithiviers et Marchenoir.

L'ATTAQUE DE LA FERME DU MILLOUARD

Dans la nuit du 15 au 16 Nivôse de l'an VI de la République (du 3 au 4 janvier 1798) une vingtaine de brigands appartenant à la bande des "Chauffeurs d'Orgères" attaquent la ferme de Millouard. Lors de cette attaque ils torturèrent si bien le maître de maison, Nicolas Fousset, que celui-ci succomba quelques jours après les faits. Le Millouard était une très riche exploitation située entre Pourpry et Sougy (Eure-et-Loir) et le fermier Nicolas Fousset était très honorablement connu et apprécié dans la région. Cet épisode suscita un immense émoi et les gendarmes furent vivement sommés de faire enfin leur travail.

L'ARRESTATION

Le hasard se chargea de mettre un terme à la sanglante équipée des chauffeurs. Quelques semaines après l'attaque de la ferme du Millouard, deux gendarmes procédèrent à l'arrestation d'un vagabond qui, interrogé, révéla appartenir à la fameuse bande des chauffeurs. "Le 10 Pluviôse (30 janvier), le Maréchal des Logis Vasseur, de la gendarmerie de Janville arrête "deux particuliers : un mâle et une femelle" et les amène au chateau de Villeprévost devant le Juge de Paix". Il s'agit de Germain Bouscant dit le " Borgne de Jouy " et de la femme Bire. Sans difficulté, le " Borgne de Jouy " livre les noms et les signalements de plus d'une centaine de ses compagnons, parmi lesquels : " Fleur-d'Epine ", Nicolas Tincelin dit " Jacques de Pithiviers " ou le " Père des Mioches ", Robert Jean-Bernard dit " Jean le Canonnier ", François Ringuette dit " le Rouge d'Auneau ".

LE PROCES

L' instruction de cette affaire fut conduite sur la commune d'Orgères en Beauce et c'est de là que les bandits prirent définitivement leur nom de "Chauffeurs d'Orgères". L'instruction de l'enquête fut confiée au Juge de Paix du canton d'Orgères en Beauce. Ce juge, Armand-François Fougeron, était un ancien conseiller de Louis XVI et qui, à sa libération des geôles révolutionnaires, était venu se réfugier dans ses terres au château de Villeprévost. Pour les besoins de l'enquête plus de trois cent brigands furent enfermés dans les caves de Villeprévost. A cet effet un détachement de gendarmerie et deux pelotons du 2e Régiment de Hussards assuraient alors la garde de Villeprévost et l'escorte des prisonniers. Le juge Fougeron les interrogea la plupart des prisonniers dans le salon du château entre le 30 janvier au 2 mai 1798. L'interrogatoire de leur chef " Beau François " s'y déroula la 10 février 1798. Le " Rouge d'Auneau ", second du " Beau François ", avait à lui seul, à l'issue des débats, accumulé treize condamnations à mort et cent soixante dix-huit années de bagne !

En plein consulat, la France sortait avec peine des tourments de l'époque révolutionnaire et, dans le cadre d'une puissante volonté des autorités d'un retour à la paix civile, le procès des "Chauffeurs d'Orgères" se voulait exemplaire. Le 12 vendémiaire de l'an IX, soit le 4 octobre 1800, vingt-trois bandits revêtus de la camisole rouge des parricides montaient un à un les degrés de l'échafaud dressé, pour la circonstance, sur la place des Épars, à Chartres.

C'est avec des soupirs de soulagement et au milieu de cris d'allégresse que des centaines de beaucerons, venus là tout spécialement depuis les fermes les plus reculées, assistèrent au supplice de la guillotine. Ces vingt-trois condamnés étaient les plus durement châtiés parmi les bandits qui avaient été interpellés un peu plus d'un an auparavant. Mais " Beau François ", le chef de la bande, réussit à s'évader de la prison de Chartres et disparut à jamais.

LES MASQUES MORTUAIRES

Après l'exécution publique des vingt-trois condamnés, la justice fit réaliser des masques mortuaires qui furent exposés au chateau de Villeprévost, lieu initial de leur arrestation. Pourquoi avoir fait une empreinte de ces guillotinés ? Dans un soucis d'édification de la population devant une exécution à caractère social plus que politique, ou pièces à conviction du jugement rendu après le procès ? Après cette exposition propre à frapper les esprits, les masques mortuaires furent déposés à la Société Archéologique, société qui les confiera bien plus tard au Musée des Beaux-Arts de Chartres. Durant les années 70, le Musée des Beaux-Arts fit appel à un médecin pour identifier les masques mortuaires. le médecin révéla ainsi le visage vérolé de Richard Jacques dit le " Borgne du Mans ", la face vigoureuse de Madeleine Barruet dite " la Grande Marie ", ou encore le curieux faciès de François Théodore Pelletier a qui on avait enserré la tête dans un carcan lorsqu'il était enfant afin de diminuer l'ampleur de ses maxillaires. Parmi ces masques mortuaires, tous identifiés, on peut également relever les noms de : François Ringuette dit " le Rouge d'Auneau " et celui de Robert Jean-Bernard dit " Jean le Canonnier " etc...

LE CHÂTEAU DE VILLEPRÉVOST

Le château de Villeprévost fut ouvert à la visite en 1982. Il possède un petit musée consacré à l'histoire des "Chauffeurs d'Orgères". Les visites du château ont lieu de Pâques à fin octobre, le samedi de 14h à 18h30, le dimanche et jours fériés de 14h à 18h30, en semaine sur rendez-vous pour groupes. Château et Parc de VILLEPRÉVOST 28140 Tillay-le-Peneux Tél. 02 37 99 45 17


--------------------------------------------------------------------------------

extrait du récit de l'arrestation de la bande d'Orgeres


--------------------------------------------------------------------------------

ORDONNANCE DE PRISE DE CORPS
CONTRE LES BRIGANDS DE LA BANDE D'ORGERES

Chartres, Lacombe, 1800


"Les départements du Loiret, d'Eure et Loir, et de Seine et Oise ; comme plus voisins ; ont été les plus exposés aux excursions de la bande dévastratrice ; ceux de Seine et Marne, du Loir et Cher et du Cher n'en ont pas été exempts.

Quoiqu'une association aussi monstreuse n'eût aucune organisation régulière, et fût indisciplinée, il n'en est pas moins vrai qu'elle paroissoit avoir un chef ; et celui-là étoit sans doute le plus déterminé brigand de la troupe ; c'est à ce titre que Fleur-d'Epine, mort il y a six à sept ans, dans les prisons de Versailles, a dû l'affreux privilège de la diriger. C'est sous son autorité que la troupe avoit érigé les bois de la Muette en départements, et les bois de Lifermeau et autres, en districts et cantons.

A ce titre odieux, le Beau-François a mérité de succéder à Fleur-d'Epine.

Il seroit impossible d'apprécier au juste le nombre des brigands dont le sort étoit lié à celui de ces chefs féroces ; il s'élevoit de quatre à cinq cent.

Déjà plus de quarante ont subi la peine capitale ; de ce nombre sont les Robillard, les Marrabou, les Lenchantin, les Huguenet, les Cousin, les Pigeon, les Renard, etc. etc.

Un nombre plus considérable a été condamné à des peines inférieures ; depuis le commencement du procès, plus de soixante sont décédés dans les prisons ; un grand nombre a échappé jusqu'ici aux recherches, en s'éloignant des pays où ils pouvoient être connus.

Cette horde était composée d'hommes et de femmes, de vieillards et d'enfants que l'habitude du crime, l'oisiveté et le dérèglement rassembloient. Des hommes de plus de quatre-vingt ans, cédant encore à leur fatal penchant, voloient ce qu'ils pouvoient, et rappelloient aux plus jeunes, pour les encourager, leurs anciens exploits. Des enfants de dix à douze ans étoient adoptés, dans la troupe, sous le nom de MIOCHES. Ils recevoient une éducation conforme au genre de vie qu'ils devoient mener ; on les employoit à aller examiner les lieux qu'on devoit piller ; on s'en servoit pour passer par-dessus les murs et par-dessous les portes, pour les ouvrir ; c'est ainsi qu'ils devenoient voleurs et assassins. Celui chargé de les instruire, étoit connu sous le nom de PERE DES MIOCHES (c'est Nicolas Tincelin, dit Jacques-de-Pithiviers).

Cette troupe, à laquelle l'affreux assassinat du citoyen Fousset, cultivateur à Millouard, a fait donner le nom de BRIGANDS D'ORGERES, étoit essentiellement liée à une autre classe d'individus non moins dangereux à la société. Une foule de receleurs affidés leur prêtoient syle, leur fournissoient d'utiles indications, leur donnoient des armes, leur procuroient de fausses clefs, receloient, achetoient, recevoient, à titre de récompense, les effets provenans de vols ; souvent même ils se joignoient à eux, et les aidoient dans leurs crimes.

La plupart des hommes s'étoient associé des femmes qu'ils épousoient à la manière des brigands. Peu d'entr'eux étoient réellement mariés. Beaucoup de jeunes filles, entraînées par la débauche, retenues ensuite par la crainte d'être tuées, si elles témoignoient leur mécontentement, les suivoient, assistoient à leurs complots, et partageoient les dépouilles de leurs malheureuses victimes. Leurs noces se faisoient dans les fermes, après quelques cérémonies ridicules faites dans les bois, dirigées par l'un d'entr'eux, qu'il nommoient le curé.Réunis alors au nombre de vingt ou trente, ils se faisoient fournir pain, vin, viande qu'on auroit oser leur refuser. témoins forcés de leurs sales indécences, on les a vus, dans ces fêtes abominables, sortir nuds de leur gîte, et former, en cet état, leurs danses au mileu des cours des fermes où ils s'étoient établis."


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MessageSujet: Re: Articles de presse - journaux - gazettes   Lun 23 Oct 2006 - 14:07

Un pur "fantasme" de journaliste?

http://www.bm-lyon.fr/expo/virtuelles/sang/27.htm

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MessageSujet: Re: Articles de presse - journaux - gazettes   Lun 23 Oct 2006 - 16:41

Non, non, pas un phantasme, maître Carnifex !

Il y a bien un drôle qui s'est suicidé en 1896 avec une guillotine artisanale. J'ai retrouvé, il y a quelques années, une coupure de presse dans "Le Petit Provençal" qui mentionnait ce fait !

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MessageSujet: Re: Articles de presse - journaux - gazettes   Lun 23 Oct 2006 - 19:17

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